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Dépression du post-partum : le stress à l'adolescence augmenterait le risque

Connaître un stress pendant son adolescence augmenterait le risque de souffrir de dépression du post-partum, selon des travaux américains.

Dépression du post-partum : le stress à l'adolescence augmenterait le risque kieferpix/istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude, menée sur des souris, suggère que le stress pendant l'adolescence peut augmenter le risque de dépression du post-partum.
  • Les souris stressées pendant leur adolescence montraient des niveaux de cortisol élevés et prolongés après leur accouchement.
  • Pour les chercheurs, leur découverte, si elle est confirmée chez les humains, pourrait ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques contre la dépression du post-partum.

Selon l’enquête nationale périnatale 2021, 16,7 % des femmes présentent des signes de dépression du post-partum deux mois après la naissance de leur enfant.

Plusieurs traitements peuvent soulager les jeunes mamans. Toutefois, certaines patientes n’y répondent pas. Une étude de Johns Hopkins Medicine a fait une découverte en étudiant des souris qui pourrait conduire à une nouvelle stratégie thérapeutique : le stress pendant l’adolescence augmente le risque de dépression du post-partum.

Les résultats ont été publiés en ligne le 11 avril 2024 dans Nature Mental Health.

Stress : un taux élevé de cortisol chez les souris ayant des signes de dépression du post-partum

Pour comprendre l’influence du stress sur la dépression du post-partum, les chercheurs ont étudié des souris. Certaines femelles avaient été stressées pendant leur “adolescence” en étant isolées, d’autres non. Par la suite, certaines ont eu des petits et d’autres non.

En étudiant et comparant ces rongeurs, l’équipe a remarqué que sept jours après leur accouchement, les mères stressées dans leur jeunesse avaient une mobilité et un attrait pour le sucre réduits. Il s’agit de deux facteurs considérés comme des marqueurs de dépression chez les souris. Cela a persisté pendant au moins trois semaines après leur accouchement.

Dans un deuxième temps, les scientifiques ont mesuré les taux d’hormones dans le sang des animaux. Ils ont alors découvert que le taux de cortisol était plus élevé chez les mères avec ou sans expériences négatives au début de la vie. "Cependant, les niveaux de cortisol chez les mères non stressées ont diminué jusqu'à des niveaux normaux après l'accouchement, tandis que les niveaux chez les mères ayant vécu des expériences négatives au début de leur vie sont restés élevés pendant une à trois semaines après la naissance", remarquent les chercheurs dans leur communiqué.

Pour l'auteur principal de l'étude Dr Akira Sawa, les résultats recueillis suggèrent une corrélation entre une élévation prolongée du cortisol après l'accouchement et les signes de difficultés en post-partum chez les souris ayant connu un stress important quand elles étaient jeunes. Il estime également que ces travaux pourraient être transposés aux humains.

Dépression du post-partum : une nouvelle piste thérapeutique ?

Si la découverte faite chez les souris se confirmait chez l’Homme, cela pourrait ouvrir une nouvelle piste thérapeutique pour les mères souffrant de dépression du post-partum, selon le Dr Akira Sawa. Le spécialiste avance que les antidépresseurs, antagonistes des récepteurs des glucocorticoïdes qui bloquent les effets d’un taux de cortisol élevé, pourraient constituer une nouvelle option de traitement pour la dépression du post-partum.

"La ligne de traitement alternative suggérée par l'étude sur la souris – dont les résultats sont cohérents avec ceux de notre étude observationnelle chez l'Homme – pourrait permettre aux mères d'être traitées à la maison et d'éviter la séparation avec leur bébé, et de cibler un mécanisme différent de dépression qui pourrait être spécifique à la dépression du post-partum."

Le scientifique prévoit de mener de nouvelles recherches pour vérifier les taux de cortisol chez les femmes souffrant de dépression du post-partum. Il souhaite aussi déterminer si les antagonistes des récepteurs des glucocorticoïdes sont bénéfiques contre ce trouble, et une alternative possible aux inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, majoritairement prescrits actuellement.

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