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Rhumatisme psoriasique : potentiellement très destructeur
Rhumatisme psoriasique : potentiellement très destructeur
Publié le 26.11.2018
Mise à jour 01.12.2018
Rhumatisme psoriasique : potentiellement très destructeur
© 123RF-Dmitry Lobanov

Rhumatisme psoriasique : TRAITEMENT

Quel est le traitement d’un rhumatisme psoriasique ?

Le traitement médicamenteux du rhumatisme psoriasique consiste essentiellement à réduire l’inflammation des articulations ou des enthèses afin de soulager le malade et de prévenir l’installation éventuelle de lésions permanentes. La pierre angulaire de ce traitement est la prise d’un traitement dit « de fond » basé sur la prescription de médicaments « antirhumatismaux à action lente » (ARAL).
Mais, pour soulager les malades, on utilise souvent les traitements de fond (qui agissent en plusieurs semaines) en association avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et des corticostéroïdes (ou corticoïdes), surtout sous forme d’injections intra-articulaires ou des enthèses pour ces derniers. Les AINS et les corticoïdes atténuent l’inflammation mais ils n’ont aucun effet sur l’évolution de la maladie sur le long terme. Le traitement de fond est basé sur 3 molécules de synthèse et désormais sur les agents biologiques ou « biothérapies ».
• Les traitements de fond de synthèse sont légèrements différents de ceux de la polyarthrite rhumatoïde et sont surtout efficaces dans les formes articulaires du rhumatisme psoriasique. Il s’agit du méthotrexate, qui peut être pris sous forme orale ou injectable, à la dose de 15 à 25 milligrammes par semaine, du leflunomide en comprimé, à la dose de 10 à 20 milligrammes par jour, et de la salazopyrine en comprimés, à la dose de 2 à 3 grammes par jour. La prise de méthotrexate doit être associée à une supplémentation en acide folique (dont la prise hebdomadaire est décalée par rapport à celle du méthotrexate) pour réduire les effets secondaires du méthotrexate. Certains traitements de fond utilisés dans la polyarthrite rhumatoïde sont de peu d’efficacité et risquent d’entraîner des accidents au cours du rhumatisme psoriasique : c’est le cas de l’hydroxychloroquine et des sels d’or.
• Les traitements biologiques « classiques » ont été inaugurés par les biothérapies anti-TNF qui ont révolutionné le traitement des formes graves de psoriasis et de rhumatisme psoriasique, mais aussi de polyarthrite rhumatoïde et de spondyloarthrite. Différents anti-TNF existent pour traiter le rhumatisme psoriasique (anticorps monoclonaux ou protéines de fusion anti-TNF). Leur administration est généralement réalisée en association au méthotrexate (sauf pendant la grossesse). Ce sont les mêmes biothérapies qui sont utilisées dans la polyarthrite rhumatoïde. L’expérience que les médecins en ont est bonne et elles permettent de prévenir les lésions articulaires. Mais elles font courir principalement un risque d’infection et elles ne doivent pas être prescrites en cas d’antécédents récents de cancer ou de maladie démyélinisante du système nerveux.
• Plus récemment, des biothérapies ciblant une cible plus spécifique du psoriasis que le TNF, ont été mises à disposition. Ce sont essentiellement les anticorps anti-IL12/23 et anti-IL17-A (qui sont sous forme injectable) et un inhibiteur de la phosphodiestérase-4 (qui est sous forme orale).
Ces molécules ont démontré une efficacité importante sur le psoriasis cutané et sur le rhumatisme psoriasique et certaines ont été comparées aux anti-TNF et pourraient avoir une supériorité d’action, au moins pour la maladie de la peau.
• Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) permettent d’atténuer la douleur et l’inflammation causées par les arthrites et les enthésites. Ils ne contiennent pas de stéroïdes, ce qui explique le qualificatif « non stéroïdiens ». Ces médicaments atténuent les douleurs, mais n’ont aucun effet démontré à long terme sur les processus à l’origine des lésions articulaires. Ils sont donc prescrits « à la demande » ou « en continu » selon l’importance des douleurs. Le soulagement est généralement obtenu en quelques heures et si les effets ne sont pas ressentis dans les deux ou trois premières semaines, il faudra probablement faire l’essai de plusieurs médicaments de cette catégorie pour déterminer celui qui convient le mieux, car les effets varient d’une personne à l’autre.
Les brûlures d’estomac, les crampes d’estomac et les nausées sont les effets indésirables les plus fréquents des AINS. Les AINS peuvent également augmenter le risque d’ulcères et d’hémorragies, ce qui peut imposer la prescription conjointe d’antiulcéreux chez certains malades. Les Coxibs, ou inhibiteurs sélectifs de la COX-2, sont une catégorie d’AINS conçus pour réduire le risque d’ulcères gastro-intestinaux et d’hémorragie mais, bien que les Coxibs soient moins nocifs pour l’estomac, ils exposent quand même aux mêmes effets indésirables digestifs hauts que les autres AINS. Tous les AINS peuvent causer une rétention d’eau dans le corps (œdème) et élever la tension artérielle ou précipiter l’insuffisance cardiaque ou rénale chez certaines personnes. Un risque coronarien faible a été associé à la prise chronique sur le long terme des AINS.
• Les corticoïdes, aussi appelés « corticostéroïdes de synthèse », sont l’un des traitements les plus efficaces et les plus rapides sur l’inflammation articulaire. Les corticoïdes peuvent être pris par voie orale ou surtout administrés par injection directe dans une articulation ou une enthèse. Les corticoïdes sont souvent utilisés comme traitement provisoire pour maîtriser l’inflammation en attendant que les traitements de fond commencent à faire effet. Ils agissent rapidement (d’ordinaire en quelques jours), et certaines personnes se sentent déjà mieux quelques heures après avoir reçu leur première dose. Pour réduire les effets indésirables des corticoïdes au minimum, les médecins les prescrivent aux plus faibles doses possibles et pour la plus courte période nécessaire. Les doses varient grandement et sont établies en fonction de la maladie et des objectifs du traitement.

Faut-il traiter la maladie de peau associée ?

La plupart des traitements de fond du rhumatisme psoriasique sont efficaces sur les lésions de psoriasis cutanés et les rhumatismes psoriasiques et certains ont une autorisation des autorités de santé pour les 2 maladies.

Quand faut-il se faire opérer ?

L’intervention chirurgicale est une option à envisager quand la dégradation articulaire et la perte fonctionnelle deviennent importantes. À un stade avancé du rhumatisme psoriasique, lorsque les traitements de fond ont échoué ou ont été mis en route trop tard, la chirurgie peut être utile. Une opération ou la mise en place d’une prothèse articulaire peut diminuer la douleur et accroître la mobilité et la capacité fonctionnelle. Il faut toutefois souligner que la chirurgie n’a aucun effet sur l’inflammation qui est liée à l’auto-immunité.

Peut-on prendre des médecines parallèles ?

Une maladie chronique comme le rhumatisme psoriasique peut être très difficile, en particulier si les médicaments prescrits ne semblent pas avoir une efficacité complète. Face à une telle situation, il peut être tentant d’explorer toutes les solutions possibles pour améliorer le traitement de la douleur.
Certains malades souffrant de rhumatisme psoriasique se tournent donc vers les médecines alternatives (ou parallèles), c’est-à-dire des formes de traitement qui n’entrent pas dans le cadre de la médecine classique, par exemple la naturopathie, les herbes médicinales, l’acupuncture et la méditation.
Il faut toutefois savoir que ces méthodes ne peuvent pas remplacer les traitements médicamenteux et qu’elles ne peuvent qu’être associées au traitement classique. De plus, avant d’essayer une médecine alternative ou parallèle, il faut toujours en parler au médecin pour vérifier que cela ne posera aucun problème pour le traitement classique.

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