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QUESTION D'ACTU

Décès d'un nourrisson

Uvestérol D : un médicament sous surveillance

Alors qu'un bébé de 10 jours est décédé après avoir reçu une dose de vitamine D, les pédiatres rappellent l'importance de la supplémentation des nourrissons.  

Uvestérol D : un médicament sous surveillance Baleydier/SIPA

  • Publié 04.01.2017 à 03h59
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Un nourrisson de 10 jours est décédé par arrêt cardio-respiratoire à son domicile le 21 décembre dernier après avoir reçu une dose d’Uvestérol D, un médicament à base de vitamine D. Depuis que le Figaro a dévoilé cette information ce mardi 3 janvier, le Dr François-Marie Caron, pédiatre au CHU d’Amiens, a reçu de nombreux coups de téléphone de parents inquiets. « C’est normal, c’est une situation dramatique exceptionnelle », reconnaît-il.

Il faut dire que tous les parents d’enfants de moins de 5 peuvent se sentir concernés. L’Uvestérol D, une vitamine D commercialisée par les laboratoires français Crinex, est prescrite à des milliers d’enfants chaque année pour traiter ou prévenir les carences. « La vitamine D est utilisée chez tous les nouveau-nés car tous nécessitent une supplémentation, et l’Uvestérol D fait partie des médicaments les plus prescrits depuis les années 1990 », explique le spécialiste membre de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA).


Des règles d'usage

Pourtant, ce médicament, qui se présente sous une solution buvable huileuse administrée par pipette, fait l’objet d’une surveillance accrue depuis 2006 par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). L’autorité avait en effet été alertée sur des cas de malaise, cyanose et/ou apnée chez des nourrissons, en particulier chez des nouveau-nés prématurés et des nourrissons âgés de moins d’un mois, liés au mode d'administration du médicament.

A la suite de ces signalements, le laboratoire avait revu sa formule et avait commercialisé une nouvelle pipette doseuse. Depuis le 1er décembre 2014, « ces modifications ont permis notamment de diminuer le volume à administrer en augmentant la concentration de la solution », décrivait à l’époque l’ANSM. Elle rappelait également aux parents les règles à suivre pour éviter les risques de fausses-routes, comme, par exemple, administrer la solution à l’enfant éveillé installé en position semi-assise toujours avant la tétée ou le biberon, et ne pas le coucher immédiatement après.


Privilégier les autres formes

Malgré ces modifications, certaines services de maternité et pédiatres ont préféré opter pour des alternatives plus sûres, en particulier celles qui se présentent sous forme de gouttes. C’est notamment le cas d’Amiens.
« Dans notre maternité, nous donnons aux prématurés des gouttes car nous nous sommes vite rendus compte qu’ils avaient du mal à avaler l’Uvestérol. Et depuis aujourd’hui, nous avons décidé de donner des gouttes à tous les enfants qu’ils soient prématurés ou non », explique le Dr Caron.

Car, le spécialiste le rappelle : il est tout à fait possible de substituer l’Uvestérol D par une autre vitamine. L’important étant que les enfants continuent à recevoir leur supplémentation pour éviter toute carence. « Si l’enfant prend parfaitement bien l’Uvestérol, les parents peuvent continuer à lui donner. Mais s’ils constatent que l’enfant a du mal à l’avaler ou si jamais ils sont inquiets, il peuvent arrêter le traitement. A la prochaine visite mensuelle, le pédiatre ou le médecin généraliste prescrira une autre forme de vitamine D », rassure-t-il.

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