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Défaillance immunitaire

Covid-19 : pourquoi certaines personnes vaccinées à deux doses font des formes graves

Une défaillance immunitaire serait en cause dans le cas des personnes vaccinées contre la Covid-19 qui ont développé une forme grave de la maladie.

Covid-19 : pourquoi certaines personnes vaccinées à deux doses font des formes graves Ridofranz/iStock


  • Publié le 12.07.2022 à 11h18
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L'ESSENTIEL
  • Malgré l'efficacité des vaccins à ARN pour protéger contre la pneumonie grave à COVID-19, certains cas de forme grave ont été signalés dans le monde entier.
  • Ces cas seraient dus à une mauvaise réponse des anticorps au vaccin chez les personnes à risque, comme les personnes âgées.

Ce sont des cas très rares mais qui posent question. En effet, certaines personnes développent des formes graves de Covid-19 malgré une vaccination à deux doses, et alors même que cette vaccination a permis la production d’anticorps au SARS-CoV-2.

48 cas

Cette problématique a fait l’objet d’une étude internationale, pilotée par une équipe française de chercheurs, et publiée en juin dernier dans la revue Science Immunology.

Pour leurs travaux, les chercheurs se sont penchés sur 48 cas de formes graves de la maladie développées par 34 hommes et 14 femmes, âgés de 20 à 86 ans, pourtant tous vaccinés contre le virus, et infectés par le variant Delta de la Covid-19. Tous avaient été admis en soins intensifs après leur infection.

Anticorps

L’objectif premier était de s'assurer que le vaccin avait correctement fonctionné chez ces patients. Or, chez six patients, la vaccination n'avait pas permis de leur procurer d'anticorps neutralisant, soit parce qu’ils prenaient des traitements immunosuppresseurs, soit parce qu’ils étaient infectés par le VIH ou qu’ils étaient traités pour lymphome. Ceux-ci ont donc été écartés de cette étude.

Concernant les 42 patients restants, les chercheurs ont constaté la présence d'un anticorps qui attaquent certaines molécules de notre système immunitaire permettant de lutter contre le virus, appelées les "interférons de type 1" (IFN-1).

Ligne de défense

En effet, chez 10 des 42 patients, ces "auto-anticorps" - présents dans leur organisme bien avant qu'ils ne soient infectés par le virus - empêchent les IFN-1 d'agir correctement.

"À cause de ces auto-anticorps, ces patients ne peuvent opposer au SARS-CoV-2 une ligne de défense rapide via les interférons, explique Paul Bastard, l'un des signataires de l'étude, au Monde. Cette première défense faisant défaut, le virus se multiplie trop vite. Les anticorps anti-Covid-19 induits par la vaccination arrivent trop tard : ils ne parviennent pas à neutraliser le virus."

Paul Bastard estime qu'il serait utile de traquer ces "auto-anticorps" chez les personnes immunodéprimées. "Le pourcentage de personnes avec ces auto-anticorps augmente beaucoup avec l’âge : inférieur à 1 % chez les moins de 65 ans, il dépasse 4 % chez les 80-85 ans", conclut le chercheur.

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