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QUESTION D'ACTU

Un Prométhée moderne

Le chirurgien qui avait tatoué le foie de ses patients échappe à la prison

Le chirurgien britannique accusé d’avoir gravé ses initiales sur le foie de deux patients a été condamné  à des travaux d’intérêt général et une amende.

Le chirurgien qui avait tatoué le foie de ses patients échappe à la prison Prométhée enchaîné, par Theodoor Rombouts (17e siècle)

  • Publié 14.01.2018 à 16h29
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Quelle est la différence entre un chirurgien et Dieu ? Dieu ne se prend pas pour un chirurgien… Cette plaisanterie sur l’hybris des artistes du bistouri aura rarement été plus méritée que pour Simon Bramhall, 53 ans. Ce chirurgien anglais de renom avait défrayé la chronique récemment, pour avoir tatoué ses initiales (« SB ») sur le foie de deux patients endormis.

Le jugement vient d’être rendu par la justice britannique : le tagueur viscéral vient d’être condamné à un an de travaux d’intérêts généraux et à une amende de 10 000 livres (11 230 euros). Faute d'une meilleure qualification, il répondait d’une plainte pour « coups et blessures » (assault by beating) sur deux patients. En février 2017, il avait également écopé d’un simple blâme de l’Ordre des médecins britannique.

Arrogance professionnelle

« En faisant cela, vous avez abusé de votre pouvoir et trahi la confiance que ces patients avaient placée en vous », a dénoncé le juge, cité par The Guardian. Acceptant les remords du chirurgien, et ses explications sur l’absence de préméditation et le stress des interventions, il n’a pas manqué de fustiger son « arrogance professionnelle ».

En 2013, le chirurgien viscéral de Birmingham avait opéré une patiente pour une transplantation de foie. À l’issue de l’opération, longue et complexe, il s’était laissé aller à tatouer ses initiales au laser argon, normalement utilisé à des fin d’hémostase, sur l’organe nouvellement greffé. Des marques indolores et temporaires, sans conséquences physiques, mais contraires à toute déontologie.

Séquelle psychologique

Sans doute cette étrange pratique n’aurait-elle jamais été découverte si, une semaine après cette intervention, la patiente n’avait dû être opérée à nouveau pour rejet du greffon – sans lien avec le « tatouage ». Confondu, le chirurgien avait dû démissionner en 2014. Quant à la patiente concernée, elle souffrirait encore de séquelles psychologiques, évoquant un « sentiment accablant d’avoir été dégradée ».

Le Dr Simon Bramhall exerce toujours aujourd’hui, non loin de Birmingham. Avec une notoriété dont il se passerait bien, et qui durera sans doute un peu plus que ses graffitis éphémères.

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