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QUESTION D'ACTU

En Afrique subsaharienne

Le paludisme prolifère autour des barrages

Selon l'OMS, 198 millions de personnes seraient atteintes de paludisme. Une récente étude montre que la construction de barrages en Afrique subsaharienne pourrait aggraver ce bilan.

Le paludisme prolifère autour des barrages Liz Gregg / Mood Board /REX/SIPA

  • Publié 16.09.2015 à 18h47
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Le développement économique a un prix. Sur le continent africain, des milliers de barrages ont été construits sur les fleuves et les rivières au cours des dernières décennies, avec à la clé une meilleure irrigation des cultures, un système d'éléctricité plus performant, ou un meilleur accès à l'eau potable.

 

Des barrages et des moustiques

Néanmoins, ces installations ont parfois eu des conséquences non escomptées sur les populations locales. C'est d'ailleurs ce que souligne une étude publiée dans le Malaria Journal au début du mois, qui établit pour la première fois un lien entre ces barrages et l'augmentation du nombre de cas de malaria (ou paludisme) dans la région où ils sont construits.

En effet, les moustiques Anopheles, porteurs des parasites du genre Plasmodium responsables de la maladie, se reproduisent dans des sources d'eaux stagnantes. On retrouve quantité de ces points d'eau sur les berges aux abords des barrages.

Les chercheurs ont d'abord établi la localisation de 1 268 barrages déjà bâtis, et de 78 autres actuellement en construction. Dans chaque région déterminée, ils ont analysé les données de santé dont ils disposaient au sujet de la population vivant dans un périmètre de 9 km autour du barrage. Ce travail leur a permis de calculer le taux d'infection des habitants par le parasite Plasmodium falciparum, en fonction de leur proximité au barrage.

Afin d'apporter plus de poids à un lien qui peut s'apparenter à une simple corrélation, l'équipe a comparé ces résultats avec les conclusions de 11 autres études épidémiologiques effectuées au niveau de barrages. 

 

1 million de cas par an

D'après les estimations de l'équipe de scientifiques, menée par le Dr Solomon Kibret, la relation entre la présence de barrages et l'augmentation du nombre de cas est frappante.

15 millions de personnes vivraient à moins de 5 km des barrages étudiés et plus d'un million de cas diagnostiqués tous les ans seraient liés aux populations de moustiques ayant proliférés près de ces installations.
Les 78 installations en construction pourraient être responsables de 56 000 cas supplémentaires une fois construites, étant donné l'état de santé des populations et les caractéristiques des régions concernées. 

 

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Revoir les projets de développement

Le Dr Kibret estime donc que les projets de constructions n'ont pas été préparés en prenant en compte tous les désagréments qui pouvaient affecter les habitants. « La population à risque est près de quatre fois plus importante que ce que l’on avait estimé auparavant », souligne le Dr Kibret.

Malgré leurs bénéfices économiques et énergétiques, cette étude montre que le coût des barrages en matière de santé est important. Il peut sur le long terme affecter le développement des pays. De quoi pousser les organisations qui établissent les projets de développement en Afrique à passer plus de temps à évaluer les conséquences sociales et sanitaires des barrages sur la population locale.

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