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Etude de l’hôpital Cochin

Endométriose : la maladie aggrave le risque de fausse-couche

Une femme atteinte d'endométriose sur trois est victime de fausse couche, contre 12 % en population générale. C'est le résultat d'une étude menée auprès de 750 femmes.

Endométriose : la maladie aggrave le risque de fausse-couche b.zyczynski/epictura

  • Publié 04.05.2016 à 14h57
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Les souffrances sont nombreuses pour les femmes qui souffrent d'endométriose. Les douleurs pelviennes sont bien connues, tout comme le risque d'infertilité. Ces patientes sont aussi plus exposées aux fausses-couche. Une équipe de l'hôpital Cochin (Paris) vient de le démontrer. Elle publie ses conclusions dans l’édition de mai de la revue Human Reproduction.

L’équipe du Pr Charles Chapron a examiné les questionnaires préopératoires de 750 femmes suivies au service de gynécologie pour une intervention bénigne. A l’occasion de l’opération, 284 d’entre elles ont été diagnostiquées endométriosiques. Les questionnaires qu’elles avaient remplis mentionnaient notamment si elles étaient déjà tombées enceintes, si elles avaient subi une fausse couche ou une infertilité ou si elles avaient eu recours à une fécondation in vitro.

10 points de pourcentage d'écart

La double peine semble bien se confirmer pour les patientes atteintes d’endométriose. 
29 % d’entre elles sont victimes d’un avortement spontané contre 19,4 % dans le groupe qui ne présentait pas cette maladie inflammatoire. « Nous avons mis clairement en évidence l’existence d’un sur-risque de fausse couche précoce au premier trimestre de grossesse en cas d’endométriose », estime le Dr Pietro Santulli, qui signe cette publication.

Mais les recherches ne se sont pas arrêtées là. Les chercheurs ont réalisé une seconde analyse, après avoir écarté des facteurs pouvant biaiser les résultats, comme la présence d’une infertilité par le passé. 19,6 % des femmes endométriosiques sont alors victimes de fausse-couche contre 12,3 % dans l’autre groupe.

Comprendre les causes

Le fossé est encore plus large entre les deux groupes lorsque des troubles de la fertilité ont duré au moins un an par le passé. Dans ce cas, la moitié des femmes atteintes d’endométriose font un avortement spontané, contre 30 % dans le groupe contrôle.

Ces résultats constituent « une première étape », selon le Dr Santulli. Mais selon lui, d’autres travaux sont nécessaires dans ce domaine encore méconnu. Son équipe a d’ailleurs prévu de mieux comprendre l’origine biologique du lien entre endométriose et fausse couche, à travers des recherches sur la souris.

Dans un communiqué, l’Inserm (Institut de la santé et de la recherche médicale) annonce aussi le lancement d’un programme de recherche, toujours à l’hôpital Cochin, sur près de 1 500 femmes. L’objectif sera d’étudier l’impact de l’endométriose sur différents paramètres de la grossesse et ses complications, dont le risque de prématurité.

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