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L'avis de l'experte

Limites du Nutri-Score: "il ne tient pas compte de l'ultra-transformation des aliments"

De plus en plus présent sur les rayons des supermarchés, le Nutri-Score vise à éclairer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des produits qu'ils achètent, afin qu'ils aient l'alimentation la plus équilibrée possible. Néanmoins, Hélène Lemaire, diététicienne nutritionniste, estime que ce logo possède plusieurs limites. Entretien.

Limites du Nutri-Score: \ Bihlmayer Fotografie

  • Publié le 20.07.2021 à 08h00
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- Mieux Vivre Santé : En quoi le Nutri-Score consiste-t-il ?

Hélène Lemaire : Cela faisait plusieurs années que le gouvernement cherchait à faire manger le mieux possible les Français, donc il a mis en place le Nutri-Score en 2017. C'est un logo que l'on peut trouver sur les emballages de certains produits pour que le consommateur soit informé de leur qualité nutritionnelle, à l'aide d'une échelle de cinq lettres, allant de A à E. Elles sont attribuées en fonction de la teneur des produits en nutriments qu'il faut privilégier, comme les fibres et les protéines, et en nutriments à éviter, tels que les acides gras saturés, le sel et le sucre.

- Quelles-sont ses limites ?

Ce qui me dérange, c'est que le Nutri-Score ne s'applique qu'aux produits industriels : quand on achète des carottes au marché ou du pain en boulangerie, on ne trouve pas ce logo. C'est le même problème avec les applications qui ont suivi, pour scanner les aliments. Je le vois avec mes patients : le Nutri-Score les incite à consommer des produits à code-barres, donc industriels. Certains m'ont même dit être passés du pain complet de boulangerie au pain de mie de supermarché, car le Nutri-Score de ce dernier était bon. 

L'autre limite, c'est qu'il ne tient pas compte de l'ultra-transformation des aliments, forcément synonyme d'additifs et de substances nocives pour la santé. Par exemple, Nestlé fait la publicité de ses céréales Chocapic en disant que, si le Nutri-Score avait existé en 2003, elles auraient obtenu un D, alors qu'elles sont notées B depuis 2020. Certes, la marque a ajouté des fibres dans sa recette, avec le recours au blé complet, et a réduit le sucre, les acides gras saturés et le sel, mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un aliment ultra-transformé, chauffé, extrudé. C'est incomparable aux flocons d'avoine ou au muesli maison. De la même manière, un enfant aura plus d'intérêt nutritionnel à manger des tartines de pain avec du beurre et du chocolat râpé.

- À l'inverse, existe-t-il des produits mal classés à tort ? 

Oui, les huiles. Le problème, c'est que, comme elles sont notées D ou E en raison de leur part de kilocalories et de lipides, certains n'en achètent pas, or une alimentation équilibrée doit en contenir. En somme, le Nutri-Score ne prend pas en compte les bienfaits globaux et n'a pas de recul sur l'assemblage des différents éléments dans l'alimentation. 

- Que recommandez-vous ?

De se dégager du Nutri-Score, de moins scanner ce que l'on mange, et d'arriver à consommer des produits sans code-barres, donc non transformés, que l'on prépare soi-même. Bien sûr, on ne peut pas tout cuisiner, au quotidien : c'est là que l'on devrait se baser sur le Nutri-Score, pour se dépanner. Par ailleurs, il est vrai qu'il permet aux clients des supermarchés de regarder peut-être davantage les étiquettes et de se rendre compte que certains produits sont plus gras ou plus sucrés.

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