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QUESTION D'ACTU

Baisse surprise

Les trois raisons de la baisse de consommation de tabac, d'alcool et de cannabis chez les jeunes

C'est certainement une des infos santé de l'année et elle est positive. L’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFTD) publie les chiffres 2017 : le tabagisme des adolescents est le plus bas jamais enregistré depuis vingt ans. En 2017, 6 adolescents sur 10 disent avoir déjà essayé le tabac, soit une baisse de 18 % par rapport à l'an 2000. Autres satisfactions; la tendance à la baisse est la même pour  l'alcool, le cannabis et les autres drogues. 

Les trois raisons de la baisse de consommation de tabac, d'alcool et de cannabis chez les jeunes Rangizzz/Epictura

  • Publié 07.02.2018 à 17h54
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Les jeunes Français, 46 000 jeunes filles et jeunes garçons, interrogés par l’OFTD ont 17 ans. Ils ont accepté de répondre sur leur santé et leur consommation de produits actifs sur le cerveau. Ces données mesurent les niveaux d’usage des trois principales substances, tabac, alcool et cannabis.

D'abord le tabac: en 2017, 6 adolescents sur 10 disent avoir déjà essayé le tabac, soit une baisse de 18 % par rapport à l'an 2000

L'usage d'alcool a également tendance à marquer le pas, même si deux tiers des jeunes ont bu au cours du mois écoulé et que plus de quatre sur 10 indiquent avoir consommé au moins 5 verres en une seule occasion au cours de ces mêmes 30 derniers jours.

On pouvait craindre que les adolescents allaient délaisser le tabac – devenu très cher – au profit du cannabis – de moins en moins cher – et réputé beaucoup moins dangereux ; ce qui est aussi à nuancer. On note, comme pour le tabac et l’alcool, une diminution sensible des consommations. Un notion intéressante, l'expérimentation passe pour la première fois depuis 2000 sous les 40 %.

Au total, la surprise est de taille et devrait, du moins on l'espère, être commentée.

Pourquoi cette baisse: trois raisons principales.

Les campagnes et les mesures de prévention sont enfin efficaces

Il ne fait aucun doute, que l’on est face aux résultats, enfin positifs, des campagnes, nombreuses, souvent décriées, mais qui au moins suscitent le dialogue.

On minimise sans doute les effets de la  mesure qui a démontré, dans d’autres pays, sa redoutable efficacité : l’impopulaire augmentation du prix des cigarettes ! Les adultes ont été les premiers à réagir négativement face à ces mesures, mais les jeunes, beaucoup plus pragmatiques ont intelligemment pensé que « se faire mal coûtait cher » ! Et que c’était plus simple d’arrêter ou de diminuer les dépenses

 L’exemplarité et la « ringardisation » des habitudes des parents

Fumer n’a plus l’image de la liberté des « chevauchées des cowboys des plaines de l’ouest » des publicités scandaleuses des blondes américaines de la fin du 20ème. Le geste n’est plus l’affirmation de l’adolescent. Et pour ceux qui le croiraient encore, ou en aurait besoin, le vapotage, dont ne parle pas cette enquête, est là, à moindre mal, pour s’y substituer.

Il faut aussi rappeler que les campagnes anti-tabac, anti alcool, marchent chez les parents qui commencent à montrer une certaine exemplarité. Mais, celles qui évoquent les dangers de l’alcool au volant et qui préconisent une « capitaine de soirée »  qui restera sobre, sont comprises des adolescents alors que de nombreux adultes en rient encore. L’exemplarité jouera dans les deux sens, mais cette jeune génération 2.0 est intelligente et a la possibilité de le démontrer ; grâce à ses propres moyens de communication

Le poids des réseaux sociaux

C’est probablement le fait de santé le plus important, le plus nouveau et pour lequel les responsables de santé publique doivent désormais être vigilant. Les débats, les messages courts, relayés instantanément à des millions de jeunes, ont décuplé l’effet de tous les arguments précédents. La discussion sur le coût, le coté totalement ringard de l’alcool et du tabac est constamment relayé, plutôt de façon humoristique. L’attitude devant le cannabis est plus ambiguë et c’est plutôt la légalisation probable qui occupe les adolescents

En pratique, il faut envoyer grâce à cette enquête, un message positif et non pas le sempiternel : « le combat n’est pas gagné » !

Quoiqu’il en soit, les spécialistes vont probablement nuancer ces résultats positifs, en expliquant,  que le combat est loin d’être gagné ? C’est vrai que :

Si les alcoologues sont persuadés que l’alcoolisme mondain, l’alcoolisme au travail, feront beaucoup moins de dégâts que chez leurs aînés,  en revanche reste, ce qui n’apparaît pas dans cet observatoire, le terrible problème du « Binge Drinking », la « Cuite Version 2017 » qui consiste à ne boire que rarement mais en quantité brutalement importante avec des conséquences immédiates qui peuvent être graves.

25 % des adolescents fument encore régulièrement du tabac et le message qui consiste à dire que, le simple fait de supprimer le tabagisme de notre monde ferait faire à l’espérance de vie des humains plus de progrès que le résultat de la recherche mondiale du 21ème siècle reste vrai. Un simple geste plus efficace que des millions de chercheurs, un message très « réseaux sociaux » qui ne passe pas encore. 

Enfin le Cannabis est plus dangereux que ne le prétendent les réseaux sociaux et ce n’est pas une banale substitution des drogues ringardes et dangereuses des anciens, tabac et alcool. Ce qui se traduit par le fait que, plus l'indicateur d'usage s'intensifie, moins la baisse est marquée, et l'enquête souligne le maintien de situations problématiques.

Mais pour une fois, laissons un peu d’optimisme gagner la rubrique santé et surtout  n’oubliont de féliciter chaleureusement tous ces jeunes. En n’oubliant pas de transposer le débat à la table de famille qui reste « l’université de la vie ».

 

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