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QUESTION D'ACTU

Effet de la sédentarité

Nos ancêtres avaient des os plus solides

Les chasseurs-cueilleurs de nos origines avaient des os solides. Avec l’agriculture et la sédentarisation, nos os se sont allégés et sont devenus plus fragiles, selon une étude.

Nos ancêtres avaient des os plus solides Jens Meyer/AP/SIPA

  • Publié 23.12.2014 à 18h26
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Nos ancêtres étaient solides comme des singes, mais pas aussi poilus. Avec l’invention de l’agriculture, le squelette humain est devenu plus léger et donc plus exposé aux fractures. Les chasseurs-cueilleurs, qui vivaient il y a 7 000 ans, avaient les os aussi robustes que les grands singes actuels, conclut une étude parue dans la revue de l’Académie américaine des sciences, PNAS.

 

L’intérieur de l’os s’est assoupli

La densité osseuse des cultivateurs d’il y a 6 000 ans est 20 % moins élevée que celle des chasseurs-cueilleurs qui les ont précédés. Une perte osseuse comparable à celle que subit un astronaute au cours d’un voyage de trois mois dans l’espace.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont réalisé des radiographies de quatre fémurs issus d’époques différentes  et ceux d’autres primates. Ils se sont focalisés sur le fémur, et plus particulièrement la tête fémorale, c’est-à-dire la connexion osseuse qui supporte le plus le poids du corps. L’os trabéculaire, structure en alvéole à l’intérieur de l’os et qui permet d’assurer sa flexibilité, est moins dense chez les cultivateurs. Plus souple que l’os cortical, la couche externe, il change de forme selon les sollicitations. « Chez les chasseurs-cueilleurs, tout était épaissi », explique Colin Shaw, co-auteur de l’étude.

 

Source : Cambridge University

 

Une évolution réversible ?

Ce changement de densité et de forme est la conséquence d’une moindre activité physique chez nos ancêtres. Elle a chuté à des niveaux inquiétants, depuis quelques siècles. « Les êtres humains contemporains vivent dans un milieu culturel et technologique incompatible avec nos évolutions. Sept millions d’années d’évolution ont orienté les hominidés vers l’action et l’activité physique; ce n’est que depuis les 50 ou 100 dernières années que nous sommes si sédentaires - dangereusement sédentaires. Rester assis derrière un volant ou devant un bureau, ce n’est pas pourquoi nous avons évolué », résume Colin Shaw, co-auteur de l’étude.

 

Comme l’os trabéculaire est modulable, il peut se renforcer. Les radios suggèrent donc que, même aujourd’hui, l’activité physique peut prévenir le risque de fracture lié à l’âge. Anatomiquement, il est même possible d’atteindre une densité osseuse comparable à celle d’un chasseur-cueilleur d’autrefois. « Vous pouvez absolument modeler vos os pour qu’ils acceptent la pression et la tension plus efficacement. Les fractures de hanche, par exemple, ne surviennent pas simplement parce que vous êtes âgé. Si vous avez renforcé vos os jeune, en vieillissant, ils ne passent jamais sous le niveau de sensibilité aux fractures », illustre Colin Shaw.

 

Source : Cambridge University

 

L’origine de l’ostéoporose

D’autres théories pourraient expliquer cette chute en densité osseuse. Avec la monoculture, des carences sont certainement survenues. L’homme aurait alors développé un squelette plus léger pour maintenir sa santé osseuse. Le squelette pourrait aussi s’être allégé pour compenser le manque de nourriture, bien que cette piste soit moins probable.

 

« Le fait est que nous sommes humains, nous pouvons être aussi forts qu’un orang-outan, mais nous ne le sommes pas parce que nous ne sollicitons pas assez nos os avec des charges, ce qui nous prédispose à avoir des os plus faibles; donc, quand nous vieillissons, il arrive que les os se fracturent alors qu’avant, ils ne l’auraient pas fait », conclut Colin Shaw. Voilà qui explique pourquoi l’ostéoporose est plus fréquente aujourd’hui.

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