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Tendinites : des douleurs de surmenage ou de mauvaise utilisation
Tendinites : des douleurs de surmenage ou de mauvaise utilisation
Publié le 16.07.2018
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Tendinites : des douleurs de surmenage ou de mauvaise utilisation
Peerayot/iStock

Tendinites : DIAGNOSTIC

Comment faire le diagnostic de tendinite de l’épaule ?

Les douleurs de l’épaule sont très souvent liées à une tendinite d’un des muscles de la « coiffe des muscles rotateurs de l’épaule ». Il existe de nombreux muscles autour de l’épaule et seul un examen avec un médecin spécialisé permettra d’en faire le diagnostic précis, mais certains signes sont évocateurs.
Il faut vérifier qu’il ne s’agit pas d’une douleur projetée de la colonne cervicale au moignon de l’épaule ou à l’omoplate : dans ce cas, c’est la mobilisation de la colonne vertébrale dans les différents axes qui réveille la douleur, plus que la mobilisation de l’épaule.
Il faut de même éliminer une épaule complètement bloquée, ou « épaule gelée », qui relève d’un « syndrome douloureux régional complexe » ou « algoneurodystrophie » : une réaction neurovasculaire est à l’origine d’une rétraction de la capsule enveloppant l’articulation, qui devient trop serrée et ne permet plus les mouvements.
La tendinite de l’épaule se manifeste par des douleurs lors de l’élévation active latérale du bras, ou en rotation externe ou interne du bras. Cette douleur active contraste avec une absence de douleur lorsque l’on fait bouger passivement le bras habituellement douloureux, par exemple en laissant pendre le bras en position penchée en avant (comme un « battant de cloche »).
L’examen du médecin et l’échographie de la coiffe musculaire permettront de faire le diagnostic précis des tendons atteints. Il est important de traiter tôt ces tendinites et avant qu’elles évoluent vers la rupture du tendon parce qu’il est trop fragilisé.

Comment faire le diagnostic de tendinite du coude ?

Une tendinite peut toucher les tendons de différents groupes musculaires au coude : à la face antérieure, postérieure, extérieure ou interne du coude.
• A la face antérieure, il s’agit habituellement d’une tendinite du biceps qui est électivement déclenchée par la flexion contrariée de l’avant-bras sur le bras, mais il faut se méfier d’une possible compression d’un nerf au coude.
• A la face postérieure, il s’agit habituellement d’une tendinite du triceps qui est électivement déclenchée par l’extension contrariée de l’avant-bras sur le bras, mais il faut se méfier d’une possible compression d’une racine nerveuse (la 7e) au niveau du cou : la douleur est habituellement surtout déclenchée par les mouvements du cou et le réflexe tricipital est diminué (« névralgie cervico-brachiale »).
• A la face externe, en particulier chez le tennisman, il s’agit d’une tendinite des muscles épicondyliens ou « épicondylite » (ou « tennis elbow »). Les muscles épicondyliens sont des muscles extenseurs des doigts et rotateurs externes du poignet et la douleur est électivement déclenchée à l’extension contrariée des doigts et à la rotation externe contrariée du poignet. Il faut se méfier d’une possible compression d’une racine nerveuse (la 6e) au niveau du cou (la douleur est surtout déclenchée par les mouvements du cou).
• A la face interne, en particulier chez le golfeur, il s’agit d’une tendinite des muscles épitrochléens ou « épitrochléite ». Les muscles épitrochléens sont des muscles fléchisseurs des doigts et rotateurs internes du poignet et la douleur est électivement déclenchée à la rotation interne contrariée du poignet. Il faut se méfier d’une possible compression d’une racine nerveuse (la 5e) au niveau du cou (la douleur est alors surtout déclenchée par les mouvements du cou).

Comment faire le diagnostic de tendinite du poignet ?

• La tendinite la plus fréquente siège à la face externe du poignet, au niveau de la base du pouce, sur une pointe osseuse, « l’apophyse styloïde ». Il s’agit le plus souvent d’une « ténosynovite », c’est-à-dire une inflammation du tendon et de sa gaine synoviale. On l’appelle la « ténosynovite de De Quervain ». Cette ténosynovite concerne le tendon du long abducteur du pouce et le court extenseur du pouce qui sont chargés d’écarter le pouce du reste de la main. Cette ténosynovite s’accompagne fréquemment d’une inflammation locale importante et est électivement réveillée à la palpation ou à l’écartement contrarié du pouce. Il ne faut pas la confondre avec une atteinte articulaire de la base du pouce (articulation trapézo-métacarpienne) et en particulier une « rhizarthrose du pouce » en poussée.
• Des tendinites peuvent se voir à la face antérieure du poignet avec la tendinite du petit palmaire qui est réveillée à la flexion contrariée du poignet.
• On peut aussi observer une tendinite du bord interne du poignet avec une atteinte du tendon cubital postérieur.
• Les ténosynovites des extenseurs des doigts à la face dorsale du poignet sont plus rares.

Comment faire le diagnostic de tendinite de la hanche ?

Une douleur de la face externe de la hanche peut être le signe d’une « tendinite du moyen fessier ».
Il faut toujours éliminer une sciatique par irritation de la racine L5 qui, quand elle est tronquée, donne également une douleur limitée à la face externe de la cuisse lors des efforts. Mais en cas de sciatique tronquée L5, la douleur est surtout réveillée à la mobilisation du rachis, alors que dans la tendinite du moyen fessier, c’est le passage en position debout, la marche (surtout dans les escaliers), l’appui sur une seule jambe et l’écartement contrarié de la jambe, qui réveillent électivement la douleur.
Cette tendinite peut s’accompagner d’une « bursite du moyen fessier » qui est une inflammation de la bourse qui protège le tendon du moyen fessier de l’os de la hanche (le trochanter).

Comment faire le diagnostic de tendinite du genou ?

Les douleurs tendineuses du genou doivent toujours faire éliminer au préalable une douleur liée à une atteinte des ménisques, à l’aide des manœuvres méniscales qui reproduisent la douleur électivement lors de la mise en compression de la zone malade du ménisque.
• Une douleur antérieure du genou peut faire évoquer une « tendinopathie quadricipitale » (au-dessus de la rotule »)ou « rotulienne » (sous la rotule), fréquente chez la personne jeune et sportive. Elle traduit une atteinte de l’appareil extenseur du genou. Son diagnostic est clinique et se caractérise par un réveil douloureux à la pression du pôle supérieur de la rotule (tendinopathie quadricipitale) ou de la pointe de la rotule (tendinopathie rotulienne), ainsi qu’à l’extension contrariée du membre inférieur. Elle doit faire éliminer au préalable une arthrose débutante entre la rotule et le fémur dont la douleur reste présente à la mobilisation passive et lors de la mobilisation de la rotule à la main sur un genou en extension.
Une « bursite pré-rotulienne » (ou « hygroma ») peut apparaître à la face antérieure du genou et se traduit par un gonflement extra-articulaire à type de tuméfaction tendue à la face antérieure de la rotule, et qu’il faut bien différencier d’une arthrite du genou (pas de « choc rotulien » à l’examen clinique). En effet, elle peut être infectieuse et il convient de l’éliminer avant toute ponction articulaire, afin de ne pas infecter l’articulation du genou.
• La « tendinite de la patte d’oie » (ou des « muscles ischiojambiers ») se traduit par une douleur d’insertion de la patte d’oie, sur la face antéro-interne du tibia, en dessous de l’interligne articulaire. Elle est reproduite à la flexion contrariée du genou permettant un diagnostic clinique.
• La tendinopathie du « tenseur du fascia lata » (ou « syndrome de la bandelette ilio-tibiale ») est fréquemment observée chez les coureurs de fond. Elle se traduit par une douleur de la face externe du genou déclenchée au bout d’une certaine distance de course. Favorisée par le frottement du tenseur du fascia lata sur un tubercule osseux sur le condyle externe du genou lors de l’extension du genou (tubercule de Gerdi), la douleur est reproduite à un moment précis de l’extension, réalisant le signe caractéristique « de l’essuie-glace ».
• Des douleurs postérieures du genou peuvent correspondre à une atteinte de l’insertion des muscles biceps à la partie externe ou demi-tendineux et demi-membraneux à la partie interne. Ces douleurs ne doivent pas être confondues avec une douleur liée à un « kyste poplité », satellite d’une arthrose ou d’une arthrite du genou. Il s’agit du gonflement d’une extension de la capsule articulaire qui fait poche et qui se remplit de liquide synovial.

Comment faire le diagnostic de tendinite du pied ?

• La « tendinite d’Achille » est la tendinite la plus fréquente du pied. Elle est surtout observée chez les coureurs de fond. Elle se traduit par des douleurs postérieures de cheville, dans le corps du tendon. La douleur est provoquée par l’étirement passif du tendon lors de la dorsiflexion du pied sur la jambe et par la contraction contre résistance du triceps sural (mise sur la pointe des pieds). La palpation de nodules dans le corps du tendon est possible en cas d’atteinte chronique. Il faut éliminer une rupture du tendon en compressant le corps du muscle du mollet (la personne étant à plat ventre avec les pied qui dépassent du lit) : en cas de rupture, il n’y a pas de flexion plantaire du pied. Le diagnostic est clinique mais peut être confirmé par une échographie qui appréciera le type de tendinopathie et éliminera une éventuelle rupture partielle du tendon.
• Une « bursite rétro-calcanéenne » ou « pré-achilléenne » peut se voir, en particulier en cas d’hypertrophie postérieure de l’os du talon, le calcanéum, dont le coin postéro-supérieur peut être agressif pour le tendon (« maladie de Haglund »). Cette bursite d’observe également au cours de différentes maladies inflammatoires, dont la spondylarthrite. L’échographie ou l’IRM pourront apporter une aide.
• D’autres tendons du pied peuvent être atteints : releveurs des orteils à la face antérieur du pied lors d’un conflit avec la chaussure, péroniers latéraux et tendon tibial postérieur en cas d’anomalie de l’appui du pied.

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