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QUESTION D'ACTU

Etude sur 800 femmes

Sans personnalisation, les régimes ne peuvent pas marcher

Nous ne sommes pas égaux face aux régimes et les bactéries intestinales pourraient expliquer pourquoi. Il faudrait donc adapter les diètes à la flore de chacun.

Sans personnalisation, les régimes ne peuvent pas marcher SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

  • Publié 21.11.2015 à 08h15
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Nous ne sommes pas égaux face à la prise de poids. Un lieu commun, peut-on penser, mais qui, cette fois-ci, vient d’être objectivé scientifiquement. Publiés ce jeudi dans la prestigieuse revue biomédicale Cell, les travaux d'Eran Segal et Eran Elinav suscitent déjà de nombreux commentaires. De là à brandir ces résultats comme preuve irréfutable de l'inutilité des régimes, il y a un pas, qu’il serait sans doute bon de ne pas franchir trop vite. Ce que montre vraiment cette étude israélienne est en effet plus subtil.

Mesure en continu de la glycémie

Les chercheurs du Weizmann Institute (Rehovot) ont mesuré en continu le taux de sucre dans le sang de 800 femmes. En effet, une mauvaise régulation du glucose sanguin peut être un signe de prédiabète. En parallèle, les volontaires ont renseigné sur une application les aliments consommés.
Les résultats montrent, sans grande surprise, qu'après avoir ingéré la même quantité de nourriture, les organismes ont des réactions variables. Les glycémies mesurées présentaient en effet des écarts importants. Les scientifiques citent notamment l'exemple d'une femme dont le taux de glucose sanguin augmentait systématiquement quand elle mangeait des tomates !

Pour expliquer de telles différences, les scientifiques ont analysé la composition de la flore intestinale des participantes. Les données indiquent que les populations de bactéries ne sont pas similaires chez les personnes qui régulent bien ou mal leur glycémie. Surcharges pondérales et échecs des régimes amaigrissants pourraient donc être liés à un déséquilibre du microbiote intestinal. Une hypothèse qui fait son chemin dans le monde scientifique depuis une dizaine d’années, et que corroborent des travaux suisses, publiés également cette semaine, dans la revue Nature Medicine.

Rééquilibrer la flore

Les chercheurs helvétiques concluaient qu’une des voies à explorer pour améliorer le traitement de l’obésité pouvait être la transplantation fécale. Une approche peu ragoûtante, certes, mais qui a déjà fait ses preuves pour améliorer certaines maladies chroniques de l’intestin.


Les scientifiques israéliens soulignent, eux, qu’il est primordial de personnaliser la prise en charge des problèmes de surpoids, pour prendre en compte la spécificité de chaque patient, et son parcours. Car si ces résultats semblent très fatalistes, il ne faut pas oublier que la flore intestinale évolue au cours de la vie. Elle peut notamment être déséquilibrée par de nombreux facteurs environnementaux, des traitements antibiotiques au stress, en passant par de mauvaises habitudes alimentaires, justement.
En attendant que les scientifiques découvrent comment optimiser l’alimentation de chacun en fonction de son microbiote, à chacun donc de prendre soin de ces quelque 2 kg de bactéries qui peuplent nos intestins !

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