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Conflit en Ukraine

Guerre : les traumatismes vécus par les enfants ont des effets durables

Tout comme les violences sexuelles ou domestiques, les événements de guerre peuvent avoir des effets délétères sur la santé mentale et physique des enfants, et avoir de lourdes conséquences pour leur avenir.

Guerre : les traumatismes vécus par les enfants ont des effets durables welcomia/iStock


  • Publié le 03.03.2022 à 15h00
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L'ESSENTIEL
  • Les traumatismes vécus durant l'enfance peuvent modifier la perception que la personne a du monde
  • Les adultes qui ont été traumatisés durant leur enfance sont plus sensibles à l'anxiété ou la dépression s'ils sont exposés à un nouveau traumatisme

Depuis le début du conflit en Ukraine il y a une semaine, près d’un million de réfugiés auraient fui le pays, révèle l’ONU dans un rapport. Parmi les premières victimes de ce conflit, se trouvent bien évidemment les enfants. Plus que les adultes encore, les enfants risquent d’être marqués durablement par cet exil forcé, par le bruit des bombes et par la peur qu’ils ressentent au quotidien face à la violence de la guerre.

Ces traumatismes psychologiques sont d’autant plus dommageables qu’ils interviennent alors que leur petit cerveau est en pleine construction et n’a pas encore atteint la maturité nécessaire pour comprendre tous les événements qu’ils vivent, met en garde Arash Javanbakht, professeur associé de psychiatrie à la Wayne State University (États-Unis).

Dans un article publié sur le site The Conversation, dédié au partage d'idées entre experts universitaires et grand public, le psychiatre souligne les effets durables sur la santé mentale et physiques des enfants exposés à la guerre. "Pour comprendre la réaction de l’enfant, il faut garder à l’esprit son niveau de développement et de maturité émotionnelle et cognitive. La plupart du temps, c’est la confusion qui prévaut", rappelle-t-il.

Un sentiment continu de culpabilité

Les traumatismes survenus pendant l’enfance ne sont pas anodins. Pour le Pr Javanbakht, ils risquent même de modifier à jamais la perception que les enfants ont du monde, et donc de déterminer la façon dont ils se comportent. Il souligne par exemple le risque pour l’enfant traumatisé de "se percevoir comme indigne d’être aimé, comme coupable ou mauvais". "À ce stade de son développement, son cerveau peut penser : 'si on me fait cela, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez moi, et que je le mérite'."

C’est le cas en temps de guerre, mais aussi lorsque l’enfant est victime ou témoin de violences sexuelles ou physiques. "En cas de violences sexuelles, il arrive que les parents, lorsqu’ils en sont informés, choisissent de nier ou d’ignorer ce qui s’est passé. Cela aggrave les sentiments de culpabilité et d’impuissance." "Ils en déduisent que le monde est un endroit brutal et sans sécurité, ou l’on est soit violent, soit maltraité", ajoute le Pr Javanbakht.

Des risques à long terme sur la santé physique et mentale

Non seulement ces traumatismes modifient irrémédiablement la vision du monde des enfants, mais ils les exposent à des risques qui risquent d’avoir un impact sur leur avenir : moins bons résultats en classe, anxiété plus forte, risques de dépression, toxicomanie, développement de maladies auto-immunes…

"Les adultes qui ont subi un traumatisme pendant l’enfance ont plus de risques de développer un trouble de stress post-traumatique lorsqu’ils sont exposés à un nouveau traumatisme et présentent des taux plus élevés d’anxiété, de dépression, de toxicomanie et de suicide. Les conséquences des traumatismes de l’enfance sur la santé physique des adultes comprennent, entre autres, l’obésité, la fatigue chronique, les maladies cardiovasculaires, les maladies auto-immunes, le syndrome métabolique et la douleur", détaille le psychiatre.

Ce dernier souligne toutefois que les enfants ont, comme les adultes, des capacités de résilience, qui peuvent être encouragées par divers moyens d’action de notre société, comme la réduction de la pauvreté et un meilleur accès à l’éducation. Il est aussi primordial de prendre au sérieux les abus signalés par l’enfant, le retirer de l’environnement traumatique et mettre en place des psychothérapies ou un traitement médicamenteux.

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