Publicité

QUESTION D'ACTU

Journée mondiale de l'AVC

AVC : apprendre à détecter les signes d’alerte dès l'enfance

Les signes d'alerte de l'AVC sont mal connus, pourtant 130 000 Français en sont victimes chaque année. A l'occasion de la journée mondiale de l'AVC, les spécialistes plaident pour une information dès l'enfance. 

AVC : apprendre à détecter les signes d’alerte dès l'enfance DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 28.10.2013 à 10h30
  • |
  • |
  • |
  • |


Une douleur violente dans la poitrine qui irradie jusqu’au bras gauche ? Tout le monde sait que c’est un signe évocateur d’une attaque cardiaque. Mais si une personne se met à parler bizarrement pendant quelques minutes… Ou présente une déviation du visage, ne voit plus d’un œil, ne peut plus bouger un bras ou une jambe pendant quelques instants, sans véritable douleur, on n’a pas toujours le réflexe d’appeler le 15 ! Or ce sont des signes d’alerte d’une attaque cérébrale.


Deux fois plus d'AVC que d'infarctus
« Le paradoxe est là : les signes d’alerte de l’infarctus sont bien connus mais ceux de l’accident vasculaire cérébral beaucoup moins, explique le Dr Emmanuel Ellie, chef de l’unité d’urgences neurovasculaires au centre hospitalier de Bayonne. Pourtant le nombre des AVC est deux fois plus élevé que celui des infarctus. Près de 130 000 personnes sont victimes d’un AVC en France. Nous avons encore beaucoup d’efforts à faire pour faire passer les messages auprès du grand public. » A l'occasion de la journée mondiale de l'AVC qui se déroule le 29 octobre, associations de patients et spécialistes veulent rattraper le retard.

Un premier effort a été fait avec le plan national d’actions, AVC 2010-2014, lancé par Roselyne Bachelot, qui était alors ministre de la Santé. Il a permis de structurer l’offre de soins d’urgence sur l’hexagone. Mais encore faut-il que la population connaisse les signes d’alerte et ait les bons réflexes. « Le plan 2010-2014 a prévu de créer des documents à l’attention de la population », indique le Pr Mathieu Zuber, chef du service de neurologie et de neuro-vasculaire du Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph.

Un clip vidéo , qui regroupe les principaux signes d’alerte a été réalisé. Il est construit autour de l’acronyme VITE qui permet de mémoriser les situations d’alerte. « V pour visage paralysé, I pour inertie d’un membre, T pour trouble de la parole, récite le Dr Emmanuel Ellie, et enfin E comme « en urgence » appellez le 15 !» Rappelons que pour que les traitements soient efficaces, le délai d'intervention ne doit pas dépasser 4 h30.  



Ecouter le Dr Emmanuel Ellie, neurologue, Centre hospitalier de Bayonne. « Plus la prise en charge est rapide, plus on peut proposer à la victime un traitement efficace, et réduire le risque de séquelles. »


Faut-il aller plus loin et faire de la sensibilisation dans les écoles ? « C’est une bonne idée, il est d’ailleurs assez fréquent que ce soit un enfant qui soit le premier témoin d’une attaque cérébrale », souligne le neurologue Mathieu Zuber qui indique que des documents à destination des jeunes sont en préparation au ministère de la santé. Le Dr Emmanuel Ellie plaide aussi pour une meilleure information du grand public. « Mais attention, à ne pas être trop dramatisant pour les enfants. » 


L'AVC n'est jamais douloureux

Le piège, c’est l’apparence bégnigne que peut prendre un AVC. « L’accident vasculaire cérébral (AVC), sauf exception, ne fait jamais mal, c’est le problème, témoigne le Pr Mathieu Zuber, chef du service de neurologie et de neuro-vasculaire du Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph. Ainsi, une personne peut ne pas s’inquièter d’avoir bafouillé pendant deux minutes, surtout si tout revient à la normale assez vite… Mais cette personne passe alors à coté d’un accident ischémique transitoire (AIT), c’est-à-dire qu’un vaisseau sanguin du cerveau a été brièvement bouché, or ce type d’événement neurologique peut se reproduire : 30 % des AVC sont précédés de tels accidents. »


Ecouter le Pr Mathieu Zuber, neurologue, Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph : « En cas d’AIT, il est préférable d’appeler le 15 et de s’allonger, plutôt que de se rendre soi-même aux urgences. »


Au-delà de la connaissance des signes d’alerte, les neurologues insistent aussi sur l’enseignement des messages de prévention. « La lutte contre les facteurs de risque d’AVC doit être initiée dès le plus jeune âge, et diffusée par les parents et l’école, affirme le neurologue de Bayonne. Il y a des choses très simples comme ne pas ajouter de sel au cours des repas pour éviter le risque d’hypertension, la cause numéro 1 d’AVC, ou encore auprès des adolescents insister sur les effets néfastes du tabagisme, mais aussi des drogues comme le cannabis, qui peuvent être des déclencheurs immédiats d’AVC, précise le Dr Emmanuel Ellie.


Ecouter le Dr Emmanuel Ellie : « Les enfants connaissent maintenant assez bien le slogan « Manger 5 fruit et légumes par jour ». De la même façon, il y a des messages à faire passer sur le sel, le tabac, les drogues… »


Si les médecins insistent sur le changement des comportements, sur la nécessaire hygiène de vie, ce n’est pas pour jouer les « moralisateurs ». La prévention est efficace. La lutte contre l’hypertension, contre l’hypercholestérolémie, contre le diabète, ont donné des résultats. « Des travaux d’épidémiologie ont montré que l’âge moyen de survenue d’un AVC avait reculé en 20 ans d’environ 8 ans chez la femme et 5 ans chez l’homme », rapporte le Dr Emmanuel Ellie. 

Ce sujet vous intéresse ? Venez en discuter sur notre forum !
Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

Publicité

LES MALADIES

J'AI MAL

Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES

Publicité