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QUESTION D'ACTU

3,2 millions de morts par an

La pollution de l'air tue plus que le sida et le paludisme !

Une étude nord-américaine a démontré qu'en réduisant la concentration de particules fines dans l'air, plus de 750 000 décès, dans le monde, pourraient être évités.

La pollution de l'air tue plus que le sida et le paludisme ! REX/REX/SIPA

  • Publié 17.06.2015 à 23h17
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La pollution de l’air est plus meurtrière que le sida et le paludisme réunis. C’est ce qu’il ressort d’une étude menée par des chercheurs nord-américains (Etats-Unis et Canada). D’après les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2010, la pollution de l’air par les particules fines a tué 3,2 millions de personnes, et plus de 70 % de ces morts surviennent en Asie.
Le sida et le paludisme sont, quant à eux, responsables respectivement de la mort d'1,5 million et d'1,2 million de personnes. Les auteurs de cette étude ont publié leurs résultats dans la revue Environmental Science and Technology.


Une concentration supérieure à 10 microgrammes par litre d’air

Les chercheurs ont développé un modèle informatique capable de faire un lien entre les taux de particules fines et la démographie mondiale. Ils se sont notamment concentrés sur les particules fines d’une taille inférieure à 2,5 microns (PM2,5). Ces dernières sont principalement issues des gaz d’échappement automobile ou encore des émissions de gaz produites par l'industrie. Dans les pays à bas revenus, les particules fines sont essentiellement produites par des poêles à charbon ou au bois dans les habitations pour cuisiner et se chauffer.

L’OMS recommande que les concentrations de particules fines ne dépassent pas les 10 microgrammes par litre d’air. Or, la majorité de la population mondiale vit au-dessus de ces normes. La Chine et l’Inde font même office de cancres ; dans certaines parties de ces deux pays (au nord de l’Inde et à l’est de la Chine), ces concentrations dépassent les 100 microgrammes.

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Réduire de 68 % la densité de particules

En les inhalant, ces particules fines en suspension dans l’air se déposent profondément dans les poumons, ce qui accroît le risque cardiaque, d'accident vasculaire cérébral et de maladies pulmonaires, comme le cancer. Pour Joshua S. Apte, auteur principal de l’étude, le modèle informatique élaboré par les chercheurs « pourrait aider à concevoir des stratégies pour protéger la santé publique ».

Selon les analyses, la Chine et l’Inde devraient diminuer, en quinze ans, de 68 % la densité de microparticules par rapport à 2010. Mais, toujours d’après les chercheurs, si le niveau de pollution atmosphérique ne changeait pas, la mortalité augmenterait de 21 % en Inde et 23 % en Chine. En cause : le vieillissement de la population qui rend vulnérables les personnes aux maladies liées à la pollution.
Pour réduire la mortalité due à la pollution, l’équipe de recherche préconise que « des mesures drastiques » soient prises rapidement pour atteindre les 10 microgrammes/litre d’air. En effet, 750 000 décès pourraient ainsi être évités dans le monde chaque année si les normes de pollution de l’air préconisées par l’OMS étaient respectées.

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