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QUESTION D'ACTU

Plan Médecine Génomique

Médecine personnalisée : 12 centres de séquençage d'ADN pour y répondre

ENTRETIEN - L’Inserm a remis à Matignon son Plan Médecine Génomique, qui prévoit la création de douze centres de séquençage génomique.

Médecine personnalisée : 12 centres de séquençage d'ADN pour y répondre kentoh/epictura

  • Publié 22.06.2016 à 19h03
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La médecine du gène prend un coup d’accélérateur en France. La ministre de la Santé a annoncé ce mercredi au micro de Radio Classique l’ouverture de 12 centres de séquençage génomique haut débit. Un rapport a été remis à Matignon, qui décline plusieurs propositions pour faire de l’Hexagone un pays leader de la médecine génomique d’ici 2025, aux côtés d’autres nations d’ores et déjà engagées dans le secteur.

Trois premières plateformes devraient ainsi voir le jour d’ici la fin de l’année. Elles auront vocation à réaliser du séquençage génomique, notamment pour des patients qui ne disposent pas, à l’heure actuelle, des autorisations nécessaires à cette opération.

Médecine personnalisée

En effet, le séquençage des gènes relève d’un cadre très restreint ; il est réservé aux personnes atteintes de cancers ou de maladies rares, et permet de détecter la présence d’un gène de la maladie chez l’adulte, l’enfant, le fœtus, ou encore l’embryon (en dépistage pré-implantatoire).

L’objectif de ce séquençage est de déceler les facteurs qui pourraient influer sur ce gène de la maladie, mais aussi de mieux anticiper la réponse aux traitements. Il s’agit ainsi de mettre au point une médecine personnalisée, plus proche des spécificités de chaque individu. Une autre indication du séquençage génomique concerne les tests de paternité.

Maladies communes

Le gouvernement souhaite élargir ce cadre pour que des patients atteints de maladies moins rares (diabète, obésité…) puissent bénéficier du séquençage génomique. Le rapport se donne pour objectif de réaliser 235 000 séquençages par an ; 20 000 patients atteints de maladies rares ainsi que leurs familles pourraient en profiter d’ici 2020. Par ailleurs, une cible de 50 000 patients prioritaires (atteints de cancers métastasiques ou réfractaires) a été déterminée.

L’objectif de ce Plan consiste donc à « intégrer la médecine génomique dans le parcours de soins et la prise en charge des pathologies communes », précisent les auteurs. L’enjeu étant de réduire les coûts du séquençage génomique – aujourd’hui, l’opération coûte entre 1 500 et 1 800 euros.
 

Le retard français

Ce Plan a également vocation à hisser la France parmi les grandes nations du séquençage génomique, alors que le pays enregistre un retard notoire dans le domaine. « Toute la question est de savoir comment ce plan va être mis en œuvre, souligne le Pr Philippe Amouyel, épidémiologiste au CHU de Lille, interrogé par les rapporteurs. Des pays comme le Royaume-Uni, le Canada et les Etats-Unis ont commencé il y a plus de cinq ans et ont massivement investi dans le secteur. On a besoin de renforcer notre culture du séquençage génomique ».

En l’occurrence, le Plan prévoit un investissement à hauteur de 670 millions d’euros sur cinq ans, issu à la fois du public et du privé. Ces ressources permettront de financer les plateformes de séquençage, mais aussi un centre national de calcul intensif qui aura pour mission d’analyser toutes les données – mais aussi de les protéger.

Ecoutez...
Pr Philippe Amouyel, épidémiologiste au CHU de Lille : « Il y a des investissements publics nécessaires. C’est une base qui facilitera ensuite la création d’entreprises qui vont exploiter ces données. »

 

Car c’est bien là l’un des défis majeurs. « Il y a trois milliards et demi d’informations à interpréter pour le séquençage complet du génome. Il nous faut des logiciels adaptés à ces approches. Actuellement, la plupart de ces logiciels nous viennent des Etats-Unis ». A l’horizon, donc, de nombreux « métiers en plein développement » et l’essor d’une industrie prometteuse.

"Génétique à la papa" 

Cette percée française sur le terrain de la médecine génomique a été saluée par les experts du secteur. C’est le cas du Dr Laurent Alexandre, président d’INA Vision. « C’est une bonne chose que l’Etat comprenne que la génétique à la papa est morte et qu’il faut passer au séquençage d’ADN », estime-t-il... en gardant toutes proportions. De fait, ce plan mettra du temps à concurrencer les géants américains, canadiens ou encore hollandais, déjà bien installés dans ce secteur émergent de la médecine contemporaine.

Ecoutez...
Dr Laurent Alexandre, président d'INA Vision : « Le programme de Marisol Touraine est rikiki par rapport à ce qui se fait à l’étranger. C’est du rattrapage ! »

 

 

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