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Staphylocoque doré

Antibiorésistance : les possibles vertus des baies roses

Selon une récente étude américaine, les bactéries super-résistantes responsables d'infections mortelles pourraient être neutralisées par un composé du poivre rose.  

Antibiorésistance : les possibles vertus des baies roses Tarciso Leao

  • Publié 12.02.2017 à 19h34
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En France, on trouve du poivre à peu près sur toutes les tables. Mais loin d’être une simple épice, il pourrait présenter de puissantes vertus thérapeutiques contre l'antibiorésitance, comme le suggère une étude américaine menée par la Emory University (Atlanta, Géorgie) et publiée dans le journal The Scientifc Reports.

Le Dr Cassandra Quave, dermatologue et auteur principale de l’étude s'est intéressée au Schinus terebinthifolia, une espèce d'arbre brésilien dont les baies constituent l'épice connue sous les noms de « poivre rose » ou « baies roses ». « Nous avons séparé les ingrédients chimiques des baies et nous avons ensuite testé contre les bactéries pathogènes afin de décrire avec précision le mécanisme médical de cette plante », indique le Dr Quave.

Molécules antivirulence

En procédant ainsi, les chercheurs ont constaté qu'une composition raffinée riche en flavones extraite des baies inhibe la formation de lésions cutanées chez des souris infectées par la super-bactérie résistante à la méthicilline, le fameux Staphylococcus auereus (SARM), plus connue sous le nom de Staphylocoque doré. 

Ce composant ne serait cependant pas d'origine bactéricide, c'est-à-dire qu'il ne tue pas la bactérie mais l'empêche d'entrer en communication avec d'autres cellules par le biais de ce qu'on appelle le « quorum sensing », un ensemble de mécanismes régulateurs qui contrôlent l'expression coordonnée de certains gènes au sein d'une même population bactérienne.

« Le composant des baies roses désarme essentiellement les bactéries MRSA, les empêchant d'évacuer les toxines utilisées comme des armes pour endommager les tissus. Le corps retrouve alors un système immunitaire normal et cicatrice plus facilement sous l'effet de cette molécule", analyse le Dr Quave. Ce type de molécule qui protège des effets nocifs des bactéries sans les tuer répond au nom de "molécule antivirulence ». 

 

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Infections antibiorésistantes : 700 000 décès par an dans le monde

Si l’étude n’a été, pour l’instant, menée que sur des souris, les chercheurs y voient néanmoins une piste encourageante pour un traitement aidant à prévenir et à combattre les infections résistantes aux antibiotiques.

« Au lieu de toujours mettre une bombe pour tuer une infection, il existe des situations où l'utilisation d'une méthode non-violente peut se révéler tout aussi efficace pour rétablir l'équilibre de la santé d'un patient. Nous devons mener davantage de recherches afin de mieux comprendre comment tirer le meilleur parti des molécules "antivirulence" », estime le Dr Quave. 

Véritable fléau, l'antibiorésistance est responsable d’au moins 700 000 décès dans le monde chaque année. Un bilan alarmant qui risque d’atteindre les 10 millions de décès d’ici 2050.

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