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QUESTION D'ACTU

Rapport de l’OMS

Pollution de l’air : 9 citadins sur 10 y sont exposés

L’air est pollué, surtout dans les villes, mais tout n’est pas perdu. Dans un rapport, l’Organisation Mondiale de la Santé souligne le rôle clé des municipalités dans la lutte contre la pollution.

Pollution de l’air : 9 citadins sur 10 y sont exposés A Paris, la tour Eiffel a " disparu " lors du dernier pic de pollution ( Stephane Bisseuil/Francol/SIPA)

  • Publié 08.05.2014 à 08h00
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Un air propre en ville, ce n’est une réalité que pour 12% des citadins. Dans sa dernière analyse, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) livre un constat plutôt pessimiste : la moitié des 1 600 municipalités de la base de données dépasse de plus de deux fois le seuil de sécurité fixé par l’agence de l’ONU.

 

Chauffage et transports sont coupables

« Aujourd’hui, trop de centres urbains sont tellement plongés dans la pollution que leur ligne d’horizon est invisible », déplore le Dr Flavia Bustreo, assistante au Directeur-Général pour la Famille et la Santé des enfants et des femmes à l’OMS. La ville de Peshawar au Pakistan est présentée comme la plus polluée. Les principaux coupables sont les centrales électriques à charbon, les moyens de transport privés et le chauffage. Une exposition à la pollution aérienne sur le long terme présente de gros risques pour la santé : maladies respiratoires et cardiaques, mais aussi cancers. D’ailleurs, en octobre dernier, l’OMS a classé l’air extérieur comme « cancérigène certain. » Dans ce dernier rapport, elle pointe les villes des régions Afrique et Est méditerranéen comme les mauvais élèves.

 

Si la tendance globale est au pire, certaines villes se distinguent par leurs initiatives pour améliorer la situation. « Un grand nombre de villes et de communautés dans le monde font des efforts pour mieux répondre aux besoins de leurs résidents – en particulier les enfants et les personnes âgées », souligne le Dr Bustreo. C’est d’ailleurs dans les mains des municipalités que l’OMS place les clés du succès. Avec raison, puisque les décisions à petite échelle s’avèrent souvent couronnées de succès.

 

Saint-Denis : modèle français

Dans ce rapport, deux villes se distinguent par leurs succès : « Des villes comme Copenhague [Danemark, ndlr] ou Bogotá [Colombie, ndlr] ont, par exemple, amélioré la qualité de leur air par la promotion du « transport actif » et en privilégiant des réseaux de transports publics dédiés à la marche et au cyclisme », précise le Dr Maria Neira, Directrice de la Santé publique, de l’Environnement et des Déterminants sociaux pour la santé. En France, Marseille (Bouches-du-Rhône) se distingue comme la ville la plus polluée : en 2011, l’exposition annuelle aux particules fines de 10 microns (PM10) était de 35 µg/m3. Loin devant Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ville à l’air le plus sain du pays avec une moyenne de 14 µg/m3 de PM10. Paris, célèbre pour ses pics de pollution, s’équilibre entre les deux avec en moyenne 24 µg/m3.

 

Interdiction du chauffage au charbon, promotion des énergies renouvelables ou propre, urbanisme en faveur des déplacements propres… les modes d’actions à l’échelle d’une ville sont multiples. « On ne peut pas acheter de l’air propre en bouteille », reconnaît le Dr Carlos Dora, Coordinateur des Interventions pour un Environnement sain à l’OMS, « mais les villes peuvent adopter des mesures qui vont assainir l’air et sauver les vies de leurs habitants. Nous pouvons gagner le combat contre la pollution atmosphérique et réduire le nombre de personnes souffrant de maladies respiratoires, cardiaques mais aussi de cancer du poumon. » Une politique de dépollution efficace peut même rayonner dans la région voisine, signale l’OMS.

 

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