- Le DEHP (phtalate de di-2-éthylhexyle) est un perturbateur endocrinien présent dans certains plastiques, parfois utilisés pour produire des jouets pour enfants.
- Dans une nouvelle étude, des chercheurs ont exposé des rates et leurs ratons au DEHP, dès le premier jour de grossesse et jusqu’au sevrage du petit.
- Résultats : à l’âge adulte, ils exploraient moins les espaces ouverts et restaient davantage immobiles, des comportements symptomatiques de l’anxiété chez les rats.
Dans l’Union européenne, les jouets et les articles de puériculture ne peuvent contenir, au maximum, que 0.1 % de DEHP, indique l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cette matière, aussi appelée phtalate de di-2-éthylhexyle, est présente dans certains plastiques qui servent à la production de nombreux objets du quotidien.
Le DEHP, un perturbateur endocrinien néfaste pour l’organisme
Pourtant, depuis 2012, le DEHP est considéré comme un perturbateur endocrinien (PE) par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces substances chimiques perturbent le fonctionnement des hormones et sont néfastes pour la santé humaine.
Dans une nouvelle étude présentée lors du congrès américain ENDO 2026 de la Société d'endocrinologie, des chercheurs ont voulu mesurer l’impact d’une exposition précoce au DEHP sur la santé mentale. Plus précisément, ils se sont intéressés au risque de développer une anxiété chronique à l’âge adulte, quand le contact avec la matière a eu lieu in-utéro puis directement après la naissance.
“Cette recherche montre que l'un des plastifiants les plus utilisés au monde est capable de provoquer des modifications du comportement lorsque l’exposition a lieu pendant les périodes de développement prénatal et immédiatement après la naissance, avec des effets qui persistent dans le temps”, explique Osvaldo Juan Ponzo, l’un des auteurs, dans un communiqué.
Deux traitements inversent l’effet du DEHP sur l’anxiété
Les scientifiques ont mené un essai clinique sur des rates et leurs ratons. Dès le premier jour de grossesse et jusqu’au sevrage du petit, elles ont quotidiennement pris du DEHP par voie orale. Une fois les bébés devenus adultes, les chercheurs ont évalué leur comportement anxieux lors d’une expérience menée dans un labyrinthe.
Lors de cette deuxième étape, les rats adultes ont été divisés en trois groupes :
- ceux qui, 90 minutes avant le test, ont reçu un traitement appelé agonistes du GABA ;
- les rats qui ont pris de la testostérone toutes les 48 heures pendant 14 jours ;
- et ceux à qui rien n’a été donné.
Résultats : ces derniers exploraient moins les espaces ouverts et restaient davantage immobiles, des comportements symptomatiques de l’anxiété chez les rats. En revanche, ceux ayant reçu des agonistes du GABA ou de la testostérone ne présentaient pas de signes anxieux, ce qui suggère que ces traitements pourraient neutraliser les effets comportementaux associés à une exposition précoce au DEHP.
“Ces travaux démontrent qu'un contact avec le DEHP au début de la vie peut modifier le comportement en matière d'anxiété, même en l'absence d'exposition au DEHP à l'âge adulte souligne Osvaldo Juan Ponzo. Ces modifications neuroendocriniennes peuvent être inversées par un traitement aux agonistes du GABA ou à la testostérone.”
De prochains essais cliniques devront néanmoins confirmer ces résultats… En attendant, le mieux est d’opter pour des jouets avec un marquage “CE”, qui garantit le respect des normes de sécurité réglementaires.



