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Sur une Américaine

Erreur médicale : 40 ganglions retirés à cause d'un tatouage

Une femme s'est fait retirer à tort des ganglions à la suite d'un cancer de l'utérus. Les médecins ont pris l'encre ayant servi à ses tatouages pour des cellules tumorales.

Erreur médicale : 40 ganglions retirés à cause d'un tatouage Philip Oldham/COLORSPORT/SIPA

  • Publié 18.08.2015 à 18h15
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C’est l’un des effets insoupçonnés du tatouage : il peut fausser des diagnostics médicaux. La revue Obstetrics & Gynecology se fait l’écho d’un cas clinique survenu dans un hôpital californien, aux Etats-Unis, chez une femme de 32 ans prise en charge pour un cancer de l’utérus.

Au cours d’une consultation destinée à surveiller la progression de sa « maladie », la patiente a dû passer un PET-scan. Cet examen consiste à injecter du FDG (fluoro-désoxy-glucose) dans l’organisme, un produit radioactif qui se fixe sur les cellules tumorales ou inflammatoires.

40 ganglions retirés pour rien

L’examen laisse alors apparaître deux zones de deux centimètres de diamètre, de chaque côté du bas-ventre de la patiente. Les médecins concluent à une migration des cellules cancéreuses vers les ganglions lymphatiques. Situés au niveau des coudes, de l'aine, de l'abdomen et de la poitrine, du cou et des aisselles, ces ganglions ont un rôle clé dans le fonctionnement du système immunitaire, puisqu’ils produisent les anticorps permettant de lutter contre les infections.

Les médecins craignent le pire : la formation de deux tumeurs. Ils emploient les grands moyens et décident de mener une intervention chirurgicale, au cours de laquelle ils retirent quarante ganglions lymphatiques, qu’ils supposent atteints par les cellules cancéreuses. Sauf qu’après l’ablation, l’analyse révèle l’absence totale de cellule tumorale, et la présence d’un élément inattendu sur les ganglions : de l’encre de tatouage, qui a faussé tout le diagnostic.

« Dans le cas de tatouages permanents, les pigments colorés peuvent migrer via les vaisseaux lymphatiques jusque dans les ganglions, écrit le médecin qui a opéré cette patiente. Il est essentiel que les patients tatoués avertissent les médecins avant même le début d'un traitement, pour éviter les méprises de ce genre ! »

"Ganglions noirs"

En effet, la patiente possédait douze tatouages colorés sur la jambe. Le praticien n’a pas fait le lien dès les premiers instants. Pourtant, ce cas de figure serait relativement courant, précise à Pourquoidocteur le Dr Jean-Luc Rigon, secrétaire général du Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues. « Il est très courant de se retrouver avec des ganglions noirs ! explique-t-il. Dans ces cas-là, il y a de bonnes chances pour que ce soit un mélanome. La seule manière de le savoir, c’est de pratiquer une biopsie ».

De fait, l’ablation des quarante ganglions aurait pu être évitée en analysant un seul d’entre eux. Mais au-delà de la bévue médicale, que plus d’un médecin aguerri aurait pu commettre, cette étude clinique rappelle qu’aucun tatouage n’est anodin, notamment parce que les encres migrent, comme tout élément extérieur que l’on introduit dans son organisme.

« On ne connaît pas le devenir des encres dans le corps »

« C’est d’autant plus alarmant que l’on ignore tout de ce que contiennent les encres à tatouage, souligne Jean-Luc Rigon. Certaines études ont montré la présence de dérivés de goudron… Il peut s’agir des mêmes encres destinées à colorer les tableaux de bord des voitures ou les plastiques des valises ! ». L’organisme, lui, « fait le ménage » – d’où le fait que les tatouages pâlissent avec le temps. « Mais en réalité, on ne connaît pas le devenir des encres dans notre corps », conclut le dermatologue. 

 

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