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QUESTION D'ACTU

Paramyxovirus

Epidémie de rougeole : les signes d'alerte et comment l’éviter ?

La nouvelle-Aquitaine est concernée au premier chef, mais l’épidémie de rougeole s’étend. Plus 130 cas ont été déclarés en France depuis novembre 2017. Comment la repérer et comment l’éviter ?

Epidémie de rougeole : les signes d'alerte et comment l’éviter ? natulrich/Epictura

  • Publié 30.01.2018 à 16h18
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  • Mise à jour le 30.01.2018 à 16h34
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En France, entre le 1er novembre 2017 et le 18 janvier 2018, 123 cas de rougeole ont été recensés en Nouvelle-Aquitaine, selon l'ARS. Toujours selon l'Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine (citée par Le Parisien), il y aurait "actuellement 6 nouveaux cas déclarés par jour" et l'on en serait à 130 cas en un peu moins de moins de 3 mois. D’autres foyers de rougeoles sont signalés ailleurs en France et la région Nouvelle-Aquitaine ne représente que 81% des ces cas. D'après l'ARS, la couverture vaccinale est insuffisante pour stopper l'épidémie. Il devient nécessaire de se protéger.

Les virus de la rougeole frappent les groupes

La rougeole est une maladie infectieuse d’origine virale, éruptive et très contagieuse, liée à un "paramyxovirus". Elle se transmet principalement par voie aérienne, par exemple lorsqu’un malade contagieux tousse, il envoie dans l’air des micro-gouttelettes de salive infectées de virus. Il est possible également de contracter la rougeole après contact avec une surface contaminée par des sécrétions nasales et les expectorations.
Pour se disséminer, le virus aime donc la promiscuité, les réunions. C’est du campus universitaire qu’est partie l’épidémie Bordelaise. La phase de contagiosité démarre la veille de l’apparition des premiers signes et s’étend jusqu’à 5 jours après le début de l’apparition des boutons. Ainsi, une personne contaminée, selon les spécialistes, en contamine 15 à 20 autres.

La rougeole n’est pas une maladie bénigne

La rougeole peut se compliquer, en particulier chez des nourrissons ou chez des personnes fragiles, et conduire à une hospitalisation. C’est tout d’abord une pneumonie en rapport avec une surinfection par une bactérie. Il s’agit d’une infection grave du poumon qui peut conduire le malade en réanimation.
C’est ensuite un risque d’infection virale du cerveau (« encéphalite ») avec des atteintes de l’œil qui peuvent conduire jusqu’à la cécité. Ces complications peuvent entraîner le décès et donner des séquelles pulmonaires et neurologiques à vie.

Le diagnostic se fait alors qu’elle est déjà contagieuse

Les signes de la rougeole suivent une chronologie précise en rapport avec le développement du virus dans l’organisme.
Tout d’abord, il existe une période d’incubation du virus de 10 à 12 jours pendant laquelle aucun signe n’apparaît. C’est une période muette pendant laquelle le virus se multiplie.
Ensuite les premiers signes se déclenchent lors de la phase d’invasion. Elle dure 3 à 4 jours au cours de laquelle le malade est fatigué, fait de la fièvre à 38°5-40°, et a une toux sèche, les yeux rouges et le nez qui coule. Les enfants peuvent souvent en plus se plaindre d’un mal de ventre. Ces signes sont peu évocateurs mais dans la bouche, on peut retrouver, si on les cherche, de petits points blancs sur la paroi interne des joues, c’est « le signe de Köplik ».

L'éruption est tardive

L’éruption cutanée caractéristique arrive de façon brutale mais au 15e jour après la contagion, c’est « l’exanthème morbiliforme ». Elle est faite de taches roses bombées irrégulières, qui ne grattent pas et qui sont séparées par des intervalles de peau saine. Elle commence derrière les oreilles et descend rapidement sur le visage et le tronc puis sur le corps tout entier.
Durant cette phase d’état, la fièvre persiste tant que l’exanthème ne s’est pas stabilisé. Petit à petit, les différents signes disparaissent les uns après les autres en une semaine. La fatigue et la toux peuvent persister au delà de 15 jours.

Comment faire le diagnostic ?

Le diagnostic de la rougeole se fait principalement sur les signes cliniques caractéristiques de la maladie. Ceci pose problème car les premiers signes ne sont justement pas caractéristiques, sauf le signe de Köplick, les petits points blancs sur la paroi interne des joues, mais il faut aller y regarder. Dans la plupart des cas, il n’y a pas d’intérêt à réaliser des examens complémentaires.
Néanmoins lorsque le diagnostic doit être confirmé avec certitude, il est possible de réaliser une prise de sang à la recherche d’anticorps dirigés contre le virus de la rougeole, on fait alors une « sérologie virale ».
Des techniques plus coûteuses de biologie moléculaire existent pour rechercher directement la présence du virus dans les sécrétions, c’est la « PCR » ou « Polymerase Chain Reaction ».

Comment se protéger ?

Le virus de la rougeole est un virus qui n’aime pas la chaleur, (il meurt après trente minutes passées au-dessus de 60 degrés), et qui est détruit par l’alcool à 70%. Mais, comme il est transmis lors d’une simple conversation, en cas de toux ou d’éternuement, il est possible de l’attraper assez facilement au contact d’une personne infectée, fait que vous ignorerez le plus souvent puisque l’éruption sur la peau survient au moins 10 jours après que le malade soit contagieux.
Le seul vrai moyen d’éviter d’avoir la rougeole est de se faire vacciner. Très efficace, la vaccination est seulement contre-indiquée chez l’allergique au blanc d’œuf, chez l’immunodéprimé, et pendant la grossesse.
Traditionnellement, le schéma vaccinal consiste en l’injection d’une dose de vaccin ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéole) à 12 mois puis une deuxième injection entre 16 et 18 mois. Pour les personnes n’ayant jamais été vaccinées contre la rougeole, un rattrapage est possible. Il consiste en l’injection de deux doses de vaccin à au moins un mois d’intervalle.
En cas d’épidémie, il est possible de recevoir le vaccin jusqu’à 72 heures après avoir été en contact avec une personne souffrant de la rougeole pour éviter la survenue de la maladie (vaccination de rattrapage).

Un échec de la politique vaccinale en France

En 1980, avant que la vaccination ne se généralise, on recensait 600 000 cas de rougeole en France. L’épidémie actuelle de rougeole montre que la France est toujours en situation endémique vis-à-vis de cette maladie contagieuse qui est redevenue à déclaration obligatoire et que nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle épidémie d’ampleur car la carte des infections de 2017 fait apparaître que les diagnostics se répartissent de manière plutôt homogène sur le territoire.
Le scénario d’une épidémie est d’autant plus crédible que la couverture vaccinale est trop faible. Seuls 79 % des bébés de 2 ans sont vaccinés. Or, avec un virus du niveau de contagiosité du « paramyxovirus » de la rougeole, il faudrait atteindre 95 % de couverture vaccinale afin d’empêcher toute circulation du virus en France.

Une couverture vaccinale nécessaire en Europe

La France est loin d'être isolée face à cette résurgence de la rougeole. Nos voisins italiens, belges et allemands ont été confrontés à une hausse brutale des cas. Plus à l'est, la Roumanie doit elle aussi combattre une épidémie très active.
En Europe, un plan d’élimination de la rougeole a donc été mis en place entre 2005 et 2010. On parle d'élimination quand aucune épidémie – même minime -  n’a lieu pendant un an ou plus. Il repose sur la vaccination, d'où la logique de l'obligation vaccinale en France à partir de 2018.

Depuis presque 15 ans, la surveillance avait permis de faire chuter le nombre de cas et de réduire les pics d’épidémie printaniers. Les cas de la Région-Aquitaine démontrent que ces efforts sont en voie d'être effacés par la résistance de certains à la vaccination ... alors que le vaccin ROR ne contient même pas d'aluminium.

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