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Coronavirus

Les anticorps de chameau, nouvel espoir de traitement de la Covid-19

Parmi les traitements explorés pour soigner de la Covid-19, de minuscules anticorps produits par certaines espèces animales comme les chameaux, les lamas, les alpagas ou les requins affichent d'efficaces propriétés neutralisantes face au virus.

Les anticorps de chameau, nouvel espoir de traitement de la Covid-19 Stephen Barnes/iStock

  • Publié le 09.10.2020 à 19h00
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L'ESSENTIEL
  • L'apilimod est un nanocorps, présent chez plusieurs animaux, qui a des propriétés neutralisantes face au Sars-CoV-2.
  • Une publication scientifique appuyant ces propos va bientôt être mise en ligne.
  • Les chercheurs planchent sur d'autres traitements et recherchent des erreurs dans le virus.
Toutes les options sont explorées pour lutter contre la Covid-19. Parmi les pistes à l’étude, Marco Vignuzzi, un virologue italien qui travaille à l’Institut Pasteur en collaboration avec des équipes de chercheurs basés à New York et San Francisco, examine celle de l’apilimod, une molécule produite chez certaines espèces animales comme les chameaux, les lamas, les alpagas ou les requins. Les premiers essais ont montré son efficacité sur les cultures cellulaires du virus. Dans un entretien accordé au Point, il annonce qu’une publication scientifique devrait bientôt être appuyer ses affirmations.

Des nanocorps

L’apilimod est une molécule qui cible une kinase spécifique, ce qui signifie qu’elle joue sur une enzyme capable d’activer ou de contenir une autre enzyme. “Son efficacité sur les cultures cellulaires du virus est impressionnante”, se vante Marco Vignuzzi. Ces minuscules anticorps , de la familles des nanocorps, auraient, selon le virologue, des “propriétés neutralisantes face au Sars-CoV-2 [qui] sont incroyables”. Il ajoute que tout n’est pas réglé et qu’il reste à affiner la question galénique, c’est-à-dire la forme pour rendre ce principe actif administrable aux patients.

Cette piste n’est pas la seule à l’étude pour ce chercheur et ses collaborateurs. “L'idée que mon équipe développe consiste à exploiter les erreurs qui peuvent intervenir dans le génome du virus, et ce pour empêcher cet agent infectieux de se propager”, pose-t-il. Deux erreurs intéressent les chercheurs. La première consiste à trouver une erreur de codage de l'une des 30 000 bases qui composent le virus, “c'est comme si on se trompait de mot dans la rédaction d'un mode d’emploi”, décrit-il.

À la recherche du génome défectueux

L’autre erreur sur laquelle les chercheurs planchent est la “deletion”. “Lorsqu'un virus se reproduit, il le fait à des dizaines, voire à des centaines de milliers d'exemplaires. Or, dans ce processus, il peut parfois sauter vers une autre partie du génome. Comme s'il sautait un paragraphe dans la notice. Ou il peut encoder le message à l'envers : l'information apparaissant dans un ordre différent que dans le message original. Dès lors, le texte devient incompréhensible. De la même manière, le message génomique porté par ce nouveau virus devient illisible. Et, partant de là, moins efficace. C'est ce que nous appelons un ‘génome défectueux’”, décrypte Marco Vignuzzi. Des essais cliniques sont en cours, a-t-il ajouté, et sont menés par des chercheurs de l’université de Warwick au Royaume-Uni après que des tests sur animaux menés en laboratoire ont montré l’efficacité de cette technique de traitement.

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