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Efficaces, mais trop et mal prescrits

L'efficacité des antidépresseurs prouvée par une grande étude

Une étude vient de démontrer l’efficacité des antidépresseurs. Un résultat important qui va servir la HAS. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé sont une sorte de guide officiel de la médecine.  Pour la dépression nerveuse, la dernière version s’adresse en priorité aux professionnels de santé et plus particulièrement aux médecins de famille. C’est d’ailleurs le bon terme   tant le repérage de cette maladie, insidieuse et sans doute trop fréquente pour alerter, laisse à désirer.

L'efficacité des antidépresseurs prouvée par une grande étude tashatuvango/Epicura

  • Publié 25.02.2018 à 15h58
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Ce rappel pour des objectifs essentiels : certes améliorer la qualité de vie, des 350 millions de malades qui en souffrent à travers le monde, mais surtout prévenir le risque de suicide.  Rappelons qu’il y a 10 500 suicides et 200 000 tentatives chaque année en France. Ce qui en fait un vrai problème majeur de santé publique.

Les antidépresseurs viennent de démontrer leur efficacité

C’est un débat qui agite depuis longtemps les congrès de médecine ; l’efficacité réelle des antidépresseurs très (trop) prescrits par les psychiatres et surtout les médecins généralistes. Des chercheurs d’Oxford ont voulu en avoir le cœur net, et ont effectué ce que l’on appelle une « méta-analyse » ; c’est à dire qu’ils ont analysé, en commun et avec les mêmes critères, la plupart des études disponibles sur le sujet. En éliminant celles qui présentaient un vice de forme, en particulier celles trop marquées par l’industrie pharmaceutique.  Sans toutefois oublier totalement cet élément, puisque la plupart des études retenues (78%), ont bénéficié de son soutien.

L’intérêt de ces méta-analyse est de proposer un nombre de malades significatif ; ici Plus de 110 000 issus de 522 essais.
Plus efficace que le placebo

Dire qu’un médicament est efficace, nécessite une vérification très simple : être plus efficace que le placebo, dont on sait que c’est n’est pas un médicament, mais une substance inerte sans aucun effet.

21 antidépresseurs ont été ainsi été testés, mais avec une indication très précise : 8 semaines, c’est-à-dire pendant ce que l’on appelle la phase aigüe de la maladie,  chez des adultes de plus de 18 ans souffrant de dépression, sévère à modérée. Tous ces médicaments se sont révélés plus efficace que le placébo, sans beaucoup plus (voire moins !) d’effets secondaires. L’efficacité en revanche n’était pas la même, ce qui fournira des renseignements intéressants pour les médecins et leur choix entre ces produits.
Toutefois les résultats de cette étude ne sont  pas surprenants, car on sait depuis longtemps  que la dépression se soigne plutôt bien. Les médecins auront simplement meilleure conscience.

Traiter la dépression avec des antidépresseurs est donc une mesure qui s’impose et qui n’est pas toujours bien mise en place, laissant une situation plus délicate à traiter,  s’installer. En revanche ne pas moduler cette prescription dans le temps est une erreur que la HAS déplore

Les médecins prescrivent toujours trop d’antidépresseurs et d’anxiolytiques

C’est au niveau du traitement que les mauvais élèves sont les plus nombreux. En résumé on pourrait dire que les médecins ont la main lourde. Par exemple en cas de dépression légère les médicaments anti dépresseurs ne sont absolument pas justifiés.  C’est le domaine de prédilection de la psychothérapie. Avec un argument de défense de taille pour les médecins : le nombre insuffisant de psychothérapeutes disponibles devant le nombre impressionnant de malades que nécessiterait cette approche idéale. Et le manque de temps pour les médecins, pour faire le travail équivalent. Le recours au psychothérapeute a aussi l’avantage de ne pas avoir à prononcer le mot de psychiatre qui est toujours mal perçu, surtout dans notre pays.

Ces recommandations sont une mise au point qui s’imposait : Notre pays consomme trop de psychotropes, c’est à dire de médicaments contre les variations de l’humeur mais il y une confusion entre deux grandes familles.  Les antidépresseurs qui se proposent soigner la dépression nerveuse et les anxiolytiques dont le rôle est de calmer l’angoisse à court terme. Les deux sont sur-prescrits, les anxiolytiques encore plus que les antidépresseurs d’ailleurs.  La France est au cinquième rang mondial… Cela fait beaucoup trop de monde : environ 20% de la population suit un traitement antidépresseur.

L’exemple d’une prescription qui doit être intelligente

Pour une dépression réelle, diagnostiquée, ces médicaments ne sont pas miraculeux… juste indispensables. C’est pourquoi ils ne doivent pas être diabolisés mais prescrits à bon escient. La dépression nerveuse se soigne et c’est une perte de chance terrible de ne pas le faire correctement.

Car les effets secondaires – en dehors du coût qui est une des vraies raisons de la publication de ces recommandations – sont importants : somnolence ou au contraire, excitation, constipation, prise ou perte de poids, sécheresse de la bouche, baisse de tension, baisse de libido, difficultés sexuelles...  Ce que montre parfaitement cette méta-analyse. Une information importante pour les médecins.

Sans oublier le plus paradoxal des effets secondaires : au cours d'un épisode dépressif majeur, la prise d'un antidépresseur peut conduire la personne à trouver le courage de mettre fin à ses jours.

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