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QUESTION D'ACTU

Rapport de l'Ined

Excision : la médicalisation entrave la lutte contre les mutilations génitales

L’Ined met en garde contre la médicalisation de plus en plus fréquente des mutilations génitales, qui empêche l’éradication de cette pratique.

Excision : la médicalisation entrave la lutte contre les mutilations génitales MONUSCO Photos/Flickr

  • Publié 12.04.2017 à 18h26
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Plus propre, peut-être. Moins barbare, moins traumatisant, sûrement pas. Depuis quelques temps, les mutilations génitales se médicalisent. Les exciseuses « traditionnelles » restent majoritaires, mais de plus en plus de professionnels de santé mutilent le sexe des filles, sous couvert d’une réduction des risques sanitaires liés à l’intervention.

Cette médicalisation des mutilations génitales féminines « dévoie » les campagnes de sensibilisation et compromet l'éradication de l'excision, dénonce l'Institut français d'études démographiques (Ined) dans un rapport rendu public ce mercredi.

De plus en plus jeunes

Longtemps décrite comme un rite de passage à l'âge adulte, l'excision tend à être pratiquée de plus en plus tôt, explique l’Institut. Dans la plupart des pays concernés, la majorité des filles subissent une mutilation génitale avant leurs dix ans - et avant leurs cinq ans pour les plus jeunes générations.

A ce rajeunissement de la pratique s'ajoute le développement « inquiétant » de sa médicalisation dans plusieurs pays (Egypte, Guinée, Indonésie, Kenya, Nigeria, Soudan du Sud, Yémen), souligne l'Ined.

A l'initiative du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), les organisations internationales ont condamné ce « dévoiement des premières campagnes de sensibilisation, qui compromet l'éradication de l'excision », souligne l'Ined.

30 millions de jeunes filles menacées

Quelque 200 millions de femmes et de filles dans le monde ont subi des mutilations génitales ; la moitié d'entre elles vivent en Egypte, en Ethiopie et en Indonésie, selon une évaluation du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) rendue publique en 2016.

Dans les 30 pays où ces mutilations ont été pratiquées (27 pays africains, le Yémen, l'Irak et l'Indonésie), s'ajoutent des filles et femmes originaires de pays à risque et vivant dans des pays d'immigration, pour lesquels on ne dispose pas encore d'estimation globale, ajoute l'institut.

De récentes études évaluent à près de 500 000 le nombre des filles ou des femmes mutilées ou exposées au risque aux Etats-Unis et à plus de 500 000 le nombre des migrantes concernées en Europe. Environ 60 000 femmes excisées vivent en France. Selon l'Unicef, 30 millions de jeunes filles risquent d'être excisées au cours des dix prochaines années à travers le monde.


Chirurgies génitales en vogue

L’Ined met le doigt sur d’autres formes d’interventions chirurgicales problématiques des parties génitales. Des pays pratiquent ainsi des chirurgies de « réassignation » sur des nouveau-nés qui possèdent des caractéristiques des deux sexes.

Par ailleurs, on observe aux Etats-Unis, en Amérique Latine, en Asie et en Europe, un développement très récent de pratiques de chirurgie esthétique génitale, telles que la nymphoplastie (ablation totale ou partielle des petites lèvres).

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