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11 vaccins obligatoires : quels sont les conditions du gouvernement et les délais pour les parents ?

Tétanos, grippe, coqueluche, poliomyélite, hépatite A et B… Le nouveau calendrier encadrant l'application des 11 vaccins désormais obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 a été publié sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé. Voici les conditions et les délais à respecter.

11 vaccins obligatoires : quels sont les conditions du gouvernement et les délais pour les parents ? LenaMiloslavskaya/Epictura

  • Publié 12.02.2018 à 19h00
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Le ministère des Solidarités et de la Santé a publié le nouveau calendrier vaccinal. Quelles sont ses conditions encadrant les 11 vaccins obligatoires pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2018 ? Quels sont les délais pour les faire vacciner ? Quelle alternative pour les parents anti-vaccins ?

Huit vaccins supplémentaires

Les vaccinations déjà obligatoires comme celles contre le tétanos, la diphtérie ou la poliomyélite figurent désormais au côté de huit autres nouveaux vaccins, "antérieurement recommandés" mais devenus maintenant obligatoires : ceux contre les méningites dues à l'Haemophilus influenzae de type b ou au méningocoque C, la coqueluche, l'hépatite B, les infections à pneumocoque et le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole). 

Quelles sont les conditions à respecter ?

Ces 11 vaccins doivent être administrés (sauf en cas de contre-indication médicale reconnue) dans les 18 premiers mois de l’enfant. Ils peuvent "être exigibles pour l’entrée ou le maintien en collectivité à partir du 1er juin 2018" pour les enfants nés en 2018, stipule le ministère. Le code de santé publique prévoit qu’un enfant soit admissible provisoirement lorsqu’une ou plusieurs vaccinations ne lui ont pas été administrées. Les parents bénéficient alors d’un délai de trois mois pour le faire vacciner. Mais qu’ils soient pro ou anti-vaccins, ces 11 vaccinations sont désormais obligatoires.

Le calendrier chapitre par chapitre

Les recommandations relatives à des populations particulières, qui reposent sur des avis du HCSP comme les personnes immunodéprimées, les bébés prématurés, les femmes enceintes ainsi que les personnes âgées, sont regroupées à la fin du deuxième chapitre (de la page 34 à 36). Le chapitre 3 évoque les solutions à adopter en cas de pénurie de vaccins. Le chapitre 4 a été alloué au calendrier sous forme de tableaux synoptiques et enfin, le dernier chapitre est dédié à l’avis de la HAS. Au total, 71 pages permettent d’y voir plus clair sur les nouvelles obligations vaccinales et les moyens mis en place par le gouvernement.

Pourquoi rendre obligatoire ces 11 vaccins ?

Certains parents sont déboussolés face à l’avalanche d’informations contradictoires générées par les lobbies anti-vaccins. Des anti-vaccins qui les jugent dangereux (notamment en raison de leurs adjuvants, particulièrement l'aluminium) et qui se méfient des laboratoires, accusés de privilégier la rentabilité à la santé des enfants. Aucune des informations anti-vaccin ne repose sur une base scientifique réelle mais il faut reconnaître que même certains médecins semblent perdus. Le gouvernement, qui a longtemps négligé ce problème, a-t-il pris la mesure du problème. En tout cas, l’accès à une information transparente est plus simple.

Le principal argument du passage à 11 vaccinations obligatoires est la baisse de la couverture vaccinale pour les vaccins jusqu’ici non-obligatoires et la résurgence de certaines maladies. Pourtant, avec l’amélioration de l’hygiène et de la qualité de l’eau, la vaccination a constitué l’intervention de santé publique la plus efficace contre les maladies infectieuses.

La vaccination est tout à fait satisfaisante en France sur les maladies pour lesquelles elle est obligatoire (polio, tétanos, diphtérie) ou pour celles dont les vaccins sont quasiment systématiquement (coqueluche, Haemophilus influenzae b) combinés avec les vaccins obligatoires. Pour les autres maladies en revanche, et en particulier la rougeole, la couverture vaccinale en France reste notoirement trop faible pour protéger l’ensemble de population contre la maladie : des enfants meurent ou ont des séquelles de rougeole en France en 2017.

Le seuil vaccinal n’est pas atteint pour toutes les infections

Il existe un seuil minimum de la couverture vaccinale pour qu’une "protection de groupe" fonctionne chez ceux qui ne peuvent pas être vaccinés (nouveau-nés, immunodéprimés…). Ce seuil dépend de la contagiosité de la maladie. En France, avec une couverture vaccinale de près de 97 % pour la diphtérie, on dépasse le seuil pour l’immunité de groupe et c’est donc toute la communauté nationale qui est protégée, y compris en cas d’infection apportée par un migrant. De la même façon, les infections à Haemophilus influenzae b de l’enfant, la rubéole ou les oreillons ont presque été éliminés dans le pays parce que les taux de couverture de leurs vaccins dépassent le seuil d’immunité de groupe pour ces 3 maladies.

En revanche, le niveau actuel de couverture vaccinale contre la rougeole (79 %) reste insuffisant pour permettre une immunité de groupe (seuil d’immunité de groupe = 94 %), et on assiste donc à des résurgences épidémiques de la maladie de grande ampleur : plus de 23 000 cas déclarés en France entre 2008 et 2012, plus de 1500 pneumonies graves et plus de 30 encéphalites avec 10 décès). C’est insupportable. De la même façon, la couverture insuffisante avec le vaccin contre la méningite C (70 % à l’âge de 2 ans, mais faible chez les adolescents et les jeunes adultes) est responsable de la majorité des près de 800 cas et 100 décès survenus depuis 2011.

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