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Pandémie

Covid-19 : pourquoi un vaccin ne sera pas forcément la "solution miracle"

L'annonce par le laboratoire américain Pfizer d'une efficacité de "90%" pour son vaccin contre la Covid a suscité un réel espoir. Mais dans le Lancet, deux virologues affirment que penser en finir très vite avec la pandémie serait "une hypothèse illusoire".

Covid-19 : pourquoi un vaccin ne sera pas forcément la \ nevodka/iStock

  • Publié le 12.11.2020 à 18h30
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L'ESSENTIEL
  • Un vaccin contre la Covid-19 aurait un effet sur la maladie mais sans stopper forcément la transmission du virus
  • Deux virologues émettent des doutes sur la capacité de ce vaccin à représenter "la solution ultime"
Un excès d'optimisme ? L'espoir d'une maîtrise de l'épidémie né de l'annonce le 9 novembre par le laboratoire américain Pfizer lié à la biotech BioNTech d'une efficacité de 90% observée pour leur candidat vaccin contre la Covid-19 pourrait être déçu. Alors que le SARS-CoV-2 a déjà provoqué le décès de plus d'1,2 million de personnes dans le monde et que de nombreux pays vivent des situations de confinement, chaque nouvelle sur un vaccin ou un traitement capables de stopper l'évolution de la pandémie ou de la rendre moins dangereuse est pourtant reçue comme une promesse de retour prochain à une vie "normale". Mais, concernant les vaccins, un article publié le 7 novembre dans The Lancet mais écrit en septembre 2020 - qui ne concerne donc pas directement le vaccin objet de l'annonce récente de Pfizer-  souligne que "ceux de première génération ne sont qu'un outil dans la réponse globale de santé publique à la Covid-19 et il est peu probable qu'ils soient la solution ultime à laquelle beaucoup d'attendent".

"L'impact sur la transmission n'a pas été évalué"

Des propos qui douchent les espérances d'une fin rapide de l'épidémie. "L'idée que l'immunité de la population induite par le vaccin permettra un retour à la normalité pré-Covid pourrait être basée sur des hypothèses illusoires", insistent les auteurs, les virologues Malik Peiris et Gabriel M. Leung, en soulignant que si un vaccin peut protéger de la maladie, "il pourrait ne pas réduire la transmission de la même manière".

Autrement dit, le vaccin pourra sans aucun doute protéger des symptômes les plus aigus ou des formes graves de la Covid-19, mais il pourrait ne pas empêcher les patients de rester contagieux ... et la menace épidémique de persister ! A propos de la plupart des candidats vaccins actuellement en essais de phase 3 -ce qui est le cas du produit de Pfizer-, "leur impact sur la transmission n'a pas été évalué", précisent les auteurs de l'article du Lancet. 

Quelles priorités pour vacciner ?

Par ailleurs, Malik Peiris et Gabriel M. Leung s'interrogent sur un autre sujet dont dépendra l'efficacité de l'arrivée d'un vaccin sur l'épidémie de Covid-19, la façon dont se feront les choix concernant les publics à vacciner en priorité. Si les auteurs jugent naturel d'inclure dans les groupes prioritaires "les personnes à haut risque de morbidité et de mortalité sévères", parmi lesquelles figurent les personnes les plus âgées, ils rappellent que "les vaccins antigrippaux sont moins efficaces chez ces populations en partie à cause de la sénescence immunitaire (affaiblissement de la réponse immunitaire liée à l'âge, NDLR) qui pourrait également affecter les vaccins Covid-19".

Et l'attribution de doses de vaccin entre les différents pays sera, selon eux, également à prendre en compte puisque "si les voyages internationaux devaient reprendre, aucun pays ne sera véritablement protégé de la Covid-19 avant que pratiquement le monde entier ne le soit".
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