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QUESTION D'ACTU

Connaissances médicales

Suivre les actus santé sur les réseaux sociaux accroît les comportements à risque

Instagram, Facebook, Youtube… Chercher des informations de santé sur ces plateformes, au lieu de demander l’avis d’un médecin, peut conduire à se mettre en danger.

Suivre les actus santé sur les réseaux sociaux accroît les comportements à risque stnazkul/iStock




L'ESSENTIEL
  • Passer par les réseaux sociaux, tels que YouTube ou Whatsapp, pour s’informer sur des sujets médicaux était associé à un plus faible niveau de connaissances en santé.
  • En outre, une utilisation plus fréquente de ces plateformes pour trouver des informations de santé augmente le risque de refus vaccinal ou de renoncement à un traitement prescrit.
  • Une sensibilité plus marquée au complotisme, aux thérapies alternatives et aux croyances paranormales favorise aussi l’adoption de comportements médicaux à risque.

On le sait : de nombreuses informations médicales circulent sur les réseaux sociaux. Si certaines sont fiables, d’autres sont fausses, trompeuses ou douteuses, ce qui augmente les comportements à risque. C’est ce qu’une récente enquête, publiée par la Fondation Descartes, vient de révéler. Dans le cadre de leur étude, l’équipe a voulu identifier les croyances et la manière dont les Français s’informent, qui sont liées à leur niveau de connaissances en santé, au refus vaccinal et au renoncement à un traitement médical.

Pour cela, 4.000 personnes ont dû répondre à un questionnaire, élaboré par des membres de l’Académie nationale de médecine, sur la nutrition, les cancers, la vaccination et la Covid-19. "Les participants étaient invités à indiquer leur degré d’accord ou de désaccord avec une série d’affirmations soit conformes, soit non-conformes à la connaissance médicale actuelle. La plupart des affirmations non-conformes à l’état de la connaissance médicale que nous leur avons soumises correspondent à de fausses informations en santé qui circulent sur les réseaux sociaux ou sur YouTube, notamment, mais dont certaines sont aussi parfois relayées par des médias grand public", ont précisé les auteurs.

Un moins bon niveau de connaissances chez les utilisateurs de Youtube ou Whatsapp

D’après les résultats, les adultes qui cherchaient des données médicales sur les réseaux sociaux, plus précisément sur Youtube et Whatsapp, et ceux faisant plus confiance à ces canaux d’information présentaient en moyenne un plus faible niveau de connaissances en santé que les autres "indépendamment des effets de l’âge, du niveau de diplôme, du statut professionnel ou encore de l’orientation politique des participants." "Nos analyses révèlent qu’en moyenne, plus les individus sont sensibles aux thérapies alternatives ainsi qu’aux croyances paranormales, plus leur niveau de connaissances en santé est faible", a spécifié l’équipe. Une sensibilité marquée aux croyances complotistes était aussi associée à un moins bon niveau de connaissances en santé.

Les patients obtenant des informations auprès de leur médecin ou de médias généralistes grand public avaient de meilleures connaissances médicales. C’était aussi le cas pour les personnes qui, plutôt que de se fier à leur intuition, ont tendance à s’engager dans un processus réflexif avant de croire ou non à une information et celles faisant plus confiance en la science et ayant une bonne compréhension de la méthode scientifique.

Réseaux sociaux : 3 comportements médicaux à risque favorisés

Les auteurs ont constaté que l’adoption des comportements médicaux à risque, (comme le renoncement à un traitement médical, le refus vaccinal hors vaccin Covid-19 et le refus du vaccin Covid-19) était liée à de moins bonnes connaissances en santé, à une utilisation plus fréquente des réseaux sociaux (Youtube, Whatsapp) et à une sensibilité plus marquée au complotisme, aux thérapies alternatives et aux croyances paranormales.

"Le renoncement à un traitement médical en faveur d’une thérapie alternative et le refus vaccinal sont des comportements plus rarement adoptés par les participants disposant d’un médecin traitant – par exemple, ceux qui disposent d’un médecin traitant sont 12 % à avoir refusé le vaccin contre le Covid-19, contre 30 % de ceux qui n’en disposent pas. Ces comportements de santé à risque sont en revanche davantage adoptés par les participants qui affirment avoir vécu une très mauvaise expérience médicale", peut-on lire dans le communiqué.

L’équipe estime ainsi que des efforts devraient être entrepris pour lutter contre la désinformation médicale sur les réseaux sociaux et favoriser la diffusion de contenus de santé de qualité.

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