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Thé vert : un anti-cancéreux aux bienfaits multiples

Un antioxydant présent dans le thé vert augmente les niveaux d’une protéine anticancéreuse naturelle capable de réparer les dommages à l'ADN et de détruire les cellules cancéreuses. Sa consommation permet également de favoriser la perte de poids, de réduire le taux de cholestérol, de prévenir des caries ou encore de lutter contre la fatigue.

Thé vert : un anti-cancéreux aux bienfaits multiples taa22/iStock

  • Publié le 15.02.2021 à 15h30
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L'ESSENTIEL
  • Boire du thé vert augmente les niveaux de p53, une protéine anticancéreuse naturelle.
  • Des mutations de p53 sont présentes dans plus de 50% des cancers humains.

Boire du thé n’est jamais une mauvaise idée. Sa consommation permet d’aider à perdre du poids et de lutter contre l'obésité. Une méta-analyse publiée le 2 décembre 2019 dans la revue Physiotherapy Research a révélé que le thé vert permet d’augmenter l’oxydation des graisses. Des études précédentes ont montré que l’action antioxydante des polyphénols réduit le taux de cholestérol. Le thé vert contient également du fluor qui participe à la prévention des caries. Les taux importants en caféine et en vitamine C dans la boisson sont des stimulants utilisés contre la fatigue. Aurait-il aussi des vertus contre le cancer ?

La protéine p53, la plus importante dans le cancer 

Les effets anti-cancéreux du thé vert font l’objet de débats dans la communauté scientifique. Certains estiment que sa consommation peut interférer avec certains traitements médicamenteux comme la chimiothérapie ou la radiothérapie tandis que d’autres avancent que les thés verts riches en catéchines peuvent réduire la multiplication de cellules tumorales. Dans une nouvelle étude, parue le 12 février dans la revue Nature Communications, des chercheurs américains suggèrent qu’un antioxydant présent dans le thé vert, l'épigallocatéchine gallate (EGCG), peut augmenter les niveaux de p53, une protéine anticancéreuse naturelle. Connue comme le “gardien du génome”, elle est capable de réparer les dommages causés à l’ADN et de détruire les cellules cancéreuses.

Les molécules p53 et EGCG sont extrêmement intéressantes, décrit Chunyu Wang, professeur des sciences biologiques à l'Institut polytechnique de Rensselaer à New-York et auteur de l’étude. Des mutations de p53 sont présentes dans plus de 50% des cancers humains, tandis que l'EGCG est le principal antioxydant du thé vert, une boisson populaire dans le monde entier. Nous découvrons maintenant qu'il existe une interaction directe inconnue entre les deux, qui indique une nouvelle voie pour le développement de médicaments anticancéreux. Nos travaux aident à expliquer comment l'EGCG est capable de stimuler l'activité anticancéreuse de p53, ouvrant la porte au développement de médicaments avec des composés de type EGCG.”

L’EGCG protège p53

La protéine p53, que Chunyu Wang décrit comme “sans doute la protéine la plus importante dans le cancer humain”, a plusieurs fonctions anticancéreuses connues. Elle permet l'arrêt de la croissance cellulaire pour permettre la réparation de l'ADN, l'activation de la réparation de l'ADN et l’apoptose, c’est-à-dire le déclenchement de la mort cellulaire programmée si les dommages à l'ADN ne peuvent pas être réparés. Une extrémité de la protéine, N-terminal, possède une forme flexible ce qui lui permet de s’adapter aux molécules auxquelles elle est confrontée. L’EGCG est un antioxydant naturel qui aide à réparer les dommages causés par l'utilisation du métabolisme de l'oxygène. Trouvé en abondance dans le thé vert, l'EGCG est également conditionné sous forme de supplément à base de plantes.

Les chercheurs ont découvert que l'interaction entre EGCG et p53 préserve la protéine de la dégradation. Après avoir été produit dans le corps, p53 est rapidement dégradé lorsque le domaine N-terminal interagit avec une protéine appelée MDM2. Ce cycle régulier de production et de dégradation maintient les niveaux de p53 à une faible constante. “EGCG et MDM2 se lient au même endroit sur la protéine p53, au niveau de l’extrémité N-terminal, donc EGCG entre en compétition avec MDM2, précise le chercheur. Lorsque l'EGCG se lie à p53, la protéine n'est plus dégradée par MDM2 donc le niveau de p53 augmente avec l'interaction directe avec EGCG. Cela signifie qu'il y a plus de p53 pour la fonction anticancéreuse. C'est une interaction très importante.”

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