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QUESTION D'ACTU

L'opinion du Dr Laurent Alexandre

Google s'est donné pour mission d'euthanasier la mort

Le célèbre moteur de recherche Google s'intéresse de très près aux questions de santé et de génétique. Son dernier projet en date : étudier des milliers de génomes pour prévenir des maladies. 

Google s'est donné pour mission d'euthanasier la mort Alex Segre / Rex Featur/REX/SIPA

  • Publié 29.07.2014 à 14h40
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Google fait dans le mysticisme. Après les lentilles intelligentes destinées à rendre la vie plus facile aux presbytes et aux diabétiques, le géant d'internet veut maintenant s'attaquer à l'immortalité. Le nouveau projet de la firme, dévoilé ce jeudi 24 juillet, s'intéresse au génome d’une centaine de personnes en parfaite santé. L'idée : récolter des données pour détecter si l'on est à risque de développer certaines maladies, avant l’apparition des premiers symptômes. A la tête de ce projet, baptisé Baseline, le biologiste Andrew Conrad. Il travaille depuis un an et demi dans les locaux de la société de biotechnologie Calico fondée en septembre 2013 par Google. Il y étudie les gènes de 175 patients qui ont accepté de se prêter à l’expérience. 


L'Eglise Google 

Pour le Dr Laurent Alexandre, chirurgien urologue et président de DNA Vision, une société d'analyse génétique, le projet de Google flirte avec le mystique. Dans l'émission d'Europe 1 Pourquoi Docteur, il explique d'ailleurs que « Google agit plus comme une Eglise que comme un business, poursuivant des objectifs quasi religieux. Ses dirigeants veulent créer une intelligence artificielle et euthanasier la mort. On est bien loin d’objectifs managériaux. » 

L’objectif du projet Baseline est avant tout de trouver des « biomarqueurs » de bonne santé, de la même manière que les scientifiques établissent des « biomarqueurs » pour les maladies. A long terme, ces éléments permettraient de prévenir certaines maladies ainsi que de trouver de nouveaux traitements. La technique n’a rien révolutionnaire, comme l'a confié le Dr Conrad au Wall Street Journal : « Nous nous posons juste la question différemment : pour prévenir un problème, nous voulons d’abord savoir à quoi ressemble un élément réparé, qui fonctionne bien ». A terme, ce projet pourrait permettre de gagner 20 ans d'espérance de vie. 


Vivre très longtemps

Mais comme le rappelle Laurent Alexandre, « nous ne sommes pas que le fruit de nos chromosomes, l’environnement joue aussi un rôle ». En d'autres termes, l'approche choisie par Google ne pourra pas répondre à tout, puisqu'elle ne prend pas totalement en compte les facteurs environnementaux.
Il n'en reste pas moins que sa place est de plus en plus importante dans le domaine de la génétique, de l'intelligence artificielle et des biotechnologies. Il s'agit de la seule firme de la Sillicon Valley qui se préocupe de ces questions de maladies. Et grâce aux avancées permises par un tel projet, les enfants qui naissent aujourd'hui vont sans doute voir leur espérance de vie se rallonger considérablement. 


Google tout puissant

Mais pour Laurent Alexandre, les Etats devront agir rapidement pour encadrer les dérives dans « la lutte de Google contre la mort », car de nombreux problèmes éthiques peuvent être soulevés par ce projet. Les affaires de séquençage génétique posent notamment la question de savoir si les gens sont prêts à apprendre à quelles maladies ils sont prédestinés. Lui ne fait jamais de séquençage d'ADN pour des particuliers, mais exige qu’il y ait un intermédiaire médical, pour aider les patients à digérer des informations parfois difficiles à entendre.

Mais si Google arrivait au bout de son projet, modélisait un génome humain parfaitement sain, et permettait à chacun d'entre nous de découvrir nos prédispositions médicales, il est clair que la machine ne pourra jamais remplacer les explications et l'humanité d'un médecin. 

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