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QUESTION D'ACTU

Définition de la Commission

Perturbateurs endocriniens : l'Europe des petits pas

La France a adopté la définition des perturbateurs endocriniennes de Bruxelles. Les scientifiques et les défenseurs de l'environnement sont en colère.

Perturbateurs endocriniens : l'Europe des petits pas NICOLAS MESSYASZ/SIPA

  • Publié 05.07.2017 à 07h53
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Après s’être opposée pendant 4 ans à Bruxelles, la France a adopté la définition des perturbateurs endocriniens proposée par la Commission européenne.

Ces substances chimiques naturelles ou de synthèse sont présentes dans certains pesticides, plastiques – à l’instar du célèbre bisphénol A -, des cosmétiques ou encore des produits d’entretien. Elles modifient le comportement des hormones produites par l’organisme et altèrent les fonctions du système endocrinien.
Elles sont suspectées d’induire de lourdes pathologies comme l’obésité, des troubles de la fertilité, puberté précoce, cancers.

En juin 2016, la Commission européenne proposait 3 critères pour définir un perturbateur endocrinien dans les pesticides : la substance doit avoir un effet avéré sur la santé humaine, elle doit également présenter un mode d’action endocrinien et le lien entre l’effet indésirable et le mode d’action doit être connu.
Les molécules seulement suspectées d’appartenir à cette catégorie auraient donc pu être commercialisées.

L’absence du principe de précaution a toujours été contestée par les autorités françaises. Or, cette fois, la définition établie par la Commission inclut ces perturbateurs endocriniens présumés. « Il s’agit d’une avancée importante pour la santé et l’environnement », assurent les ministères de la Transition écologique et solidaire, des Solidarités et de la Santé ainsi que celui de l’Agriculture et de l’Alimentation.


Les ONG sont inquiètes

Reste qu’une autre disposition toujours inscrite dans le projet pose problème. Il s’agit du principe d’exemption pour les pesticides agissant sur les arthropodes (insectes, arachnides, crustacés…).
« Les scientifiques spécialistes des perturbateurs endocriniens ont rappelé régulièrement que cette exemption ne repose sur aucun fondement scientifique sérieux car la proximité est grande entre les systèmes endocriniens de l’ensemble des espèces », déplore l’association Réseau environnement santé (RES), ajoutant qu’elle aurait préféré que le France s’allie au Danemark et à la Suède.

« Générations futures regrette que la France ait voté pour la proposition de critères pour les perturbateurs endocriniens faite par la Commission européenne car les critères maintenant adoptés ne permettront pas d’offrir un haut niveau de protection de la santé publique et de l’environnement, abonde François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. Il s’agit clairement d’une occasion manquée mais tout n’est pas perdu et nous appelons aujourd’hui le Parlement européen à les rejeter. »

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Interdiction à l'échelle nationale

Et il faut croire que le gouvernement français n’est pas à l’aise non plus avec cette disposition puisqu’il a annoncé une série de mesures pour éliminer ces substances à l’échelle nationale. « S’agissant des substances concernées par l’exemption prévue, dès lors que des préoccupations s’expriment, le gouvernement s’engage à utiliser la procédure prévue par le droit européen permettant […] d’interdire la mise sur le marché français de produits contenant ces substances », précisent les ministères.

En parallèle, des mesures visant à renforcer la transparence sur les produits contenant ces molécules seront mises en place. Un site internet lancé à la mi-juillet devrait, par exemple, lister tous les produits phytosanitaires contenant au moins un perturbateur endocrinien.
Les agences sanitaires seront également amenées à évaluer la possibilité de mettre en place un étiquetage indiquant la présence des perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques, les jouets et les emballages alimentaires.

Le gouvernement souhaite également interdire le bisphénol S, un substitut du bisphénol A, suspecté d’avoir des effets tératogènes. Selon la littérature scientifique, il affecterait autant le développement du fœtus que sa molécule voisine interdite depuis 2010.

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