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Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Sida : le préservatif recule chez les homosexuels

La lutte contre le Sida a du plomb dans l’aile : le dernier BEH souligne que l’usage du préservatif chez les hommes ayant des relations avec des hommes est en recul.

Sida : le préservatif recule chez les homosexuels SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

  • Publié 29.11.2013 à 14h17
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Les nouveaux diagnostics d’infections au VIH ne diminuent pas depuis 2003 pour les rapports sexuels entre hommes, note le Bulletin Epidémiologique (BEH) de l’Institut de veille sanitaire (Invs) de ce 26 novembre. C’est la seule population qui connaisse cette situation. Une situation qui interroge et inquiète d’autant plus que l’incidence du VIH est 200 fois plus élevée dans la population gay que chez les hétérosexuels.

 

Le recul du préservatif

Depuis 2000, l’usage systématique du préservatif chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) recule fortement. Les séropositifs sont les premiers concernés par cette observation, alors qu’ils sont ceux qui ont le plus de pratiques à risques (partenaires multiples, fréquentation de lieux communautaires, pas de prévention). Un quart des interrogés a pratiqué au moins une relation non-protégée sans connaître le statut de son partenaire. Ils sont autant à ne jamais se protéger. En revanche, ils sont moins nombreux à utiliser systématique le préservatif pour une pénétration anale.

 

« Ces résultats rendent compte de la moindre place de cet outil dans les pratiques préventives après 30 ans d’épidémie du VIH. Depuis 1997, l’utilisation systématique du préservatif ne cesse de diminuer, » déplorent les auteurs de l’article. Les HSH séronégatifs se montrent plus prudents mais ils sont encore trop nombreux à prendre des risques. Ils sont 60% à utiliser systématiquement un préservatif lors d’une pénétration anale. Mais un interrogé sur six déclare avoir des relations non protégées avec des hommes dont ils ne connaissent pas le statut. C’est globalement mieux que chez les interrogés séropositifs, note toutefois le BEH.

 

L’avancée des pratiques alternatives

Depuis les années 1990, l’usage du préservatif laisse progressivement sa place aux pratiques alternatives, souvent combinées. Le sérosorting, par exemple, consiste à adapter ses pratiques sexuelles en fonction du statut sérologique des partenaires. Il est mis en place par 7% des séropositifs et un peu plus de séronégatifs. Le séropositionning est un peu moins répandu mais tout aussi connu. Dans des couples de statut sérologique différent, c’est le partenaire séronégatif qui pénètre. Cette pratique est considérée comme une méthode qui peut limiter le risque d’infection. 6% des séropositifs et 4% des séronégatifs y ont recours. Mais le BEH met en évidence que « contrairement à ce qui est observé dans d’autres études, le sérosorting ou le séropositionning sont minoritaires. » Il souligne également que leur efficacité n’a pas été prouvée pour les HSH.

 

En parallèle de ces pratiques sexuelles adaptées, d'autres méthodes des réduction des risques gagnent du terrain. Les antirétroviraux sont davantage utilisés par les HSH en traitement précoce. L’Organisation Mondiale de la Santé a émis en juillet 2012 des recommandations autour de cet usage. Elle considère que le risque d’infection est réduit avec un traitement de ce type. Mais les HSH connaissent assez mal les antirétroviraux. En effet, 35% des séropositifs pensent qu’ils empêchent la transmission du VIH et presque tous déclarent qu’ils réduisent fortement la charge virale. Les séronégatifs sont moins nombreux à être d’accord : un sur dix pense que le traitement empêche de transmettre le VIH. Mais les 3/4 considèrent qu’il réduit la charge virale. Il est vrai que les antirétroviraux diminuent la charge virale, principal facteur de risque connu. Mais ils ne la détruisent pas, pas plus qu’ils n’annulent totalement le risque de transmission du VIH.

 

L'urgence à développer les tests rapides

Ces pratiques alternatives permettent de réduire les risques de transmission du VIH. Mais elles ne sont pas toutes efficaces, et en aucun cas elles ne rendent inexistant le risque. Les HSH interrogés en sont conscients. Ils sont nombreux à combiner les pratiques préventives alternatives. Ainsi, 16% des séropositifs interrogés combinent deux pratiques préventives.

 

Mais les auteurs du BEH considèrent qu’il y a plusieurs points à améliorer en matière de prévention contre l’épidémie de VIH. Face à la lassitude envers l’usage du préservatif, et à l'ensemble des pratiques à risque toujours très présentes chez les personnes non-dépistées, il apparaît capital de faciliter le dépistage dans les lieux communautaires et dans les marges de la société, notamment avec les autotests et les tests rapides à orientation diagnostique (TROD). L’usage des antirétroviraux est aussi encore trop rare chez les HSH. Enfin, la pertinence du préservatif doit être plus rappelée.

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