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Dépistage du cancer du sein : une baisse mais pas historique

Les gynécologues français s'inquiètent d'une baisse historique du dépistage du cancer du sein. En réalité, la participation est faible depuis plusieurs années.

Dépistage du cancer du sein : une baisse mais pas historique arelnoppe/epictura

  • Publié 22.06.2017 à 17h32
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Ils évoquent une baisse « historique » du dépistage du cancer du sein. Ce 21 juin, les gynécologues du CNGOF (Collège national des gynécologues-obstétriciens français) se sont alarmés du faible recours à la mammographie chez les femmes.

Entre 50 et 74 ans, les Françaises peuvent bénéficier gratuitement d’une mammographie, tous les deux ans. Ce programme permet de détecter les cancers plus tôt, donc de les traiter plus efficacement. Et pourtant, en 2016, seule la moitié des femmes s’est rendue chez un radiologue pour participer au dépistage organisé.

Une stagnation qui dure

Mais dans les faits, les femmes ont-elle délaissé massivement ce dépistage ? 50,5 % de participation, c’est moins que l’année précédente. « Nous ne connaissons pas à l’heure actuelle les raisons de cette légère baisse de participation », reconnaît Santé publique France, qui émet ces chiffres.

Les polémiques autour de l’efficacité de la mammographie, les temps d’attente et le dépistage individuel sont évoqués, pêle-mêle, pour expliquer ce léger recul. Mais parler d’un recul historique est quelque peu excessif.

Depuis 2008, le taux de participation au dépistage organisé stagne autour de 52 %, après une remontée paresseuse. Largement insuffisant au vu des objectifs européens, qui visent 70 % de participation au dispositif.


Source : Santé Publique France

Un débat citoyen

A ces estimations s’ajoute le recours individuel à la mammographie, qui concerne environ 10 % des femmes de 50-74 ans. Ce qui reste trop faible. Afin de redonner un coup d’accélérateur à ces chiffres, le CNGOF a annoncé le lancement d’une campagne d’information sur le dépistage du cancer du sein.

C’était aussi la conclusion de la concertation citoyenne et scientifique, qui a pris fin en 2016. Au terme des débats, les coordinateurs ont conclu à la nécessité de communiquer sur le programme de manière « claire, précise, complète », mais aussi nuancée. Sans faire l’impasse sur le risque de surdiagnostic.


Le rapport final de la concertation citoyenne a surtout évoqué deux scénarios à court terme : la disparition pure et simple du programme de dépistage organisé, ou sa refonte totale. Le nouveau dispositif devra être « profondément modifié », selon les conclusions.

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Des disparités régionales

En suggérant une évolution du programme, la concertation ne diffère guère du dernier Plan Cancer, qui prévoit d’améliorer l’accès aux mammographies de dépistage chez les Françaises. De fait, plusieurs problèmes se posent et les autorités sanitaires en sont bien conscientes.

La Haute Autorité de santé (HAS) a lancé, dès 2012, une évaluation médico-économique sur l’intérêt d’élargir le dépistage organisé aux femmes de 40-49 ans et celles de 70-79 ans.

Mais le vrai frein au dépistage organisé, ce sont les inégalités territoriales. Car derrière la moyenne nationale se cachent de lourdes disparités géographiques. Et celles-ci s’observent chaque année. En 2016, la capitale atteint un plancher alarmant, avec seulement 27 % de participation au dépistage organisé contre 63 % en Loire-Atlantique.



Source : Santé publique France

Au vu de ces écarts départementaux, il faudra plus qu’un simple élargissement de l’accès au dépistage à d’autres tranches d’âge pour réconcilier les Françaises avec la mammographie.

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