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Thérapie

La stimulation électrique pour booster les performances cérébrales

Des chercheurs ont apporté de nouveaux éléments de compréhension sur le fonctionnement de la mémoire chez des sujets âgés en bonne santé, grâce à la stimulation électrique transcrânienne, une méthode non invasive et indolore.

La stimulation électrique pour booster les performances cérébrales yacobchuk/iStock


  • Publié le 24.08.2022 à 10h41
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L'ESSENTIEL
  • Les techniques de stimulation transcrâniennes ne sont pas encore utilisés cliniquement pour la prise en charge de certains troubles cognitifs associés à des maladies neurodégénératives
  • Les prochains essais de cette étude incluront des patients souffrant de schizophrénie et de troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

Le courant électrique au secours de la mémoire?

D’après une étude publiée lundi dans la revue Nature Neuroscience, une technique non invasive utilisant des microcourants, administrés grâce à un casque souple muni d’électrodes, permettrait en effet d'augmenter les performances cérébrales.

"tACS"

L’équipe de l’université de Boston du Pr Robert Reinhart a utilisé un sous-type de stimulation électrique transcrânienne, dite "à courant alternatif" (tACS, transcranial alternating current stimulation), connue et utilisée de manière expérimentale depuis une bonne dizaine d’années, pour tenter d’améliorer les capacités de mémoires d’adultes âgés entre 65 et 88 ans en bonne santé et ne présentant pas de pathologies cérébrales.

Les 60 participants se sont prêtés à une séance de vingt minutes de stimulation par jour pendant quatre jours d’affilée. Lors de ces séances, différentes zones du cerveau étaient ciblées et deux types de courant testés, l'un à basse fréquence (4 Hz) et un autre à haute fréquence (60 Hz). Les patients devaient mémoriser cinq listes de vingt mots et devaient par la suite en restituer le maximum.

Amélioration

Les résultats ont montré une amélioration des fonctions mnésiques dès le deuxième jour d’essai.

"Ce qui est particulièrement intéressant, dans ces travaux, c’est la démonstration que le type de mémoire qui est “boosté” dépend à la fois de la zone de stimulation et du type de courant utilisé, a commenté dans le Figaro Antoni Valero-Cabré, directeur de recherche à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière de Paris (ICM) qui évalue actuellement la tACS chez des patients présentant des pertes visuelles après un accident vasculaire cérébral. 

"Cela nous apporte de nouveaux éléments de compréhension sur le fonctionnement de la mémoire chez des sujets âgés mais en bonne santé. Or il ne faut pas oublier que ce sont les observations chez les sujets sains qui permettent ensuite d’avancer vers des solutions thérapeutiques."

"Très optimiste"

D'après les chercheurs, la mémoire de travail ou immédiate, qui fait que l’on retient l’arrêt de métro où descendre pour se rendre quelque part par exemple, est améliorée par une stimulation avec un courant à basse fréquence et visant le cortex pariétal.

La stimulation à haute fréquence, visant quant à elle le cortex préfrontal améliore la mémoire à long terme.

"Les personnes qui avaient les capacités mnésiques les plus basses avant la stimulation sont celles qui ont montré les meilleures améliorations", indiquent les chercheurs, ce qui pourrait ouvrir la voie à une prise en charge thérapeutique des patients présentant des fonctions mnésiques dégradées.

De plus, ces progrès observés persistaient lors du test effectué un mois après la série de stimulations.

En conférence de presse, Shrey Grover, premier auteur de ces travaux, a déclaré être "très optimiste" quant à la possibilité que cet effet puisse se prolonger au-delà d’un mois.

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