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Automédication

AVC : l'aspirine protège des rechutes à court terme

La prise d’une aspirine après un accident ischémique transitoire diviserait le risque d’AVC à court terme de par 5.

AVC : l'aspirine protège des rechutes à court terme alessandrozocc/epictura

  • Publié 19.05.2016 à 12h11
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Pour une fois, l’automédication pourrait être conseillée au grand public. Après un petit accident vasculaire cérébral (aussi appelé accident ischémique transitoire ou AIT), le risque d’une rechute dans les jours ou la semaine qui suit est multiplié par 1 000. Les résultats d’une recherche conjointe aux universités d’Oxford (Royaume-Uni), d’Utrecht (Pays-Bas), de Duisburg et Essen (Allemagne) et de Lund (Suède), publiée dans The Lancet, montrent que la prise d’une aspirine immédiatement après un AIT diminuait les risques d’AVC à court terme de 70 à 80 %.

Les chercheurs ont étudié les données de plusieurs essais, regroupant en tout 56 000 personnes, sur les effets de l’aspirine sur la prévention des AVC à  long terme. La réduction des risques était d’environ 15 %. Estimant que les effets à très court terme devraient être beaucoup plus significatifs, ils ont observé que l’essentiel de ses bienfaits se concentrait dans les premières semaines. Les bénéfices sont en fait cinq fois plus élevés.

 

 

« Nos résultats confirment l’efficacité des traitements urgents après les AIT et les attaques mineures, et montrent que l’aspirine en est le plus important, explique le Pr Peter Rothwell, spécialiste de l’AVC à l’université d’Oxford et l’un des auteurs de l’étude. Un traitement immédiat réduit le risque de rechutes précoces. Ces résultats suggèrent que les médecins devraient donner de l’aspirine immédiatement quand ils suspectent un AIT, avant même d’attendre la confirmation par un spécialiste et des examens plus poussés ».

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Un AVC toutes les 4 minutes en France

En France, on dénombre environ 150 000 AVC par an, soit un toutes les 4 minutes. Une victime sur cinq décède dans le mois qui suit, et les trois-quarts d’entre-elles gardent des séquelles. La prévention contre les AVC a pris une ampleur médiatique depuis quelques années. Les autorités sanitaires françaises, mais aussi dans d’autres pays européens ou aux Etats-Unis, ont lancé de nombreuses campagnes pour alerter l’opinion publique sur les risques, et pour les informer sur la détection des symptômes, qui est souvent assez simple.
Le but : une prise en charge la plus précoce possible, pour diminuer les risques mortels, mais aussi de séquelles neurologiques qui apparaissent dès 3 heures après l'incident, et qui sont souvent irréversibles 7 heures après.

« Les campagnes d’informations publiques ont fonctionné dans la prise en charge immédiate après une attaque majeure, mais sont beaucoup moins efficaces pour les personnes victimes d’attaques mineures ou d’AIT, ajoute le Pr Rothwell. Trop de patients ne consultent pas, ou consultent tard, ce qui fait que la moitié des répliques d’attaques interviennent avant que les personnes victimes d’un premier AIT n’aillent chez leur médecin. »

Les chercheurs recommandent donc l’automédication. Lorsque les symptômes classiques de l’AVC apparaissent pendant quelques minutes avant de s’estomper – cécité partielle, paralysie faciale ou corporelle, difficultés à parler ou à coordonner ses mouvements – ils estiment qu’il est grandement bénéfique de prendre une aspirine 300 mg avant d’aller consulter (cette automédication ne dispense pas d’une consultation en urgence).

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