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QUESTION D'ACTU

Consultation d’Unicef France

Quartiers défavorisés : un jeune sur quatre privé d’accès aux soins

L’accès aux soins s’améliore mais laisse à désirer. Dans les quartiers défavorisés, la solidarité est de mise mais un tiers des jeunes n’a pas accès à un hôpital.

Quartiers défavorisés : un jeune sur quatre privé d’accès aux soins philippe leroyer/Flickr

  • Publié 29.11.2016 à 12h24
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Loin des idées reçues. Les jeunes des quartiers défavorisés sont plutôt bien dans leurs baskets. La majorité d’entre eux évoque une solidarité entre les habitants de leur pâté d’immeubles. Ils font du sport, mangent équilibré, peuvent accéder à des soins. Vue de l’intérieur, la vie en quartier sensible n’est donc pas si sombre. Le tableau dressé est en fait plutôt lumineux, à la lecture du dernier rapport d’Unicef France. Mais des zones d’ombre persistent, notamment dans le domaine de la santé.

Le manque d’hôpitaux de proximité

Pour la première fois, la consultation des 6-18 ans livrée par la branche française du Fonds des Nations Unies pour l'enfance fait la distinction entre les lieux de résidence favorisés ou non. Plus de 22 000 enfants ont accepté de se prêter au jeu des questions-réponses qui leur était proposé.
Dans les quartiers démunis, la vie quotidienne ressemble à celle de n'importe quel élève, ou presque.
Bon nombre d’écoliers ont peur de l’échec, mais ils sont soutenus par leurs parents et peuvent trouver de l’aide si nécessaire. Pour preuve : 67 % et 55 % déclarent être valorisés respectivement par leur mère et leur père. « Des chiffres frappants, bien supérieurs à ceux des quartiers plus aisés », reconnaît l’Unicef.

Ces jeunes ne sont pour autant par exempts d’inégalités. Le domaine de la santé en est un exemple criant. 28 % des enfants interrogés sont en privation d’accès aux soins. Dans le détail, une part non négligeable des enfants n’ont pas accès à une infirmière scolaire (36 %) ou n’ont pas d’hôpital disponible à proximité (34 %). Les soins primaires sont tout de même assurés : presque tous les écoliers peuvent voir un médecin si nécessaire (92 %) et une belle majorité consulte régulièrement un dentiste (79 %). Cela reste insuffisant, aux yeux d’Unicef France.

Une prévention absente

Ces carences n’empêchent pas les enfants des quartiers défavorisés de manger équilibré. La quasi-totalité reçoit trois repas par jour. Ils sont un peu moins nombreux à affirmer consommer de la viande ou du poisson au moins une fois par jour (89 %). De même, l’accès quotidien aux fruits et légumes frais est assuré dans la plupart des cas. Un bon comportement qui ne se retrouve pas dans la consommation de substances addictives ou à risque pour la santé.

Parmi les 6-18 ans interrogés, 11 % fument et davantage boivent de l’alcool au point d’atteindre l’ivresse. Plus inquiétant, un sur dix consomme des drogues et 6 % fument du cannabis. La faute, sans doute, à une prévention qui pèche par son absence. En effet, une petite moitié des enfants affirme avoir bénéficié de séances d’information sur les risques de ces produits. Côté infections sexuellement transmissibles, ça n’est pas mieux. Trop d’adolescents affirment qu’ils ont difficilement accès aux préservatifs. Les raisons financières sont évoquées dans un cas sur deux.

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Le moral en berne

Les activités extrascolaires manquent dans les quartiers défavorisés. L’impact sur le mental des jeunes est réel : ceux qui n’en bénéficient pas sont quatre fois plus à risque d’angoisser à l’idée d’un échec scolaire. D’ailleurs, dans ces zones, le moral des enfants et adolescents est plutôt maussade. 73 % affirment avoir régulièrement le cafard et la moitié n’a goût à rien. Résultat : les idées suicidaires sont relativement fréquentes (22 %). Voilà qui pourrait expliquer le recours aux substances psychoactives.

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