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Arthrose : une molécule pourrait freiner le processus inflammatoire

Chez des souris, un composé médicamenteux pourrait perturber la suractivation de l’inflammation, tout en contrôlant la douleur et la raideur provoquées par l’arthrose.

Arthrose : une molécule pourrait freiner le processus inflammatoire  eyepark/iStock




L'ESSENTIEL
  • En France, 10 millions de personnes souffrent d’arthrose.
  • Après avoir modifié génétiquement une souris pour empêcher l'activation du récepteur cellulaire du système immunitaire "GP130", elle a montré des signes de résistance à l'arthrose.
  • Un composé médicamenteux, appelé "R805/CX-011", a eu un effet positif sur la douleur, la structure et la fonction des articulations.

C’est la maladie articulaire la plus répandue. Dans le monde, l’arthrose touche 10 % des personnes de tout âge confondu. En France, 10 millions d’adultes sont concernés, selon la Fondation pour la Recherche Médicale. Pour rappel, cette pathologie se caractérise par une destruction du cartilage, "une inflammation de la membrane qui tapisse l’intérieur de l’articulation (membrane synoviale), ainsi qu’un remodelage de la couche osseuse située directement sous le cartilage (os sous-chondral)", indique l’Inserm. L’arthrose se manifeste par des douleurs et des raideurs et parfois par une inflammation et une accumulation de liquide dans la cavité articulaire. Cette dernière peut entraîner une perte de mobilité et être très handicapante.

GP130, un récepteur du système immunitaire "vital"

À ce jour, il n’existe pas de remède contre l’arthrose. Les médicaments prescrits par les médecins permettent uniquement de limiter sa progression. C’est pourquoi des chercheurs canadiens et américains ont tenté de trouver un traitement efficace qui permettrait au cartilage de se régénérer. Dans une étude, publiée dans la revue Science Translational Medicine, ils ont découvert qu'un récepteur cellulaire du système immunitaire, la glycoprotéine 130 (GP130), signalait quand les anticorps devaient attaquer un virus ou une infection. Ainsi, il favorise les résultats régénératifs ou aggrave la progression de la maladie.

Ce récepteur recrute des globules blancs pour lancer les offensives. "En essayant de résoudre le problème, le système immunitaire cause encore plus de dégâts", car il provoque une hyper-inflammation des articulations, a expliqué Denis Evseenko, auteur des travaux, dans un communiqué. "Mais GP130 est un récepteur vital. On ne peut pas l'inhiber, car il est nécessaire à la santé des cellules souches, ainsi qu'aux fonctions cardiovasculaires et immunitaires", a-t-il ajouté.

Arthrose : des capacités de guérison supérieures après une modification génétique

Dans le cadre de leurs recherches, les scientifiques ont suggéré que le blocage d’une seule voie de signalisation de GP130, à l'aide d'un médicament ou d'une modification génétique, pourrait empêcher la réponse hyper-inflammatoire, qui est la caractéristique de l'arthrose. Pour montrer qu’il était possible de freiner le processus responsable de l’inflammation observée dans l’arthrose, l’équipe a modifié génétiquement une souris en remplaçant un acide aminé par un autre pour empêcher l'activation d'une voie signalisation de GP130.

Selon les résultats, la souris a montré des signes de résistance à l'arthrose. Elle a également montré des capacités de guérison et de régénération supérieures à celles d'autres souris. Par exemple, au lieu de guérir les blessures cutanées par une cicatrice, la peau de la souris semblait se régénérer complètement, y compris les follicules pileux, les glandes et d'autres sous-structures cutanées. "Aucun globule blanc ne s'est précipité sur les lieux et aucune hyper-inflammation n’est survenue", a précisé Denis Evseenko.

Cette molécule réduirait la douleur articulaire

Ensuite, les auteurs ont testé l’efficacité d’un composé médicamenteux, appelé "R805/CX-011", chez des souris souffrant d’arthrose. "Nous avons constaté un effet profond sur la douleur, la structure et la fonction des articulations", a indiqué Denis Evseenko. Ces résultats positifs permettent aux chercheurs d'espérer que la molécule pourra faire l'objet d’études sur des êtres humains dans les années à venir. Cette année, l'équipe lancera un essai clinique pour tester l’efficacité du R805/CX-011 pour traiter l'arthrose chez les patients.

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