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Temps froid et humide

Covid-19 : une étude soutient la thèse d’une épidémie saisonnière

Le SARS-CoV-2 circulerait davantage quand les températures sont basses et l’air humide. Cela suggère que la Covid-19 serait, tout comme la grippe, une infection saisonnière.

Covid-19 : une étude soutient la thèse d’une épidémie saisonnière Ridofranz/iStock

  • Publié le 22.10.2021 à 17h00
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L'ESSENTIEL
  • L'analyse à l'échelle mondiale de la relation entre le taux de transmission (R0) de la Covid-19 et la température et l'humidité montre que le virus adopte un caractère saisonnier. 
  • Cela n'exclut pourtant pas une hausse des contaminations lorsque les températures sont élevées, comme ce fut le cas cet été au niveau mondial. 

La Covid-19 est-elle en passe d’être classée comme maladie à caractère saisonnier ? Tandis que la première vague de la pandémie a eu lieu au printemps 2020, alors que les températures étaient encore fraîches, et que les vagues suivantes de la maladie se sont produites à l’automne et en hiver, une question clé concernant le SARS-CoV-2 est de savoir s'il se comporte, ou se comportera, comme un virus saisonnier comme la grippe, ou s'il sera transmis de la même manière à tout moment de l'année.

Une nouvelle étude menée par le Barcelona Institute for Global Health (ISGlobal) et publiée dans Nature Computational Science fournit des preuves solides que la Covid-19 est une infection saisonnière liée aux basses températures et à l'humidité, tout comme la grippe saisonnière.

Une maladie qui se plaît dans les conditions hivernales

Pour déterminer si la Covid-19 est une maladie saisonnière, les chercheurs ont d'abord analysé l'association de la température et de l'humidité dans la phase initiale de la propagation du SARS-CoV-2 dans 162 pays sur les cinq continents, avant que des changements dans le comportement humain et les politiques de santé publique ne soient mis en place. Les résultats montrent une relation négative entre le taux de transmission (R0) et la température et l'humidité à l'échelle mondiale. Cela signifie que des taux de transmission plus élevés étaient associés à des températures et à une humidité plus faibles.

L'équipe a ensuite analysé comment cette association entre le climat et la maladie évoluait dans le temps, et si elle était cohérente à différentes échelles géographiques. Ils ont pour cela développé une méthode statistique qui identifie des modèles de variation similaires à différents moments dans le temps. Une nouvelle fois, une corrélation entre nombre de cas de la maladie et climat froid et humide a été trouvée, avec des modèles cohérents au cours des première, deuxième et troisième vagues de la pandémie à différentes échelles spatiales : au niveau mondial, au niveau des pays, au niveau des régions individuelles dans les pays fortement touchés (Lombardie, Thuringe et Catalogne) et même au niveau des villes (Barcelone).

Une hausse des cas pendant l'été reste possible

Si la Covid-19 est bien une maladie saisonnière, comment expliquer que le schéma privilégié par les chercheurs a été rompu pendant l’été sur l’ensemble des continents. ? "Cela pourrait s'expliquer par plusieurs facteurs, dont les rassemblements massifs de jeunes, le tourisme et la climatisation, entre autres", explique Alejandro Fontal, chercheur à ISGlobal et premier auteur de l'étude.

L'équipe de recherche a également établi un modèle épidémiologique qui montre que l'intégration de la température dans le taux de transmission permet de mieux prédire la montée et la descente des différentes vagues, notamment la première et la troisième en Europe. "Dans l'ensemble, nos résultats confirment que la Covid-19 est une véritable infection saisonnière à basse température, similaire à la grippe et aux coronavirus circulants plus bénins, souligne Xavier Rodó, qui a coordonné l’étude. Ce lien justifie que l'on mette l'accent sur l'hygiène de l'air en améliorant la ventilation intérieure, car les aérosols sont capables de rester en suspension plus longtemps."

Le gouvernement reste "vigilant" face à la Covid-19

La publication de cette étude survient alors que le ministre de la Santé, Olivier Véran, a reconnu sur BFMTV et RMC "une petite poussée du Covid ... mais sans qu'il y ait une augmentation des hospitalisations comme à l'automne dernier". Mais l'automne entraine une augmentation de la circulation des virus respiratoires... et notamment celui de la grippe pour laquelle commence ce vendredi 22 octobre dans l’Hexagone la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière. Le ministre a mis en garde contre un virus particulièrement "fort" cette année, et indiqué que 10 millions de doses sont déjà disponibles dans les officines, soit 20 % de plus qu’en 2020, "pour que tout le monde puisse être vacciné".

Le ministre de la Santé a par ailleurs rappelé qu’une nouvelle hausse des contaminations au SARS-CoV-2 n’était pas exclue dans les semaines à venir. "Tout est possible", a-t-il déclaré, même s’il écarte pour le moment une forte reprise de l’épidémie. "Je ne pense pas que ce soit le scénario le plus probable. Mais nous restons extrêmement vigilants." Il a souligné l’importance de maintenir les gestes barrières et de respecter le pass sanitaire pour se prémunir contre la hausse des cas de Covid-19. "Le moment n’est sans doute pas venu de donner le sentiment que le virus ne serait pas un danger pour nous […] et de retirer des outils qui nous protègent."

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