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QUESTION D'ACTU

Les dérives de l'aide médicale d'Etat


  • Publié 23.06.2014 à 16h05
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  • AME

C’est une polémique dont Marisol Touraine se serait passée volontiers. A l’heure où la ministre de la Santé vante les mérites du tiers payant généralisé, c’est sur « une fraude aux soins gratuits » qu’elle est interpellée. Dans Le Parisien, Odile Plichon et Daniel Rosenweig ont mené leur enquête sur l’aide médicale d’Etat (AME). Ce dispositif permet de prendre en charge les soins des étrangers en situation irrégulière.
Le 3 juin dernier, devant les sénateurs, la ministre a reconnu que le budget alloué à cette prestation s’était envolé, passant de 588 à 744 millions d’euros entre 2012 et 2013. Et reconnaît pour la première fois que certaines filières de patients seraient en partie responsables de cet accroissement du nombre de bénéficiaires.

Pour Médecins du Monde, l'utilité de ce sytème ne fait pas de doute. « Chaque année, par nécessité extrême, des dizaines de milliers d’étrangers précaires, sans couverture maladie, se présentent dans l’un des centres d’accueil de Médecins du monde. Parmi eux, 23 % avaient renoncé à se soigner au cours des douze derniers mois », souligne le journal.
Responsable du service de médecine interne à l’hôpital Lariboisière, le Pr Jean-François Bergmann confirme dans les colonnes du Parisien : « Il est absolument nécessaire de soigner cette population sur notre territoire, pour eux bien sûr, mais aussi afin d’éviter la propagation de maladies comme la tuberculose ». C’est le cas de « la filière des Géorgiens ». Atteints de pathologies multirésistantes, ils ont investi l’hôpital Lariboisière. « Certains ont pu poser des problèmes de discipline : non-respect du port du masque, sortie sans autorisation de l’hôpital, ce qui est très gênant, car ils sont hautement contagieux », commente le spécialiste.

Mais l’enquête du Parisien met également en lumière les dévoiements de ce système. Et les journalistes de citer l’exemple de sites internet chinois qui proposent « des cartes AME payantes, des médecins escrocs inventant des actes fictifs », ou même des petits hôpitaux qui grossissent l’enveloppe des AME parce que ces patients sont facturés plus cher.

Pour mettre un terme à ces abus, la ministre de la Santé a annoncé que les contrôles seraient renforcés, notamment dans les caisses primaires. « A partir de 2015, nous disposerons de statistiques permettant de comparer les taux d’acceptation ou de refus de l’aide médicale de l’Etat caisse par caisse », a-t-elle expliqué aux sénateurs. Avec, en ligne de mire, l’Ile-de-France qui concentre 70 % des actes dans le cadre de l’AME.

Mais derrière cette polémique des chiffres, une autre, plus insidieuse, risque de se prolonger dans le rang des politiques. « La vérité, résume un directeur d’un hôpital francilien dans Le Parisien, c’est que nous accueillons de plus en plus de migrants venant d’Europe de l’Est, femmes seules avec enfants en tête. »

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