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Prise en charge

AVC : chaque minute gagnée réduit la mortalité

En cas d’AVC, chaque minute compte pour éviter le décès et les séquelles, confirme une grande étude américaine. Connaître les signes d’alerte est donc indispensable.

AVC : chaque minute gagnée réduit la mortalité   DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 19.06.2013 à 13h49
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Dans tous les SAMU, un appel évoquant un accident vasculaire cérébral déclenche immédiatement le départ sur place d’une équipe d’urgentistes. Et pour cause, s’il s’agit d’un AVC ischémique, c’est-à-dire d’un caillot qui bouche l’un des vaisseaux sanguins du cerveau, il faut intervenir en moins de 4h30 pour espérer sauver la personne. Le traitement d’urgence, c’est la thrombolyse, autrement dit l’injection d’un produit pour dissoudre le caillot et permettre que le cerveau soit le plus vite possible correctement réalimenté en oxygène.

 

Ecoutez le Pr Thierry Moulin, neurologue au CHU de Besançon et président de la Société française Neurovasculaire : « Sans la thrombolyse, un cerveau privé d’oxygène perd 4 millions de neurones par minute. »



 Une étude américaine, publiée dans la revue JAMA, confirme à très grande échelle combien chaque minute compte non seulement pour assurer la survie mais aussi pour limiter les séquelles (hémiplégie, troubles du langage ou du champ visuel…).
Les auteurs ont passé en revue les dossiers des plus de 58 millions d’Américains traités par thrombolyse pour un AVC ischémique entre 2003 et 2012. Pour les personnes qui ont bénéficié de la thrombolyse dans la première heure et demie après les premiers signes d’AVC, la mortalité est réduite de 26% par rapport à ceux qui la reçoivent tardivement entre 3h et 4h30 après les premiers signes.
Le risque de survenue d’une hémorragie intracrânienne est réduit de 28% par la thrombolyse précoce, la probabilité de sortir de l’hôpital sans trouble de la marche augmentée de 51% et la probabilité de pouvoir rentrer directement à son domicile augmentée de 33%.

L’AVC frappe 150 000 Français par an, soit un accident toutes les 4 minutes. Et dans 20% des cas, l’issue est fatale. « En France, en moyenne, seul 1 patient sur 2 arrive aux urgences dans le bon délai pour que nous puissions nous assurer du diagnostic d’AVC ischémique par IRM ou scanner et commencer le traitement », chiffre le Pr Moulin.
Il y a donc une véritable marge de progression qui se situe autant dans le délai d’appel au 15 que dans la rapidité de la prise en charge à l’hôpital. Pour réduire le temps écoulé entre le début de l’AVC et l’arrivée aux urgences, plusieurs campagnes nationales ont rappelé les signes qu’il faut savoir reconnaître pour donner l’alerte immédiatement : paralysie d’une moitié du corps, déformation du visage, troubles du langage, troubles du champ visuel, maux de tête très violent…

 

 

Tous les hôpitaux ne sont pas équipés pour pratiquer cette prise en charge en urgence de l’AVC. Il existe 125 Unités neurovasculaires sur le territoire français et le Plan AVC en prévoit 140 à l’horizon 2014.

Ecoutez le Pr Thierry Moulin, neurologue au CHU de Besançon et président de la Société française Neurovasculaire : « Dans les hôpitaux qui ne disposent pas d’unités neurovasculaires, nous développons des outils de télémédecine pour décider par caméra s’il faut traiter ou pas. »  



Dans l’évaluation qualité des hôpitaux réalisée par la Haute autorité de santé, la certification, l’un des critères vérifie qu’il ne s’écoule pas plus d’une heure entre l’arrivée du patient aux urgences pour suspicion d’AVC et le début du traitement, scanner ou IRM de confirmation du diagnostic compris.

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