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QUESTION D'ACTU

Au Mexique

Au Mexique, l'ancien homme le plus gros monde pourra peut-être remarcher grâce à la chirurgie

L'ancien homme le plus gros du monde se porte bien. Mais il lui reste du chemin à parcourir avant de pouvoir quitter sa chambre d'hôpital et marcher de nouveau.  Il illustre cependant les "miracles" que fait la chirurgie de l'obésité.

Au Mexique, l'ancien homme le plus gros monde pourra peut-être  remarcher grâce à la chirurgie Capture d'écran Youtube

  • Publié 25.02.2018 à 11h58
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  • Mise à jour le 25.02.2018 à 16h19
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Il y a quelques années, Juan Pedro Franco détenait un triste record : celui de l'homme le plus gros du monde. À l'époque, il pesait près de 600 kilos- 595 pour être exact. Atteint de diabète, d'un mauvais fonctionnement de la thyroïde, d'hypertension et d'obstruction pulmonaire sévère, l'homme âgé de 31 ans a décidé de se rendre dans l'ouest du Mexique, à Guadalajara, pour se faire soigner dans la clinique Gastric Bypass Mexico, établissement spécialisé dans les traitements de l'obésité.

En mai 2017, l'homme a suivi un régime draconien avant de se faire opérer par pontage gastrique, une méthode chirurgicale qui consiste à réduire l'estomac en créant une dérivation dans le tube digestif afin de diminuer l'absorption des aliments par l'intestin grêle. Le nouveau régime alimentaire et les interventions pratiquées par le chirurgien José Antonio Castañeda ont permis à Juan Pedro de perdre environ 250 kg. Les médecins espèrent pouvoir faire descendre le poids de ce jeune Mexicain à 100 kg. 

« Je suis très heureux parce que tout va bien » 

Aujourd'hui, Juan Pedro arrive même à faire quelques pas, à l'aide d'un marcheur spécial pour l'aider à soutenir le poids de son corps. Le dispositif est également équipé d'accessoires lui permettant de réaliser des exercices physiques quotidiennement. « Chaque jour, il fait plus d'exercice, il essaie de se lever, de s'en sortir, il a une attitude très positive » , explique le Dr Castañeda à l'AFP. Le rêve de Juan Pedro est simple : « marcher à nouveau » et renouer avec la guitare et le chant, ses deux passions.

Mais la route s'annonce encore longue pour le Mexicain : « tout dépendra de son évolution et du traitement de ses lymphœdèmes dans les jambes », estime l'équipe médicale interdisciplinaire de la clinique Gastric Bypass Mexico. « C'est un patient complexe et à risque, jusqu'à ce que cesse son obésité extrême. Nous essayons de sauver une vie et nous resterons vigilants jusqu'à ce qu'il soit hors de danger », expliquent les soignants. Juan Pedro, pour sa part, se montre optimiste : « Je suis très heureux parce que tout va bien », a t-il déclaré à l'AFP. 

Avant son opération, la situation de Juan Pedro était très critique. L’obésité favorise le diabète, et les troubles des lipides sanguins, qui augmentent les risques vasculaires (AVC) et cardiaques, ou des insuffisances rénales. Dans des cas aussi extrêmes que celui de ce jeune Mexicain, tous ces risques s’accumulent. Les risques d’infection sont aussi à prendre en compte. Le jeune homme, totalement sédentaire en raison de son poids, était à risque de développer des escarres infectieuses.

L'illustration de la chirurgie de l'obésité

Avec près de 60 000 interventions réalisées en 2016,  la France est,  en volume,  le deuxième pays au monde, loin derrière les Etats-Unis avec où sont effectuées plusieurs centaines de milliers d’intervention chaque année. L’exemple de certaines personnalités, comme Juan Pedro mais aussi le footballeur Diégo Maradona ou quelques acteurs célèbres, a fait beaucoup plus pour la popularité de cette chirurgie que tous les congrès de médecine du monde, mais attention cependant, il faut modérer l’enthousiasme, cette chirurgie ne se conçoit que pour des personnes présentant des obésités sévères, ce qui est simple à vérifier.

En France, le nombre personnes qui ont franchi le pas est passé de 2 800 en 1997 à 59 300 en 2016. 80% de femmes ; entre 25 et 54 ans.

On l’ appelle aussi - vous lirez souvent ce nom incompréhensible - chirurgie bariatrique.  Elle a eu, pendant longtemps, une très mauvaise réputation, surtout  chez les médecins, tirant  son image sulfureuse de sa pratique dans des officines douteuses et de quelques accidents graves pendant ou après l’intervention. L’opinion a changé, en raison du nombre de plus en plus important d’obésités dramatiques impossible à réduire, dont on sait qu’elles mettent de façon certaine la vie en danger; et surtout les résultats très vite excellents. Les lettres de noblesses sont arrivées avec sa pratique dans des services de chirurgie digestive de pointe.  

La technique a, elle-aussi, évolué.

Il existe plusieurs types d’intervention, assez simples, mais qui restent de vrais actes de chirurgie, pour empêcher une prise alimentaire trop importante.  Toutes  résultent de la logique la plus élémentaire.

 La première pratiquée a consisté à  diminuer la capacité de l’estomac, d’environ un tiers, par la pose d’un « anneau gastrique », pour accélérer la sensation de « remplissage ».  L’anneau est relié à une capsule fixe située sous la peau, ce qui permet de régler la taille du rétrécissement. Cette technique est aujourd’hui de moins en moins pratiquée (moins de 4% en 2016 selon l’étude contre 54% dix ans plus tôt.

Elle va disparaître au profit d’une intervention qui consiste à retirer les deux tiers de l’estomac et de faire, avec le reste, une sorte de tube. 

Enfin il existe une technique, difficile à réaliser par rapport aux autres, mais dont les résultats sont encore plus spectaculaires et que l’on réserve aux très grosses obésités. Elle consiste à réaliser une dérivation intestinale, un « by pass », ce qui signifie qu’on court-circuite l’assimilation de certains aliments au niveau de l’intestin en accélérant leur circulation.

Ces interventions se font à partir d’un simple petit trou, durent de 1 à 3 heures, et  sous anesthésie générale.  

Des résultats sont spectaculaires… mais au prix de quelques désagréments

La perte de poids peut aller jusqu’à   40%, mais les complications assez fréquentes. On évoque le chiffre de  10% , la plupart liés à l’anesthésie,  car cela reste un acte chirurgical pas anodin. S’ajoute  une  surveillance à long terme, toute la vie, pour tenir compte des carences, surtout en  vitamines, que cette digestion trop rapide provoque.

Toutefois la légitimité ne se discute plus, aujourd’hui,  en cas d’obésité sévère et  cette chirurgie, initialement conçue comme une simple modification modulant l’apport ou l’absorption des calories, entraîne aussi une amélioration spectaculaire de la sécrétion de certaines hormones Elle produit donc des effets bénéfiques insoupçonnés au départ et    bien au-delà de l’amaigrissement.

Un traitement du diabète ?

Par exemple dans le diabète, où plus de 80% des malades ont un excès de poids, et plus d’un tiers sont obèses. Chez ceux-ci, malgré le traitement médical classique, la moitié décèdent d’une maladie de coeur et environ 1⁄4 d’un accident vasculaire cérébral, ce qui témoigne du niveau d’échec des médicaments. Un des meilleurs spécialistes mondiaux, le professeur Philip SCHAUER, de Cleveland aux Etats-Unis, parle d’un véritable changement de paradigme : « Depuis plus d'un siècle, le traitement du diabète chez les obèses se faisait par des comprimés et des  injections.  On vient de démontrer indiscutablement que cette chirurgie peut être  beaucoup plus utile». Traduction immédiate, la mortalité diminue de 92% et dans 81% des cas et ce diabète disparaît en moins de 2 ans

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