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Accès à la santé

Déserts médicaux : les inégalités se creusent pour l'accès aux soins

L'Observatoire de la mutuelle française dresse un panorama inquiétant dans sa dernière étude sur les inégalités géographiques de l'accès aux soins. En 2018, 11% des Français vivaient dans un désert médical contre 7,6% en 2012.

Déserts médicaux : les inégalités se creusent pour l'accès aux soins Ricochet64/iStock

  • Publié le 02.10.2020 à 18h00
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L'ESSENTIEL
  • Selon l'Observatoire de la mutuelle française, les inégalités d'accès aux soins se creusent. En 2018, 11% des Français vivent dans des déserts médicaux.
  • Les territoires ruraux sont les plus touchés par ce phénomène. Géographie où une part importante de la population a plus de 60 ans et a besoin de consulter plus régulièrement.

Garantir un accès aux soins égalitaire sur tout le territoire est un vieux serpent de mer de la politique sanitaire française. Dans son dernier rapport publié ce vendredi 2 octobre, l'Observatoire de la mutuelle française s'intéresse à cette épineuse question et révèle des indicateurs de dégradation de la situation. Ainsi, si le rapport note que la densité moyenne de médecins en France est de 339 pour 100 000 habitants en 2019, un taux dans la norme européenne, cette population médicale est fort mal répartie. “La densité la plus élevée revient à Paris (626 spécialistes pour 100 000 habitants), puis au Rhône (280) et aux Alpes-Maritimes (277); à l'inverse, l'Eure, la Meuse, l'Ain et la Mayenne affichent les plus faibles densités (entre 70 et 80 médecins pour 100 000 habitants)”, assure l'Observatoire.

Or, ce déséquilibre se creuse et provoque des déserts médicaux, c'est-à-dire des zones où les habitants ne peuvent pas en moyenne consulter plus de 2,5 fois par an un médecin généraliste. Si 7,6% habitants répondaient à cette définition en 2012, ils représentaient 11,1% soit 7,4 millions de personnes en France en 2018, à subir cette absence de médecin généraliste. Les zones les plus touchées ? Les zones rurales comme le centre et le nord-ouest, ainsi que les banlieues éloignées des petites villes et des métropoles.

Ce phénomène touche également les médecins spécialistes. Comme les médecins généralistes, ils se concentrent dans les grands pôles urbains et creusent ainsi les inégalités géographiques. “La densité de médecins gynécologues à Paris est plus de 9 fois supérieure à celle observée dans le Lot, et la densité d'ophtalmologistes est près de 12 fois supérieure à celle existant en Lozère", illustre l'étude. La conséquence ? “Le délai médian d'obtention d'un rendez-vous chez un ophtalmologiste est de 29 jours à Paris lorsqu'il est de 71 jours dans les communes hors influence des pôles urbains et de 97 jours dans les communes des pôles petits et moyens. De plus, 5,2 millions de personnes effectuent des consultations hors parcours de soins, c'est-à-dire sans passer par un médecin traitant, faute de trouver un praticien en capacité d'accueillir une patientèle supplémentaire.” L'absence de médecin traitant touche principalement le sud-ouest et l'Île-de-France.

Vieillissement des patients et des médecins

Le constat est d'autant plus alarmant qu'il touche principalement les habitants très demandeurs de soins : les plus de 60 ans. Or, cette frange de la population vit essentiellement dans les zones rurales boudées par les médecins. Une situation qui risque de se détériorer avec le vieillissement de la population. Selon les projections de l'Observatoire de la mutuelle française, les plus de 60 ans représentent actuellement 27% de la population, et 32% en 2050. 

Pour ne rien arranger, le temps fait aussi son œuvre sur la population médicale. Aujourd'hui, 45% des médecins généralistes ont plus de 55 ans et devraient partir à la retraite, or la relève n'est pas aussi nombreuse. Un non-renouvellement provoqué par la baisse du numerus clausus appliquées dans les années 1980-1990. Aujourd'hui, les politiques publiques sanitaires tentent d'inverser la tendance avec la suppression du numerus clausus en 2020 remplacé par une ouverture de place en fonction des besoins territoriaux, la multiplication des maisons de santé ainsi qu'un soutient à la télémédecine.

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