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Plus de 10 000 morts

Ebola : l'épidémie a été trop sous-estimée, selon MSF

Un rapport de MSF revient sur les conséquences médicales de l’apathie de la « coalition de l’inaction » durant les premiers mois de l'épidémie Ebola en Afrique de l'Ouest.

Ebola : l'épidémie a été trop sous-estimée, selon MSF Christopher Black/AP/SIPA

  • Publié 23.03.2015 à 23h13
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« Poussés au-delà de nos limites », c'est le titre du dernier rapport de Médecins Sans Frontières (MSF) dans lequel l'association publie une « analyse critique » de la riposte mondiale au virus Ebola, un an après l’apparition de l’épidémie la plus meurtrière de l'histoire pour cette pathologie.Les humanitaires reviennent sur une gestion calamiteuse de la crise,  notamment à cause de la faiblesse de la réponse internationale apportée par les différentes autorités sanitaires lors des premiers mois.

5 000 personnes prises en charge par MSF
Ce travail repose sur des entretiens réalisés avec des dizaines de membres du personnel qui ont été impliqués dans la gestion de l’épidémie sur le terrain. Il décrit les toutes premières mises en garde de l’Organisation, il y a juste un an, quand l’épidémie se répandait dans toute la Guinée, le déni des gouvernements des pays touchés alors qu’elle s’étendait progressivement à toute la région et la mise en place par MSF d’un « projet médical unique par son ampleur en raison de l’inaction des autres acteurs. »

Au cours de cette période, ce sont donc plus de 1 300 membres du personnel international et 4 000 membres du personnel national qui ont été déployés en Afrique de l’Ouest, où ils ont pris en charge près de 5 000 personnes atteintes d'Ebola. Contacté par Pourquoidocteur, le Dr Jean-Clément Cabrol, directeur des opérations à MSF, atteste néanmoins que ces effectifs d'humanitaires n'étaient pas suffisants. Le bilan humain de l'épidémie a, en effet, été terrible.

Dr Jean-Clément Cabrol, directeur des opérations à MSF : « On parle aujourd'hui à peu près de 10 000 morts sur les 25 000 cas. Et en réalité il y en a plus car on n'a pas encore comptabilisé les victimes...»


L'OMS pas à la hauteur de l'enjeu
Et cette épidémie d'une ampleur sans précédent a des causes. Le rapport revient ainsi sur les conséquences médicales de l’apathie de la « coalition de l’inaction ». MSF l'a dénoncé durant plusieurs mois début 2014, période pendant laquelle le virus a justement disposé de temps pour se propager, obligeant l'Organisation « à faire appel à la mobilisation de matériel médical, civil et militaire et à des moyens de réponse spécifiques aux catastrophes biologiques. »
A ce sujet, l'association critique notamment l'attitude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui, par le biais de son responsable de la communication à Genève, « a été la première organisation à mettre en doute la déclaration de MSF, arguant que la dynamique virale ne diffère pas de celle des épidémies antérieures et n’est pas non plus sans précédent. » « Par la suite, elle n'aura de cesse de minimiser l’ampleur de l’épidémie en insistant sur le fait qu’elle est sous contrôle et en accusant MSF de provoquer inutilement la panique », écrivent ces humanitaires dans un communiqué de presse.

Dr Jean-Clément Cabrol : « Le retard de l'OMS ou d'autres est en lien avec une forme de déni. Non pas de l'épidémie mais de son importance. Même lorsqu'on a dit qu'elle était hors de contrôle l'OMS n'a pas voulu voir... »
 

Des tensions aux seins des équipes de soignants
Par ailleurs, le rapport revient également sur les choix difficiles que l'association a eu à faire en l’absence de moyens suffisants et de traitements efficaces de la maladie. Devant l’ampleur de la catastrophe, l'association raconte qu'elle a souvent dû se limiter à une pure gestion des dommages. « Incapables de répondre à tous les défis à la fois -le traitement des patients, la surveillance des nouveaux cas, l’enterrement des morts, entre autres activités- nous avons dû nous résoudre à des compromis. »

« Pendant la période la plus critique, les équipes de MSF étaient juste incapables d’admettre davantage de patients ou de donner les meilleurs soins possibles » se rappelle le Dr Joanne Liu, présidente de MSF International. « Cette expérience était traumatisante pour une organisation de médecins volontaires comme la nôtre. De nombreuses discussions, et parfois même, des tensions ont éclaté au sein même de MSF », reconnaît-elle.
En conclusion, elle appelle à intensifier la mobilisation car l'épidémie n'est pas encore terminée. Sierre Leone, et Libéria restent encore sous la menace. La Guinée, elle, connaît même une recrudescence du nombre de patients atteints par Ebola.

Dr Jean-Clément Cabrol, directeur des opérations à MSF : « On a vu la difficulté en urgence à faire avancer la recherche médicale autour de traitements, de vaccins, ou même de diagnostics rapides... »






 

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