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Infarctus : plus de risque après une grosse colère

Une grosse colère multiplie par 8,5 le risque d’infarctus dans les deux heures. Et même si le risque absolu reste faible, des stratégies de prévention du stress existent.

Infarctus : plus de risque après une grosse colère ZICH/SIPA

  • Publié 25.02.2015 à 15h04
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Se fâcher tout rouge n’est pas bon pour le cœur. C’est ce qu’ont confirmé mardi des chercheurs australiens dans la revue Acute Cardiovascular Care.


Le stress 3ème facteur de risque

Le stress représente le troisième facteur de risque d’infarctus après le cholestérol et le tabac, selon la Fédération française de cardiologie (FFC) et serait responsable de 33% des infarctus. Le facteur déclenchant le plus nocif d’infarctus dans le stress aigu est un accès brutal de colère.


Les chercheurs de l'université de Sydney viennent de montrer que se mettre fortement en colère multiplierait le risque d'accident cardiaque par 8,5. Un chiffre, selon eux, similaire ou supérieure à celle observée dans des études antérieures. Pour parvenir à ces résultats, Thomas Buckley et ses collègues se sont intéressés à 313 patients admis à l’hôpital pour infarctus du myocarde avec occlusion d'au moins une artère coronaire, confirmée par un examen de coronographie.


Colère de 5 à 7

Les chercheurs ont demandé aux patients d'évaluer sur une échelle de 1 à 7 leur état de colère dans les heures précédant l'infarctus. Le niveau 5 correspondait à une très grande colère, à 6 les patients étaient furieux presque hors de contrôle, et au niveau 7 les patients totalement hors de contrôle. Les résultats montrent qu'une colère intense (entre 5 et 7) était associée à une multiplication de 8,5 du risque d'infarctus dans les deux heures.

 

« Ces résultats sont intéressants car ils confirment que le stress peut provoquer un infarctus, cette maladie des cols blancs, des PDG. Et cette étude porte plus spécifiquement sur les facteurs psychologiques et émotionnels, en l'occurence la colère », indique à pourquoidocteur le Pr François Carré, cardiologue au CHU de Rennes. Mais il faut aussi les relativiser : « L'infarctus après une grosse colère reste rare puisque seuls 2,2% des patients ont été concernés dans l'étude », ajoute le spécialiste.


Les mécanismes en jeu

Selon les chercheurs, il existe plusieurs mécanismes par lesquels la colère peut aboutir à une rupture des plaques d’athérome (dépôts de cholestérol sur la paroi des artères) et à une occlusion des artères coronaires. La colère augmente le rythme cardiaque et la pression artérielle, et elle réduit le diamètre des coronaires, ce qui peut provoquer la rupture des plaques d’athérome. Il est aussi probable que la colère contribue à l’activation de la coagulation sanguine favorisant la formation de caillot sanguin qui peuvent boucher les artères coronaires.


Ecoutez le Pr François Carré
, cardiologue au CHU de Rennes: "Il faut faire attention car ces infarctus surviennent chez des patients qui ont déjà..."




Relaxation, médicaments

Pour le Pr Carré, il est important de proposer aux personnes qui ont des facteurs de risque d'infarctus des méthodes de relaxation et de travail sur soi-même. Et pour celles qui ont déjà eu un infarctus suite à une grosse colère, il est « cohérent de proposer des bêtabloquants et de l'aspirine, car l'aspirine empêche le caillot sanguin de se former et les bêta-bloquants limitent les effets de l'adrénaline, connus pour favoriser la rupture des plaques », ajoute-t-il. Les chercheurs australiens soulignaient justement qu'aucun des patients de leur étude ne prenait d'aspirine ou de bêta-bloquants au moment où est survenu l'infarctus.

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