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QUESTION D'ACTU

Etude pendant 16 ans

Rester assis ne serait pas si mauvais qu’on le pensait

Une nouvelle étude sème le trouble. Le temps passé assis ne serait pas associé à un risque accru de mortalité prématurée. C’est bien la sédentarité qui est en cause.

Rester assis ne serait pas si mauvais qu’on le pensait Le bureau assis-debout, pas si bénéfique ? (REX/REX/SIPA)

  • Publié 13.10.2015 à 18h10
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Les médias vous l’ont répété ces derniers mois : rester assis trop longtemps, ça n’est pas bon sur la santé. Cela pourrait même favoriser une mortalité prématurée. Ce 13 octobre pourrait signer un mea culpa scientifico-journalistique. Le fait de rester assis ne serait pas si dangereux que cela, expliquent les auteurs d'une étude parue dans l’International Journal of Epidemiology. Les scientifiques n'ont en effet pas retrouvé d'association entre position assise et surmortalité.

 

Une faille mise à jour

De solides travaux permettent de parvenir à cette conclusion : une cohorte de 3 720 hommes et 1 412 femmes suivis pendant 16 ans. Avec des questionnaires réguliers, ils ont fourni des informations sur le temps qu’ils ont passé assis dans quatre configurations particulières : au travail, sur leur temps de loisirs, devant la télévision, et sur leur temps de loisirs hors télévision. Les volontaires ont également signalé combien de temps ils marchaient chaque jour – ce qui inclut les déplacements dans les transports en commun – et leur activité physique sportive (modérée à intense).

Les conclusions ne laissent aucun doute : il n’existe aucun lien entre le temps passé assis et une surmortalité au cours du suivi. Un résultat qui contredit à première vue les nombreux travaux précédents, selon lesquels la sédentarité favoriserait la survenue de maladies métaboliques et cardiovasculaires. Mais ce n’est pas tout à fait le cas. Cette publication souligne en fait un possible biais des précédentes recherches : le fait d'avoir limité la sédentarité à la station assise.

Des bureaux assis-debout pas si bénéfiques

« Les décideurs politiques doivent être prudents lorsqu’ils recommandent une réduction du temps passé assis sans promouvoir une augmentation de l’activité physique. Notre étude contredit la pensée actuelle concernant les risques de la station assise, et indique que le problème réside dans l’absence de mouvement plus que dans le temps passé assis lui-même, éclarcit le Dr Melvyn Hillsdon, co-auteur des travaux. Toute posture stationnaire qui induit une faible dépense d’énergie peut être mauvaise pour la santé, qu’elle soit assise ou debout. » Aux yeux de ce chercheur, les bureaux assis-debout, très en vogue dans les espaces de travail sédentaires, ne seraient donc pas si bénéfiques que cela… à moins qu’ils ne s’accompagnent d’un mouvement régulier, comme ceux proposant un tapis de marche.

« Nos résultats suggèrent que réduire le temps passé assis n’est pas forcément aussi important dans le risque de décès prématuré que ce qu’on pensait, et qu’encourager les gens à être plus actifs doit toujours être la priorité pour la santé publique », estime le Dr Richard Pulsford, co-auteur de l’étude.

Cependant une faiblesse émerge dans le profil de cette cohorte : les participants sont globalement plus actifs que lla population générale. En effet, ces travailleurs londoniens restent plus souvent debout dans les transports en commun et doivent plus souvent marcher pour rallier leur domicile et leur lieu de travail. Un effet protecteur pourrait donc apparaître. Une conclusion qui pourra toujours consoler les millions de Franciliens qui, chaque jour, ne parviennent pas à trouver une place assise pour effectuer leur long trajet en métro, RER ou bus.

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