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QUESTION D'ACTU

Isolement, jalousie…

L'usage fréquent des réseaux sociaux double le risque de se sentir seul

Un usage prolongé ou trop fréquent des réseaux sociaux est associé à un sentiment d'isolement plus prononcé. Facebook et consorts alimentent le phénomène.

L'usage fréquent des réseaux sociaux double le risque de se sentir seul Jason Howie/Flickr

  • Publié 08.03.2017 à 09h17
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Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn… La liste des réseaux sociaux ne cesse de s’allonger depuis quelques années. L’occasion de renouer avec de vieilles connaissances ou des amis perdus de vue. Mais gare à ne pas s’y perdre. D’après une étude parue dans l’American Journal of Preventive Medicine, un usage excessif de ces plateformes favorise le sentiment d’isolement.

Difficile de savoir ce qui, de la solitude ou des réseaux sociaux, précède l’autre. Mais les faits sont là : y consacrer plus de deux heures par jour double le risque de se sentir seul. Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs de l’université de Pittsburgh (Etats-Unis) ont interrogé 1 800 jeunes Américains, et ont évalué leurs réponses à l’aide d’un outil de mesure.

Un effet contre-intuitif

L’usage des réseaux sociaux est aussi une affaire de fréquence. Ainsi, les participants qui ont visité les différentes plateformes plus de 58 fois par semaine se voient trois fois plus à risque de ressentir une certaine solitude par rapport aux moindres consommateurs.

« Nous sommes, de manière naturelle, des créatures sociales, mais la vie moderne a tendance à nous séparer des autres, au lieu de nous rapprocher », résume Brian Primack, co-auteur de l’étude. L’impact des réseaux sociaux serait donc contre-productif.

Mais la question de savoir quel problème précède l’autre reste entière. Les chercheurs eux-mêmes reconnaissent leur incapacité à trancher. « Il est possible que les jeunes adultes qui se sentent seuls se tournent vers les réseaux sociaux. Mais il se peut aussi que le recours accru aux réseaux sociaux provoque un sentiment d’isolement par rapport au monde extérieur. Ou qu’il s’agisse d’une combinaison des deux », liste Elizabeth Miller.

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Des initiatives privées

L’équipe apporte toutefois une piste d’explication sur le rôle des réseaux sociaux dans le sentiment d’isolement. D’une part, ils se substituent aux interactions sociales authentiques et réduisent les liens. D’autre part, le reflet parfois idéalisé de la vie sur ces plateformes a un double impact.

Non seulement les photos distrayantes laissent penser qu’on a été mis de côté, mais en plus ce portrait peut susciter un sentiment d’envie. Autant de sentiments parfois amers qui n’aident pas à se sentir bien. Mieux vaut, dans ces conditions, faire une pause de temps à autre.

Face à ces études de plus en plus nombreuses, les réseaux sociaux ont décidé de prendre les devants. Un algorithme est ainsi développé afin de détecter les profils dépressifs sur Instagram, grâce au machine learning. Facebook a, de son côté, lancé un dispositif anti-suicide. « Nous avons des équipes dans le monde entier, 24 heures sur 24, qui passent en revue ces signalements », indique le groupe américain.

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