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Revue de littérature

Jeux vidéo : du sens de l'orientation à l'addiction

Les jeux vidéo modifient le cerveau. Ils développent l’attention et les capacités visuo-spatiales, mais aussi le système de récompense, favorisant ainsi l’addiction.

Jeux vidéo : du sens de l'orientation à l'addiction NICOLAS DATICHE/SIPA

  • Publié 30.06.2017 à 14h39
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Addiction, manque de sommeil, sédentarité, comportements violents, épilepsie… Lorsqu’on parle des effets des jeux vidéo, ce sont souvent les cas extrêmes qui sont analysés, véhiculant ainsi une vision alarmante des conséquences.

Souvent à tort, estime Marc Palaus, neuropsychologue à l’université de Catalogne (Espagne). « Les jeux vidéo ont parfois été loués ou diabolisés, souvent sans que des données solides étayent les affirmations dans un sens comme dans l’autre, explique-t-il. D’autre part, le jeu est devenu une activité populaire, ce qui fait que tout le monde semble avoir une opinion bien tranchée sur le sujet. »

 

Changements structurels et fonctionnels

D’après ses recherches, les jeux vidéo ont un impact positif sur le cerveau, tant sur le plan structurel que fonctionnel. Au sein du Cognitive Neurolab de son université, et en collaboration avec le laboratoire de neuropsychiatrie et de neuromodulation du Massachusetts General Hospital de Boston (États-Unis), Marc Palaus a mené une large revue de littérature de 116 études portant sur les effets des jeux vidéo.

Parmi ces études, 100 s’intéressaient aux changements structurels, et 22 aux modifications qu’ils pouvaient provoquer sur le fonctionnement du cerveau, et ses conséquences sur le comportement.

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Meilleures attention et orientation dans l’espace

Les résultats sont formels. Les jeux vidéo augmentent la taille et l’efficacité de zones cérébrales associées aux capacités visuo-spatiales – notamment la partie droite de l’hippocampe –, qui permettent par exemple de s’orienter dans l’espace, de percevoir les objets de l’environnement ou encore d’imaginer un objet physiquement absent.

Et nul besoin d’être un "gamer" chevronné, ces modifications s’observent même des volontaires qui ont suivi un programme d’entraînement de quelques semaines.

Du côté fonctionnel, ils développent en particulier l’attention soutenue et l’attention sélective. Les joueurs sont donc plus vigilants, et meilleurs pour isoler une action de l’environnement, par exemple écouter une conversation sans se laisser distraire.

Système de la récompense

Ces bénéfices sont difficilement contestables, mais ils ont une contrepartie, rappelle Marc Palaus. Les jeux vidéo peuvent être addictifs. Encore une fois, ils agissent de manière structurelle et fonctionnelle sur une zone du cerveau, cette fois-ci associée à la récompense. Ils exposent donc les joueurs invétérés aux envies irrépressibles, comme c’est le cas pour d’autres désordres addictifs.

Les parents inquiets devront donc se méfier, et limiter l’investissement de leurs enfants, tout en se rappelant que tout n’est pas mauvais. Mais tous ces résultats ne concernent plus que les enfants et les adolescents : le jeu vidéo se décline maintenant largement sur smartphone, et est souvent utilisé par les travailleurs lors de leurs déplacements quotidiens. En 2016, l’âge moyen des gamers a été estimé à 35 ans !

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