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QUESTION D'ACTU

Expérimentation sur les antibiotiques

Médicaments : l'Ordre des pharmaciens s'oppose à la vente à l'unité

La présidente de l'Ordre des pharmaciens, Isabelle Adenot, critique avec virulence le projet d'expérimentation de dispensation à l'unité des antibiotiques.

Médicaments : l'Ordre des pharmaciens s'oppose à la vente à l'unité GILE MICHEL/SIPA

  • Publié 15.11.2013 à 13h35
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« Apprendre par les médias, sans concertation préalable, le devenir de sa profession est, le mot est faible, désagréable. Cette déclaration ministérielle unilatérale interroge. » Isabelle Adenot, présidente de l'Ordre des pharmaciens (Cnop), vient de prononcer une charge virulente concernant le projet gouvernemental d'expérimentation de dispensation à l'unité des antibiotiques à l'officine, dans le numéro de novembre du Journal de l'ordre

Le gaspillage : la faute au défaut d'observance des patients
Le 25 octobre, les députés ont donné le feu vert à des expérimentations de vente à l'unité de certains antibiotiques, afin d'éviter le gaspillage ou une mauvaise automédication. La durée de ces expérimentations sera de trois ans, contre quatre dans le projet initial, afin de décider plus rapidement de leur extension ou non. Grâce à cette mesure, le Gouvernement espère réduire la consommation d'antibiotiques et ainsi réaliser une économie de 100 millions d'euros sur 22 000 officines.
Mais du côté de l'Ordre on conteste la mesure. « La magie de la pensée ne saurait exonérer du réalisme de la pratique. Le projet de dispensation à l'unité a surpris tous les pharmaciens, y compris les représentants de la profession », affirme Isabelle Adenot dans cet édito.
Et cette dernière de rappeler que « la dispensation à l'unité a déjà été mise en oeuvre dans plusieurs pays européens et aux Etats-Unis. » Toutefois, pour la présidente, « dans ces pays », les pharmaciens sont organisés pour cela et les conditionnements [...] ont été revus pour être plus proches des durées de traitement recommandées. »
Isabelle Adenot poursuit en indiquant que, « tous les médicaments dispensés ne sont pas utilisés, mais, on le sait tous, plus par défaut d'observance que pour toute autre raison. »

Traçabilité, coût global, facturation... trop de questions en suspens
Par ailleurs, la présidente de l'Ordre souligne que nombre de questions sur cette expérimentation restent encore en suspens (information des patients, traçabilité, facturation, reconnaissance du temps passé, preuves apportées par le pharmacien pour garantir que le médicament dispensé est le bon, inscription dans le dossier pharmaceutique, coût global, etc.).
« Cette proposition d'expérimentation faite urbi et orbi, sans s'être assuré au préalable des prémices de réponses à ces questions ni de l'appui du terrain, suscite l'incompréhension des professionnels tant le réel est complexe », indique-t-elle.
« Dans quelques jours, nous saurons si elle devient réalité. Si tel est le cas, l'évaluation permettra au moins de trancher la question », conclut-elle.

Les risques du conditionnement à l'unité
Pour certains acteurs de la santé, un conditionnement des médicaments à l'unité peut poser des problèmes. En effet, d'après Claude Le Pen, économiste de la santé, contacté récemment par Pourquoidocteur, « un conditionnement à l'unité du médicament est risqué. » Avec ce packaging unique, toutes les boîtes de médicaments se ressemblent. Il s'agit la plupart du temps, d'une petite bouteille en plastique de couleur orange, fait-il valoir. Seule une étiquette avec le nom du produit, celui du patient, et la posologie, permet de différencier un traitement d'un autre. 
A partir de là, les risques de confusion entre deux médicaments sont nombreux pour le pharmacien, mais aussi pour le malade. « Ces erreurs qui sont possibles peuvent être dramatiques pour la santé des patients », concluait Claude Le Pen.  

Ecoutez Claude Le Pen : « Il y a risque de confusion car le conditionnement du médicament à l'unité ne fait pas la différence pour le patient. Le risque est le même pour le pharmacien. C'est pour ça qu'en France, on y a toujours renoncé...»  (entretien réalisé le 26/09/13)








 

 

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