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Etude au CHU de Tours

Chirurgie du cerveau : des Français se font opérer sous hypnose

Opérer un patient éveillé, c'est possible. Dans certains cas de cancer du cerveau, cette technique est même efficace contre la douleur.

Chirurgie du cerveau : des Français se font opérer sous hypnose Quirky China News / Rex/REX/SIPA

  • Publié 30.12.2015 à 06h20
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Certaines chirurgies du cerveau pourraient être réalisées sur des personnes éveillées. En effet, l’hypno-sédation remplace avec succès l’anesthésie dans le traitement du gliome – une forme de cancer cérébral. L’approche s’accompagne de peu d’effets secondaires selon une étude française parue dans Neurosurgery.

Les travaux ont été menés au service de neurochirurgie du CHU Bretonneau de Tours (Indre-et-Loire), sous la houlette du Dr Ilyess Zemmoura. Son équipe a proposé à 37 personnes atteintes de gliome de subir l’opération sous hypnose au lieu de l’anesthésie traditionnelle. La technique habituelle consiste à endormir le patient le temps de réaliser l’incision et de retirer la partie osseuse. Il est ensuite éveillé, afin de cartographier les aires du cerveau liées au langage et la motricité. Grâce à la coopération du malade, le chirurgien peut retirer la tumeur sans endommager les zones clé. Une fois cette étape réalisée, une seconde anesthésie est réalisée.

Une hypnose sur mesure

Cette approche est relativement sûre. Mais elle pose problème chez des personnes atteintes de gliome de haut grade, soulignent les auteurs. Une solution alternative est donc nécessaire. Afin de préparer les volontaires, un premier rendez-vous a été organisé en amont de l’intervention. L’anesthésiste y a mené une courte séance d’hypnose, dans laquelle il a appris à chaque participant comment créer un « abri » imaginaire dans lequel il peut se sentir en sécurité.

Dans la salle d’opération, l’hypno-sédation s’est divisée en plusieurs étapes. A mesure que la chirurgie progressait, la transe hypnotique s’est approfondie et l’imagerie s’est adaptée aux types de douleurs.

L’expérience n’a pas fonctionné pour 6 patients, une anesthésie standard a alors été mise en place. Deux patients ont finalement renoncé à l’hypnose. Chez les autres, l’étude démontre que la technique est fiable et aisément reproductible.

Peu de douleurs

Le taux de réussite dépend de la motivation des volontaires, mais l’hypno-sédation a permis de réduire de manière significative l’impact des événements indésirables liés à la chirurgie. Plus la transe était approfondie, plus la douleur reculait, notent les auteurs. Ainsi, dans les questionnaires post-opératoires, les bruits et les vibrations étaient décrits comme les éléments les plus gênants de l’intervention. Les phases qui ont le plus incommodé les patients étaient la trépanation et l’instant où le chirurgie retire le volet osseux. En revanche, l'approche n'apporte pas de bénéfice supplémentaire sur le plan du stress.

Cette première expérience est encourageante, mais elle ne permet pas de démontrer la supériorité de l’hypnose par rapport à l’anesthésie traditionnelle. Recourir à cette approche doit donc être le fruit d’une réflexion approfondie, explique le Dr Ilyess Zemmoura. « Cela demande un investissement intense et un long apprentissage de la part de toute l’équipe, y compris du patient », explique-t-il.

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