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QUESTION D'ACTU

Psychologie et cerveau

Conformisme : pourquoi notre cerveau préfère la «pensée unique»

Lorsque nous sommes en désaccord avec une opinion populaire, cela créé une trace dans l’activité cérébrale. À terme, celle-ci permet au cerveau de s’ajuster pour que nous suivions l’avis général. 

Conformisme : pourquoi notre cerveau préfère la \ AntonioGuillem/istock

  • Publié le 09.02.2021 à 19h30
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Pourquoi suivons-nous des modes, que nous jugions auparavant farfelues ? Parce que notre cerveau s’adapte aux opinions populaires. C’est la conclusion d’une équipe de l’Ecole des hautes études en science économique, située en Russie. Dans la revue Scientific Reports, les chercheurs expliquent comment notre cerveau s’adapte pour se mettre en adéquation avec l’opinion collective. Ce phénomène s’appelle le conformisme, et est étudié depuis plusieurs années par les sciences sociales. 

Comment évoluent nos opinions ?

Notre cerveau aime que nous soyons d’accord avec les autres : lorsque nous partageons une opinion répandue parmi nos proches ou parmi les personnes que nous jugeons importantes, cela active les circuits du plaisir dans notre cerveau. Ces derniers sont liés au  système de production de la dopamine, associé à l’apprentissage notamment. Ce processus renforce notre adhésion à cette opinion. À l’inverse, lorsque nous sommes en désaccord, le cerveau envoie un signal d’erreur. Dans cette recherche, les neuro-scientifiques se sont interrogés sur l’évolution de mécanisme sur le long terme : est-ce que l’opinion des autres provoque des modifications cérébrales sur la durée ? 

Une étude réalisée auprès de vingt femmes 

Pour obtenir des réponses à leurs interrogations, ils ont recruté vingt femmes, à qui ils ont présenté des photos d’inconnus. Sur la seule vision de ces images de visages, les participants ont du estimer leur niveau de confiance envers ces personnes. Ensuite, les chercheurs leur ont donné la tendance parmi leurs pairs. Parfois, l’opinion collective était en accord avec celle des participantes, parfois, elles se contredisaient. Au bout d’une demie-heure, chacune des femmes a du redonner son niveau de confiance. Les chercheurs constatent que leur opinion est modifiée, à cause de celle des autres, dans près de la moitié des cas. De plus, cette modification est perceptible dans le cerveau : il y a des traces de désaccord visibles dans l’activité cérébrale. Ils l’ont constaté grâce à une technique appelée "magnéto-encéphalographie", qui analyse les champs magnétiques résultants de l’activité électrique des neurones. "C’était très intéressant d’utiliser des techniques modernes de cartographie cérébrale pour percevoir les traces d’anciens désaccords avec l’opinion générale dans l’activité cérébrale", raconte Aleksei Gorin, l’un des auteurs de cette recherche.

Le cerveau, une éponge aux opinions des autres

Lorsque le visage était à nouveau présenté aux participantes, leur cerveau envoyait un signal pour prévenir que la dernière fois, leur opinion divergeait avec celle du groupe. Pour les scientifiques, il est probable que ce signal agisse comme une manière de prévenir les désaccords à l’avenir. À long terme, le cerveau utilise l’opinion de la majorité pour traiter les informations, afin d’éviter les conflits sociaux. "Le cerveau absorbe les opinions des autres comme une épongeet s’ajuste à celles du groupe social", conclut Aleksei Gorin. 

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