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Déremboursement des traitements anti-Alzheimer : plus de 850 000 Français impactés

Actuellement, la maladie d’Alzheimer est prise en charge à 100% une fois que le diagnostic est posé selon l’affection de longue durée N°15 de l’Assurance maladie. Mais la ministre de la Santé devrait bientôt annoncer le déremboursement des traitements. Explications. 

Déremboursement des traitements anti-Alzheimer : plus de 850 000 Français impactés KatarzynaBialasiewicz / Istock

  • Publié 30.05.2018 à 10h50
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Agnès Buzyn devrait bientôt annoncer l’arrêt du remboursement par la Sécurité sociale des traitements de la maladie d'Alzheimer. Pour trancher la polémique qui entoure cette médication depuis des années, la ministre de la Santé s’est appuyée sur la Haute Autorité de Santé (HAS). 

En effet, la Commission de la transparence de la HAS a réévalué les quatre médicaments utilisés dans le traitement symptomatique de la maladie d’Alzheimer : Ebixa (Lundbeck), Aricept (Eisai), Exelon (Novartis Pharma) et Reminyl (Janssen Cilag). Elle a estimé que le service médical rendu de ces médicaments et de leurs génériques était insuffisant, détaillant qu'aucune donnée n’est disponible à moyen ou à long terme, que les effets sur les troubles du comportement, la qualité de vie, le délai d’entrée en institution et la mortalité ne sont pas établis.

De même, elle a estimé que les données accumulées depuis la commercialisation des médicaments confirment le risque de survenue d’effets indésirables parfois graves (syncopes, réactions cutanées sévères…) et/ou de nature à altérer la qualité de vie des patients (troubles digestifs, cardiovasculaires, neuropsychiatriques…). Que la population visée est souvent polypathologique et polymédiquée, les risques d’interactions médicamenteuses et d’effets indésirables graves sont donc accrus. Et enfin, qu'aucun bénéfice chez les aidants n’a été établi.

850 000 personnes impactées

Aujourd’hui en France, plus de 850 000 personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée, majoritairement des personnes âgées de plus de 75 ans, même si on dénombre aussi près de 35 000 personnes atteintes avant l’âge de 65 ans. Globalement, la maladie d'Alzheimer est impliquée dans 60 à 70% des cas de démence. Avec le vieillissement de la population dans les pays industrialisés, le nombre de personnes développant la maladie d'Alzheimer augmente considérablement. Au total, le nombre de nouveaux cas de démence est d'environ 7,7 millions chaque année et devrait atteindre 75,6 millions en 2030 et à 135,5 millions en 2050, selon l'OMS. Plus précisément, le nombre de personnes atteintes de démences devrait donc presque doubler tous les 20 ans.

Selon la Fondation pour la recherche médicale, "225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués" chaque année en France, soit près d’un toutes les trois minutes. "En 2020, 1 Français de plus de 65 ans sur 4 devrait être touché par la maladie d’Alzheimer". "Le coût de la prise en charge des malades Alzheimer est particulièrement élevé sur le long terme : on estime que 1 000 euros par mois restent à la charge des malades et de leur famille. L’OMS estime qu’en 2010, le coût sociétal total de la démence dans le monde était de 604 milliards de dollars, soit 1 % du produit intérieur brut mondial". 

"Ces médicaments avaient une certaine utilité"

"Cela va créer une iniquité entre les familles qui auront les moyens de payer ces médicaments et les autres", explique à La Croix Benoît Durand, directeur général de l’association France Alzheimer. "Bien utilisés, ces médicaments avaient une certaine utilité. On avait de bons retours des patients et des familles", assure encore le professeur Philippe Amouyel (CHRU de Lille), directeur général de la Fondation Plan Alzheimer. 

En réponse à ces critiques, la HAS vient de publier un guide sur un "parcours de soins et d’accompagnement adapté" pour les malades d’Alzheimer. "Il est quand même étrange de considérer que le seul signifiant d’une consultation médicale est le médicament, expliquait le docteur Claude Leicher à La Croix en avril 2017. Ce qui est bénéfique pour les patients, c’est d’abord de répondre à leur souhait de rester à domicile où ils ont tous leurs repères, avec un maintien de relations sociales et amicales. Certes, cela ne permet pas de guérir la maladie, mais cela ralentit l’évolution des troubles cognitifs."

La prise en charge actuelle

La prise en charge des patients repose sur la coopération du médecin généraliste et du spécialiste. Une visite annuelle en consultation spécialisée est recommandée, en particulier pour évaluer l’effet du traitement et le reconduire si nécessaire. D’autres professionnels peuvent également participer à la stimulation cognitive du patient : orthophonistes, équipes d’intervention à domicile comprenant des ergothérapeutes ou psychomotriciens. 

Actuellement, la maladie d’Alzheimer est prise en charge à 100 % une fois que le diagnostic est posé selon l’affection de longue durée N°15 de l’Assurance maladie. Les aides médicosociales s’adressent aux personnes en perte d’autonomie. Après 60 ans, c’est l’obtention de l’APA (aide aux personnes âgées) qui permet de mettre en place une auxiliaire de vie ou une aide soignante pour la toilette par exemple. Avant 60 ans, une demande de PCH (prestation de compensation du handicap) peut être adressée à la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées).

Une mise en invalidité pour incapacité professionnelle se justifie chez les malades jeunes non retraités. Le parcours médicosocial peut s’avérer complexe et il convient de se rapprocher de la MAIA (Maison pour l’accueil et l’intégration des malades Alzheimer) de secteur afin de bénéficier des aides adaptées. Sans oublier les mesures de protection juridique adaptée (curatelle, tutelle, directives anticipées).

La méditation et l’apprentissage de l’anglais modifient nos structures cérébrales. Faudrait-il alors pratiquer l'un ou l'autre pour maintenir une bonne santé mentale ? Tel est le choix original qui pourrait être fait à la soixantaine pour prévenir ou retarder la maladie d’Alzheimer. Découvrez l'intégralité de notre émission "Alzheimer : méditation ou anglais ?"

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